Cher Yémen… je m’en vais de Jeff M.

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Avis

Je dois avouer tout d’abord mon ignorance, hélas. Je ne connaissais strictement rien du Yémen et je n’avais pas réellement suivi le peu d’actualités qu’on peut avoir en France sur ce pays. Bref, je suis arrivée dans ce livre les yeux vierges, sans rien savoir.

Ce livre est une autobiographie et raconte les années du narrateur passées au Yémen. Le narrateur explique de manière très précise et à sa manière les différents régimes politiques et les conflits politiques qui se sont succédés. On entre émerveillé et terrifié dans un pays dont les bouleversements nombreux se sont produits durant les dernières années. Il s’agit de l’histoire récente et cela m’a vraiment donné envie d’en savoir plus sur ce pays inconnu et de découvrir plus en profondeur la culture d’un pays autant martyrisé.

Ce livre donne envie de connaître le ressenti des yéménites sur la situation et même d’aider les gens là-bas dont on ne sait strictement rien en France. Malheureusement, les photos passent moins bien sur ma liseuse (noir et blanc en plus) mais en les regardant sur écran, c’est magnifique.

Bref, un livre qui donne envie de voyager et de connaître une autre culture.

Cycle Auschwitz et autres atrocités (1)

Au cours de ma licence de lettres, j’étais amenée à lire une série de livres sur Auschwitz, le génocide au Rwanda et les goulags en Russie. J’ai décidé de regrouper certains livres qui permettent d’envisager différents aspects de chaque thème.

Pour ce premier cycle, j’ai regroupé un livre de Primo Levi, Les naufragés et les rescapés avec une bande dessinée d’Art Spiegelman, Maus.

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Le livre de Primo Levi présente une série d’interrogations à la suite de son témoignage. Il s’agit d’une réflexion sur ce qui s’est passé. De manière intéressante pour notre époque, il rappelle que si on peut se demander pourquoi les déportés ont accepté leur situation, et pourquoi ils ne se sont pas révoltés, ces déportés n’avaient même pas le loisir ni l’énergie pour envisager une quelconque action de révolte. Et ceux qui l’ont fait n’ont pas vécu assez longtemps pour en discuter.

Dans le cadre de Maus, la bande dessinée présente les juifs comme des souris. Je dois tout d’abord signaler que n’étant pas moi-même observatrice, j’avais du mal à distinguer les différents personnages. De plus, je n’aime pas particulièrement le support bande dessinée ce qui est totalement subjectif de ma part. Tout cela pour dire que j’étais moins touchée par les témoignages de Spiegelman que par ceux de Primo Levi en raison du support. Les situations des deux écrivains sont différentes: Primo Levi, en tant que juif italien, est déporté à Auschwitz et se retrouve confronté dans un pays avec une autre langue et devant se battre au sein de règles différentes. La problématique de l’incompréhension linguistique est souvent évoquée et cruciale dans son témoignage.

Pour Maus, il s’agit de juifs polonais dont la situation se dégrade au fur et à mesure des années et des nouvelles lois, on ressent l’étau qui se resserre autour de ces juifs et cette escalade dans la violence et l’antisémitisme est bien décrite. Le point de vue intérieur au régime nazi est poignant au-delà d’Autschwitz et rend bien compte de l’isolement des juifs à l’intérieur du régime.

Bref, entre une bande dessinée et une réflexion sur la Shoah, les différents  points de vue permettent de se rendre mieux compte des différentes problématiques et des différentes situations.

Si c’est un homme de Primo Levi

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Avis

Voici un très beau roman que je redoutais de lire. Je m’imaginais un livre déprimant sur le génocide juif pendant la seconde guerre mondiale, et je me suis retrouvée devant un auteur de génie.

J’ai beaucoup appris sur le système des camps de concentration, et j’ai surtout beaucoup apprécié le ton neutre du narrateur. Il arrive à la fois à nous imprégner de l’horreur des camps tout en se gardant de juger qui que ce soit. Et les chapitres sont arrangés de telle manière que j’avais besoin de finir tout le roman le plus vite possible et j’y ai même passé une nuit. Même si les fins sont tragiques pour tous, sauf pour le narrateur qui a réchappé, le narrateur cherche à éveiller les consciences, à donner un témoignage vibrant plutôt que larmoyant et loin de finir en larmes après la fin du livre, j’avais plutôt envie d’en savoir plus pour mieux connaître les ennemis et les hontes du passé.

Ce livre est donc une réussite totale, un témoignage accablant et non accablé et surtout une belle oeuvre de littérature.

Stupeurs et tremblements d’Amélie Nothomb

(187 pages)

Avis

Ce roman à la limite autobiographique ressemble beaucoup à un autre roman autobiographique Vipère au poing. On retrouve le même style et la même rage déguisée dans l’écriture derrière ce récit. Et pour être tout à fait honnête, je me suis laissée prendre dans son récit, j’ai très vite sympathisé avec la narratrice et je me suis laissée embarquer dans un récit qui devient de plus en plus abracadabrantesque et avec une narratrice qui prend un orgueil surdimensionné et décide d’affronter dans un combat qui n’existe peut-être que dans sa tête (ou pas?) sa supérieure hiérarchique. Plus généralement, j’ai apprécié le style, la manière dont elle s’acharne à rester dans un emploi qui ne la satisfait clairement pas et dont elle n’a pas besoin financièrement pour des raisons qui s’apparentent presque à de l’aveuglement. Elle se laisse embrigader dans cette lutte sans fin et finalement nous le transcrit plutôt bien. Quant à ses passages généraux sur les japonais(es), je ne sais pas à quel pont cela est vrai mais en tout cas elle fait tout pour ne pas donner envie d’aller au Japon.

Chroniques expresses

Voici une nouvelle catégorie qui regroupera les livres que je préfère commenter rapidement soit parce que je n’ai pas beaucoup de temps ou parce que je ne suis pas du tout inspirée par les romans lus.

Discours de la méthode de Descartes (228 pages)

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Un monument de la philosophie et c’est ce qui m’a poussée à l’acheter en terminale. Me voici cinq ans plus tard, après avoir terminé le livre.
Les premières parties sont non seulement intéressantes à lire mais fondamentales: il explique sa méthodologie du doute et comment il est parvenu à ne rien prendre pour acquis. Dès qu’il s’éloigne de cette attitude pour « montrer » Dieu et le reste, le traité perd de son intérêt pour devenir moins un moyen de réflexion qu’un moyen d’imposer ses idées à sa manière. Mais si on peut retenir quelque chose de Descartes, c’est de toujours réfléchir par soi-même et se demander d’où viennent nos certitudes.

The Game de Neil Strauss (452 pages)

the gameJ’avoue que dès le début, j’étais dégoûtée par le protagoniste qui se servait des femmes pour une gratification sexuelle et les utilisait sans aucun remord avec un mépris pour elles misérable. J’ai commencé à m’adoucir lorsque je me suis rendue compte que loin de glorifier les pratiques abjectes des PUA (Pick Up Artists), il essaie de montrer que ces séducteurs ne sont que des pauvres gamins qui n’ont que peu d’estime et cherche par tous les moyens à se construire une image même en utilisant les femmes comme objet et la morale de l’histoire, étonnante après un tel récit, est que rien ne vaut une relation homme-femme fondée sur le respect mutuel et que tous les séducteurs abjects ne cherchent qu’à combler un manque en eux.