Carnet de route année zéro de Eric Sicilien

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Voici un ouvrage comme vous n’en avez jamais vu: à la fois drôle et unique, triste et séduisant. Il s’agit d’un court récit et j’aurais préféré savourer ce livre plus longtemps.

Impossible à résumer, ce livre est un fouillis maîtrisé d’humour, de petites histoires, de dictionnaires et de tant d’autres pépites.

J’ai dévoré ce livre en quelques heures (j’avais dit qu’il était trop court non?).

Je vais laisser quelques extraits qui donneront un aperçu du livre unique qu’a écrit l’auteur:

« Avez-vous remarqué le nombre de livres à succès qui commencent par « L’art de…  » ? »

« Entretemps, j’avais réussi à trouver un poste conforme à mes attentes. Et même bien au-delà! J’ai compris que, rétrospectivement, je pouvais remercier ma dent cariée. »

« Travailler dur toute sa vie sans jamais réclamer le moindre centime d’augmentation, c’est contribuer à la compétitivité de nos entreprises – c’est faire preuve d’esprit citoyen. »

Bref, une perle à lire et à relire, je remercie chaleureusement les éditions Bookless et la plateforme SimplementPro pour m’avoir offert ce moment d’humour inoubliable.

 

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Une âme embrouillée de Sarah Coquoz

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Le récit commence comment la narratrice expérimente et témoigne face à la maladie d’Alzheimer que doit subir sa mère. Dès le début, la narratrice se montre touchante, elle évoque ses parents à la fois sous le prisme d’une relation abusive et d’un amour éternel.

La douleur et les difficultés sont vues de manière optimiste, par l’optimisme démesurée de la mère que la narratrice empoigne au fur et à mesure.

J’ai beaucoup aimé le fait que cette histoire courte et tragique n’est jamais larmoyante, l’évocation des sentiments reste sincère et poignant, sans tomber dans le pathétique.

Cette alternance de passages entre passé et présent donne un côté à la fois fataliste et permet surtout de prendre la juste mesure des événements.

Avec un style beau et juste, une narration claire et précise, l’autrice réussit à toucher et à émouvoir chacun d’entre nous. Bref, j’ai adoré ce ton et je remercie l’éditrice de Bookless éditions ainsi que la plateforme Simplement Pro pour cette belle découverte.

A durée déterminée de Samantha Bailly

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Ce livre constitue la suite à Les Stagiaires de la même autrice. Il s’agit de l’histoire de plusieurs personnes embauchées dans une entreprise de jeux vidéos nommée Pyxis.

Je vais commencer par un coup de gueule sur le personnage de Samuel, centralien et thésard à ses heures perdues. Je rappelle à Samantha Bailly qu’en physique (y compris en astrophysique), le doctorat est un travail à temps plein, salarié, rémunéré et que si quelqu’un peut abandonner une thèse (c’est-à-dire rompre un contrat de travail), on ne peut pas juste tomber en dépression et « oublier » d’appeler son directeur de thèse. Cela m’a paru tellement ridicule que j’ai eu du mal à passer outre cet aspect-là, d’autant plus que je viens aussi de l’école d’ingénieur Centrale (où il n’y a pas de classement final donc Samuel n’a pas pu terminer major). Enfin, il fait une thèse d’astrophysique sur les trous noirs et non une thèse d’informatique ce qui n’est absolument pas la même chose. Bref, voir une autrice que j’apprécie massacrer un domaine que je maîtrise, étant moi-même doctorante en physique, m’a laissé un goût amer dans la bouche.

Sinon, Ophélie est toujours aussi sympathique et j’ai adoré suivre son évolution dans la boîte. J’aurais du mal à ne pas spoiler la fin du livre mais les relations amoureuses et sentimentales sont particulièrement bien décrites dans ce livre et j’ai aimé le fait qu’Ophélie trouve enfin un certain équilibre à sa vie hors des relations chaotiques qu’elle menait jusqu’à maintenant.

En conclusion, ce roman reste toujours aussi bien écrit avec des personnages qu’on a envie de connaître et de suivre, dommage que Samantha Bailly n’ait pas plus pris le temps de comprendre le domaine des thèses en physique avant de se lancer dans la création d’un personnage.

Hâte-toi de vivre! de Laure Rollier

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Ce roman est sympathique à bien des égards. Les chapitres sont courts et rapides à lire. Les personnages sont tous de bonne humeur et donnent envie de sourire à la vie (surtout la grand mère) et la morale de l’histoire est très positive. J’avoue que jusqu’à la fin, je trouvais l’histoire un peu simpliste mais avec une gaieté telle que le chemin était joyeux à parcourir. J’ai apprécié les différents secrets de famille et la manière dont ils sont dévoilés.

Mon seul point négatif mais qui m’a complètement gâché la lecture de ce roman est la fin ou comment détruire avec une scène tout ce qui a été construit depuis le début.

Bref, un roman qui se lit vite avec le sourire, jusqu’à la fin désastreuse. Je remercie la plateforme Netgalley de m’avoir procuré ce roman.

L’art de perdre de Alice Zeniter

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J’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman, deux mois en tout et il m’a fallu du temps avant de me plonger dans ce livre.

La première partie raconte la famille du grand-père de Naïma en Algérie, Ali. Au début, l’aspect historique m’a un peu ennuyée et j’ai trouvé la mise en route de ce livre assez longue. De plus, l’histoire de cette génération, très éloignée de la nôtre, est restée très abstraite pour moi au point que j’ai hésité à continuer le roman, en me demandant si toute la suite allait être du même acabit. Le style était bon mais je me sentais distante de cet Ali et de la famille nombreuse. Lorsque le point de vue est passé sur Hamid, l’intrigue est devenue plus dynamique et mon rythme de lecture s’est accéléré. Tout d’un coup, je comprenais la détresse de Hamid et ses sentiments sont tellement bien développés que je me suis sentie proche de lui.

Bref, dès la deuxième génération, le livre s’enchaîne rapidement et donne un aperçu de la France et du racisme. On voit le pays différemment et j’adore la manière dont l’auteure nous présente des personnages qui sont pauvres, peu gâtés par la vie mais qui sont d’une complexité remarquable. J’ai adoré les remarques vives et bien placées sur le côté xénophobe de la France  et la manière dont les musulmans sont de plus en plus perçue. Le roman a un rythme crescendo avec des personnages auxquels on s’attache assez rapidement (Hamid, Naïma) et un entourage qui marque.

Un roman avec un début lent et une fin magistrale.

Les Stagiaires de Samantha Bailly

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J’aime beaucoup l’auteure, elle est jeune, dynamique, et elle prodigue de nombreux conseils sur sa chaîne youtube. J’étais curieuse de savoir quels genres de romans elle écrivait et je ne suis pas déçue du tout.

Ce roman happe le lecteur dès le début. On se retrouve dans la peau d’Ophélie, une provinciale qui arrive sur Paris sans le sou et Arthur, un privilégié riche parisien. Tous les deux vont se retrouver en stage dans une entreprise de jeux vidéos et on va suivre un groupe de stagiaires qui espèrent tous rester dans l’entreprise pour un CDD ou même un CDI.

Je me suis retrouvée à la fois dans le côté enfant sage première de la classe d’Ophélie et en même temps avec Arthur pour le côté riche parisien avec une famille présente. Le roman est agréable à lire, avec une touche humoristique toujours présente en arrière-plan. J’étais surprise de la fin un peu décevante et abrupte mais, je comprends mieux s’il reste deux autres tomes après celui-là.

Bref, un roman que j’ai lu assez vite et que j’ai adoré.

Comment vivre en héros de Fabrice Humbert

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J’ai reçu Comment vivre en héros ? de Fabrice Humbert dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire. (#MRL17).

Cela fut un des gros coups de cœur de cette année. Ce roman traite de sujets forts et sensibles comme la délinquance juvénile, les lycées à problème et la violence dans les banlieues. Il met en avant un thème crucial de l’existence humaine qui me touche particulièrement: et si j’avais réagi autrement?

Tristan, le protagoniste du roman, nous est présenté au début à travers un acte de lâcheté, il s’enfuit et laisse son entraîneur de boxe affronter des gaillards dans le métro. A travers tout le roman, des petits passages vont nous être présentés où le protagoniste aurait pu réagir différemment et la manière dont cela implique les différentes vies possibles. Cette idée des trente-huis secondes m’a beaucoup frappée comme étant non seulement une idée originale mais qui a fait écho à ma vie. En effet, l’auteur rend compte du fait que la vie peut prendre des tournants très différents à cause des choix et ces choix, loin d’être réfléchis et pensés, sont uniquement dus à des actions impulsives.

Le protagoniste n’est pas un saint, il est présenté comme un lâche pour qui l’héroïsme est un trait de caractère voulu et non une évidence. A travers sa relation avec sa femme et ses enfants, on se rend compte de son égoïsme puisqu’il n’écoute absolument pas sa femme qui veut déménager à tout prix et se lance dans une carrière politique tout à fait contraire aux ambitions de sa femme. Il se comporte à la fois comme un héros, un hypocrite et un lâche puisqu’il laisse l’éducation des enfants et le ménage à sa femme et n’arrivera même pas à écouter son fils dans un moment critique. Cependant, cette faiblesse le rend aussi humain et j’ai vibré avec ce personnage faible qui finalement nous représente tous d’une manière ou d’une autre.

Bref, une révélation, tout simplement.

Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner

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J’ai un arrière goût amer de ce roman pour plusieurs raisons. Le roman traite d’une femme qui, après s’être mariée et avoir eu un enfant, décide de prendre sa vie en main seule et de s’émanciper.

Le livre est écrit à la deuxième personne ce qui éloigne le lecteur du personnage principal qui reste ambiguë et difficile à comprendre. De plus, le personnage est présenté comme une femme qui devient enfin libre et s’échappe du monde patriarcal oppressant dans lequel elle vit. Cependant, on nous présente une femme qui violente son enfant, s’échappe du domicile familial pour donner des leçons de vie aux autres et se montre d’une arrogance et d’une brutalité assez étonnante. J’avais cette impression dérangeante que sous un prétexte d’émancipation, l’autrice nous montrait finalement les ravages de ces « femmes libérées » qui ont oublié tout sens moral et qui se montre d’une cruauté assez ignoble. Bref, j’étais très mal à l’aise face au protagoniste et malgré un style assez rapide à lire, j’ai trouvé le roman trop cynique pour me projeter dedans. L’équivalence entre brutaliser son enfant et s’affirmer dans sa féminité m’a perturbée hautement.

Finalement, il s’agit d’un court roman très cynique et noir qu’il faut lire avec beaucoup de recul. Je remercie la plateforme Simplement Pro et les éditions Fayard pour cette découverte étonnante.

 

 

Chroniques expresses 10

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Ce livre a en partie souffert du fait que je l’ai lu entre un livre sur le génocide juif et un autre sur le génocide rwandais. Le protagoniste est pour ma part tout à fait détestable. Il n’hésite pas une seconde ni à mentir à une vieille dame sur sa famille, ni à abandonner une femme enceinte de son enfant pour finalement la reprendre un peu de temps après comme une charité. Le roman est très court et se lit assez vite, il raconte l’histoire de Madame Ming, une employée d’hôtel pour les toilettes, qui retrace l’histoire de ses dix enfants dans une Chine empreinte de l’enfant unique. Est-elle affabulatrice et sinon, comment a-t-elle réussi cet exploit? On s’en doute, la réalité est bien décevante et l’intrigue très mièvre. Bref, un livre à lire rapidement mais qui ne marquera pas les esprits.

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La BD est très courte et agréable à lire malgré les difficultés que j’ai parfois eues à cerner les personnages. L’intrigue est simple: les anglais ont trouvé un français et veulent lui intenter un procès. La BD est justement trop courte pour une vraie réflexion philosophique mais l’auteur s’en sort quand même avec une histoire amusante qui dénonce les préjugés et finit par l’humiliation des anglais. Bref, une BD telle qu’on les aime, nous les français!

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Et si Marine Le Pen était élue? Voilà la question de base à laquelle cette bande-dessinée essaie de répondre. Cette BD qui se veut une critique des idées du Front National sous couvert de personnages paléolithiques. Malheureusement, la critique est trop transparente et le sarcasme se perd dans une transposition trop simple avec finalement une caricature qui peine à faire sourire. Bref, une analyse pas assez intelligente de la situation actuelle en France (quelques semaines d’ailleurs avant l’élection présidentielle).

Rose thé et gris souris de Marie-Catherine Daniel

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Avis

C’est une romance originale qui se passe dans un lieu exotique pour une parisienne comme moi: La Réunion. J’ai tout de suite adoré le petit chien dans le roman: Dégage, on a son point de vue et il est tellement mignon que j’ai adoré le petit jeu de Dégage pour essayer de séduire la protagoniste Gertrude. On se trouve avec des personnages inhabituels: une comptable et un chien et le ton est décalé, humoristique. Ce roman se lit très vite et je dirais même qu’il est trop court pour développer une vraie trame romantique. L’histoire de Gertrude, surtout son passé, est assez confuse et je n’ai pas tout à fait compris son histoire romantique et je n’ai pas non plus adhéré à la romance.

Je dirais qu’il s’agit d’un livre trop court, mais avec un style doux et enchanteur, comme un  conte de fées.