Comment vivre en héros de Fabrice Humbert

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J’ai reçu Comment vivre en héros ? de Fabrice Humbert dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire. (#MRL17).

Cela fut un des gros coups de cœur de cette année. Ce roman traite de sujets forts et sensibles comme la délinquance juvénile, les lycées à problème et la violence dans les banlieues. Il met en avant un thème crucial de l’existence humaine qui me touche particulièrement: et si j’avais réagi autrement?

Tristan, le protagoniste du roman, nous est présenté au début à travers un acte de lâcheté, il s’enfuit et laisse son entraîneur de boxe affronter des gaillards dans le métro. A travers tout le roman, des petits passages vont nous être présentés où le protagoniste aurait pu réagir différemment et la manière dont cela implique les différentes vies possibles. Cette idée des trente-huis secondes m’a beaucoup frappée comme étant non seulement une idée originale mais qui a fait écho à ma vie. En effet, l’auteur rend compte du fait que la vie peut prendre des tournants très différents à cause des choix et ces choix, loin d’être réfléchis et pensés, sont uniquement dus à des actions impulsives.

Le protagoniste n’est pas un saint, il est présenté comme un lâche pour qui l’héroïsme est un trait de caractère voulu et non une évidence. A travers sa relation avec sa femme et ses enfants, on se rend compte de son égoïsme puisqu’il n’écoute absolument pas sa femme qui veut déménager à tout prix et se lance dans une carrière politique tout à fait contraire aux ambitions de sa femme. Il se comporte à la fois comme un héros, un hypocrite et un lâche puisqu’il laisse l’éducation des enfants et le ménage à sa femme et n’arrivera même pas à écouter son fils dans un moment critique. Cependant, cette faiblesse le rend aussi humain et j’ai vibré avec ce personnage faible qui finalement nous représente tous d’une manière ou d’une autre.

Bref, une révélation, tout simplement.

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Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner

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J’ai un arrière goût amer de ce roman pour plusieurs raisons. Le roman traite d’une femme qui, après s’être mariée et avoir eu un enfant, décide de prendre sa vie en main seule et de s’émanciper.

Le livre est écrit à la deuxième personne ce qui éloigne le lecteur du personnage principal qui reste ambiguë et difficile à comprendre. De plus, le personnage est présenté comme une femme qui devient enfin libre et s’échappe du monde patriarcal oppressant dans lequel elle vit. Cependant, on nous présente une femme qui violente son enfant, s’échappe du domicile familial pour donner des leçons de vie aux autres et se montre d’une arrogance et d’une brutalité assez étonnante. J’avais cette impression dérangeante que sous un prétexte d’émancipation, l’autrice nous montrait finalement les ravages de ces « femmes libérées » qui ont oublié tout sens moral et qui se montre d’une cruauté assez ignoble. Bref, j’étais très mal à l’aise face au protagoniste et malgré un style assez rapide à lire, j’ai trouvé le roman trop cynique pour me projeter dedans. L’équivalence entre brutaliser son enfant et s’affirmer dans sa féminité m’a perturbée hautement.

Finalement, il s’agit d’un court roman très cynique et noir qu’il faut lire avec beaucoup de recul. Je remercie la plateforme Simplement Pro et les éditions Fayard pour cette découverte étonnante.

 

 

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Ce livre a en partie souffert du fait que je l’ai lu entre un livre sur le génocide juif et un autre sur le génocide rwandais. Le protagoniste est pour ma part tout à fais détestable. Il n’hésite pas une seconde ni à mentir à une vieille dame sur sa famille, ni à abandonner une femme enceinte de son enfant pour finalement la reprendre un peu de temps après comme une charité. Le roman est très court et se lit assez vite, il raconte l’histoire de Madame Ming, une employée d’hôtel pour les toilettes, qui retrace l’histoire de ses dix enfants dans une Chine empreinte de l’enfant unique. Est-elle affabulatrice et sinon, comment a-t-elle réussi cet exploit? On s’en doute, la réalité est bien décevante et l’intrigue très mièvre. Bref, un livre à lire rapidement mais qui ne marquera pas les esprits.

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La BD est très courte et agréable à lire malgré les difficultés que j’ai parfois eues à cerner les personnages. L’intrigue est simple: les anglais ont trouvé un français et veulent lui intenter un procès. La BD est justement trop courte pour une vraie réflexion philosophique mais l’auteur s’en sort quand même avec une histoire amusante qui dénonce les préjugés et finit par l’humiliation des anglais. Bref, une BD telle qu’on les aime, nous les français!

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Et si Marine Le Pen était élue? Voilà la question de base à laquelle cette bande-dessinée essaie de répondre. Cette BD qui se veut une critique des idées du Front National sous couvert de personnages paléolithiques. Malheureusement, la critique est trop transparente et le sarcasme se perd dans une transposition trop simple avec finalement une caricature qui peine à faire sourire. Bref, une analyse pas assez intelligente de la situation actuelle en France (quelques semaines d’ailleurs avant l’élection présidentielle).

Rose thé et gris souris de Marie-Catherine Daniel

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C’est une romance originale qui se passe dans un lieu exotique pour une parisienne comme moi: La Réunion. J’ai tout de suite adoré le petit chien dans le roman: Dégage, on a son point de vue et il est tellement mignon que j’ai adoré le petit jeu de Dégage pour essayer de séduire la protagoniste Gertrude. On se trouve avec des personnages inhabituels: une comptable et un chien et le ton est décalé, humoristique. Ce roman se lit très vite et je dirais même qu’il est trop court pour développer une vraie trame romantique. L’histoire de Gertrude, surtout son passé, est assez confuse et je n’ai pas tout à fait compris son histoire romantique et je n’ai pas non plus adhéré à la romance.

Je dirais qu’il s’agit d’un livre trop court, mais avec un style doux et enchanteur, comme un  conte de fées.

 

 

La quatrième fée de Brigitte Guilbau

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La couverture ainsi que le titre du livre sont trompeurs: non il ne s’agit pas d’un conte de fées mais d’un récit sur une mère face à sa fille mourante et une histoire de dons d’organes.

C’est un roman sur un sujet dur, la douleur d’une mère et sa fille réduite à l’état de légumes. Est-ce que la mère sera capable de débrancher les appareils qui maintiennent sa fille artificiellement en vie? Est-ce qu’elle sera capable de faire face au père, celui à qui elle avait caché sa grossesse?

C’est un roman triste, plein d’émotions où on se retrouve attirée à tourner les pages, à espérer envers et contre tout que la fille se réveillera et plus on compatit avec la mère, plus on comprend le dilemme devant lequel elle doit trancher. J’ai trouvé que la fin était un peu facile et bien arrangeante mais encore une fois, Natacha choisit de se retirer de la vie du père pour « son bien » et on a l’impression qu’elle fuit à nouveau la confrontation. La fin laisse un goût amer dans la bouche.

Bref, un roman fort, un roman intense et un roman à recommander malgré quelques facilités scénaristiques. Ce roman pose les bonnes questions et ne donne pas forcément les meilleures réponses. Je remercie NetGalley pour ce partenariat.

Azami de Aki Shimazaki

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Voici un petit livre qui me rend perplexe. J’ai apprécié le style très sobre et entraînant ainsi que la manière dont l’auteure construit ses personnages. J’ai détesté tout le poids du machisme ambiant. Le personnage principal, Mitsuo, travaille dans une entreprise et a une famille dont une femme avec qui il n’a plus aucune relation sexuelle. Il se sent DONC obligé d’avoir voir des prostituées ailleurs (déjà cela me répugnait et ne me donnait pas envie d’apprécier ce personnage). De plus, il va entreprendre une liaison adultère avec une femme qu’il a aimée autrefois. Cette femme est devenue mère célibataire et vit d’un travail de serveuse et de prostituée, car évidemment, quelle autre boulot pourrait effectuer une mère seule? Finalement, sa femme qui apprend la liaison décide de rompre mais change d’avis en cours de route car Mitsuo se rend compte de ses erreurs. Entre temps, sa femme n’a pas cessé de s’occuper de ses enfants tout en faisant fructifier une entreprise et on se demande même si Mitsuo se rend compte qu’il a des enfants. En tout cas, on n’entend peu parler de l’éducation que lui-même devrait donner à ses enfants.

Bref, je n’ai pas aimé le protagoniste ni l’image que j’avais de la société japonaise et des pressions exercées sur les femmes pour s’occuper des enfants et pour être dépendante financièrement. Je suis complètement passée à côté de ce roman, trop occupée à ruminer sur les injustices sociales vis-à-vis des femmes.

La sixième corde de Benjamin et Caroline Karo

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Tout d’abord, j’étais fascinée par l’idée de l’intrigue: revoir tous ces exs pour pouvoir enfin tourner la page avant le mariage. C’est l’histoire d’Arnaud, un homme heureux en couple, amoureux et prêt pour une fois à se marier avec Emma, la femme de sa vie. Pourtant, il va amener ses amis dans un voyage mouvementé pour revoir toutes les anciennes femmes de sa vie.

J’avoue que j’ai particulièrement aimé les passages où il revoit chacune des exs. A chaque fois, je me demandais quelle allait être la réaction de chacune et à chaque fois, on sentait les émotions du narrateur. Ce roman m’a vraiment fait réfléchir à mes propres choix amoureux et au fait qu’essayer de remuer le passé ne permet pas forcément de mieux se sentir.

J’étais beaucoup plus prise dans le tourbillon des émotions d’Arnaud devant les femmes qu’il avait aimées autrefois, que dans le voyage en tant que tel avec ses amis et j’ai lu assez rapidement chaque chapitre pour découvrir comment allait se dérouler chaque rencontre. Le point faible pour moi était le contraste entre les beuveries de la bande d’amis, qui ne m’ont pas passionnées avec la force émotionnelle des histoires d’amour.

J’ai adoré la manière dont Emma a passé ses journées pendant que son amoureux cavalait à travers le passé, j’avoue que ce sujet m’avait effleuré l’esprit plusieurs fois et j’étais contente de la manière dont les auteurs ont résolu cette intrigue. J’étais cependant perplexe par la fin ouverte.

Bref, cette lecture que j’ai dévorée m’a permis de me plonger dans le passé et m’a plongée dans les émotions du narrateur. Je remercie tout particulièrement Benjamin Karo pour m’avoir proposé ce beau moment de lecture.

Colocataires de Danielle Steel

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(312 pages)

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J’ai commencé ce livre en pensant que c’était une romance et en cherchant le couple d’amoureux. Contrairement à ce que la couverture bien rouge laisse présumer, le roman commence par une séparation et Francesca qui loue à des étrangers la maison qu’elle partageait avec son compagnon. Le style de Danielle Steel, comme toujours, est agréable et simple. Le livre se lit de manière fluide mais les situations restent très clichés. On a la colocataire qui aime les rencontres en ligne et comme par hasard, elle se retrouve dans des relations abusives. A part Eileeen qui finit mal, les autres colocataires vont tous se retrouver heureux et en couple à la fin du roman.

J’avais l’impression que les personnages n’étaient pas assez creusés, il s’agit surtout d’un roman qui se lit vite et s’oublie assez vite. J’ai apprécié le livre mais sans plus. La partie avec la femme de Chris est un peu répétitive, j’ai trouve le livre trop superficiel en général.

Une nihiliste de Sophie Kovalevskaïa

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(176 pages)

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J’avoue que je ne savais pas à quoi m’attendre en commençant ce petit roman et les événements qui suivent dans le roman m’ont surprise. Le roman est bien écrit, il se lit rapidement mais je n’ai pas réussi à sympathiser avec le personnage principal. Pourtant, il s’agit d’une jeune femme idéaliste, pleine de bonnes volontés et qui a envie de changer le monde.

La relation entre cette femme et le voisin est passionnante, et même si le côté religieux de Vera me gênait un peu, j’adorais lire les passages entre les deux « amoureux ». Par la suite, lorsque Vera arrive à St Pétersbourg, Vera a commencé à m’agacer en devenant méprisante envers les autres. Je n’étais franchement pas convaincue par le retournement final qui donne l’impression que Vera se jette sur le premier venu pour essayer de se convaincre à elle-même qu’elle a une quelconque utilité sur cette terre.

Bref, la lecture est plaisante mais je m’attendais à plus de profondeur psychologique et j’ai eu du mal à m’identifier avec la protagoniste.

 

Les choses de Georges Perec

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Je partais avec un très mauvais a priori puisque je n’apprécie pas l’auteur et je n’avais pas aimé son autobiographie W ou le souvenir d’enfance, que j’avais dû lire pour le cours de français. J’avançais donc à reculons dans la lecture de ce petit ouvrage et j’avais entièrement tort.

Dès le début, Perec a réussi à me happer dans son écriture et à me faire entrer dans son atmosphère si particulière. Nous suivons les aventures d’un couple pauvre avec un travail précaire, un salaire médiocre et qui rêve de grandeurs. Il s’agit d’une histoire avec un rythme lent presque hypnotisant. Je n’aurais pas cru le dire mais l’ennui que s’attache à montrer l’auteur dans ce livre est tellement intéressant que j’étais captivée par la monotonie de la vie.

Il ne se passe pas grand chose, il ne peut rien se passer de grandiose pour ce couple et pourtant, à travers les petits actes quotidiens, je me suis attachée à ces deux personnages presque anonymes qui ne forment d’une seule entité.

Avec un étonnement certain, je dois avouer que j’ai adoré ce livre de Perec contre toute attente et que j’ai passé un très bon moment à le lire.