Cuits à point de Élodie Serrano

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Ce roman raconte l’histoire de deux personnages, Anna et Gauthier qui parcourent la France pour démasquer les arnaques surnaturelles. Pour cette nouvelle aventure, qui se déroule à Londres, se pourrait-il que cette affaire météorologique soit réellement du surnaturel pour une fois ?

J’ai beaucoup aimé le suspense que met l’autrice jusqu’à assez tard dans le roman et je n’étais pas sûre jusqu’au bout du caractère surnaturel ou non de l’intrigue. Les suspicions sont crédibles et on a l’impression d’être en face d’un roman policier où il est difficile de faire confiance aux personnages rencontrés. Il s’agit d’une approche intéressante de ce thème et j’avoue que j’ai plutôt apprécié.

En ce qui concerne les personnages, si Anna m’a conquise assez rapidement, Gauthier m’a laissée songeuse et malgré ses qualités et la misogynie typique de l’époque, je n’ai pas réussi à passer outre mon agacement devant ce personnage. Par contre, j’ai adoré les deux personnages anglais qui prennent part à l’histoire aux côtés des protagonistes.

L’intrigue est assez mouvementée et j’ai dévoré le livre en à peine un jour, il est dur de résister lorsque l’autrice garde un suspense digne d’un thriller dans une ambiance steampunk parfaitement maîtrisée.

Pour son deuxième roman, l’autrice met le niveau assez haut et j’ai hâte de lire ses futurs livres.

Bref, un roman qui oscille entre le fantastique et le steampunk avec une ambiance rythmée à la perfection.

Ceux qui vivent du sang versé de Crazy

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L’histoire présente un duo de vampire/tueur en série assez original avec des prémices étonnantes: les créatures surnaturelles ont toutes disparues ou presque à la suite d’une guerre et la protagoniste Carmilla est la dernière vampire qui cherche ses congénères. On pourrait croire que l’histoire est déjà finie au début et pourtant, Carmilla va rencontrer Paul, un tueur en série sans remords ni sentiments.

J’ai beaucoup aimé les contrastes entre Carmilla, la vampire qui est la plus humaine des deux, qui éprouve des émotions mais reste quelqu’un d’assez fort physiquement et Paul, l’humain fermé qui a appris à se battre mais n’est pas capable de ressentir. J’ai notamment apprécié le fait que les émotions ne sont pas forcément négatives ni quelque chose à éliminer pour survivre dans un milieu dangereux.

Les passages d’action et romantiques se suivent et la romance est particulièrement bien travaillée, elle n’a pas l’air sorti de nulle part ce que j’aurais pu craindre étant donné le début de l’intrigue. L’autrice n’hésite pas à réellement suivre ses personnages et à les développer dans toutes les situations y compris sentimentales et violentes. Même si Carmilla semble presque (et je dis bien presque) inoffensive durant la majorité du tome, l’autrice n’hésite pas à montrer sa dangerosité en tant que créature surnaturelle de manière assez intelligente durant tout le roman.

Carmilla est un personnage savoureux que j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre tout au long. Cela donnait vraiment envie d’en savoir plus sur son enfance, ses relations avec les autres vampires et tout ce qui s’est passé avant. Un spin off et une préquelle seraient fortement appréciés de mon côté, j’espère que cette histoire continuera. Même s’il s’agit d’un one-shot où tout est réglé à la fin, l’univers développé est tellement fascinant que j’aurais voulu plus de tomes.

Petit aparté, j’ai mis beaucoup de temps à comprendre que « gens », qui représente les gens avec des pouvoirs, était probablement du latin de gens/gentis. Pour quelqu’un qui a fait 3 ans de latin universitaire, c’est pas très glorieux mais j’ai aimé le clin d’œil si c’en est un.

Bref, un sacré coup de cœur pour une autrice dont c’est le premier roman, j’espère continuer à lire des romans de sa part dans cette veine.

Dors de Mathilde Sanson

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Ce roman commence comme une aventure de fantôme assez banale : une chasseuse de fantômes et prend assez rapidement de l’ampleur. Il s’agit d’une chasseuse de fantômes aguerrie qui va dans les maisons hantées pour vérifier la présence ou non de fantômes et évidemment, elle se met à tourner beaucoup de vidéos dans lesquelles il ne se passe rien dans ces maisons hantées. L’histoire commence donc dans la première maison où elle va découvrir une activité de fantômes pour la première fois.

J’ai beaucoup aimé la structure du roman où on dévoile l’histoire de cette famille petit à petit, comme une sorte de roman policier. Le rythme reste très soutenu et j’ai rapidement tourné les pages pour connaître toute l’intrigue. Le récit est assez court finalement et j’avoue que j’étais un peu frustrée que cela finisse aussi rapidement.

Sans spoiler le principal retournement de situation, cet événement m’a profondément surprise, l’autrice va bien au-delà des schémas classiques dont on a l’habitude et j’ai été à la fois choquée et heureuse de voir que l’histoire va jusqu’au bout de son potentiel.

En bref, une agréable surprise dans le domaine des fantômes qui combinent une histoire d’amour étonnante, un roman policier bien ficelé et un style original.

Vies et morts de Aude Reco

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Ce recueil de nouvelles est très inégale, j’ai adoré la grosse majorité des nouvelles, avec un style remarquable et la dernière nouvelle m’a laissée indifférente.

J’avais déjà lu et commenté Le cœur possesseur (dont je vous invite à relire l’avis ici).

Seps Muralis, la première nouvelle du recueil commence très fort, avec de l’horreur et une intrigue qui fait froid dans le dos. Je me suis très vite attachée à la pauvre héroïne qui subit beaucoup et la montée en puissance des événements ainsi que la manière dont on nous présente le fantastique sont particulièrement maitrisées.

Fœtus m’a semblé un cran en-dessous. Évidemment, l’idée sous-jacente de cette nouvelle est intéressante (et si les hommes devenaient enceints?) mais la nouvelle reste trop gentille et ne va pas assez loin dans son idée. Cependant, j’ai tout de suite sympathisé avec le personnage de Mathieu et cette nouvelle reste très agréable à lire.

L’odeur du temps qui passe est une de mes nouvelles préférées de ce recueil. Le début est un peu brouillon et j’ai eu du mal à rentrer dans l’intrigue mais dès que je me suis plongée dedans, l’histoire sur la statue m’a hypnotisée. On ne sait jamais qui est vivant, qui est devenu vivant et le jeu sur l’art est absolument fascinant.

Quant aux Hommes-Brouillards, je considère que c’est le chef-d’œuvre de ce recueil. Je suis rentrée dans l’ambiance et je ne pouvais plus quitter le livre. Le suspense va croissant avec des pics d’angoisse, la cité de Petis met très mal à l’aise et on s’attend jusqu’au bout à sursauter lorsque les protagonistes traversent la ville. Une très belle nouvelle!

Les dieux meurent aussi est une toute petite nouvelle dont je n’ai pas compris la fin. J’ai bien aimé jusque-là mais j’avais l’impression de passer à côté du sens profond.

Pour la dernière nouvelle, comme je le disais au tout début, je n’ai pas du tout adhéré et c’est regrettable car j’aime beaucoup les nouvelles de voyage dans le temps. J’ai trouvé la nouvelle confuse et l’écriture brouillonne par rapport aux autres nouvelles.

Bref, quelques nouvelles splendides, d’autres moins bonnes, en somme un recueil globalement sympathique. Je remercie Aude Reco et la plateforme Simplement Pro pour ce sympathique recueil.

 

Prologue à Mon cousin l’avait prédit de Léonard Aigoin

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Avis

Il s’agit d’un recueil de nouvelles principalement fondées sur les rêves et en se focalisant sur le côté absurde, étonnant et répétitif du monde des songes. J’ai eu du mal à trouver un lien entre les différentes nouvelles à part justement cette ambiance onirique très particulière.

Dans la première nouvelle, un petit garçon voit son père mourir à plusieurs reprises devant ses yeux. Si le début est très prenant, je me suis lassée assez rapidement de cette histoire qui se répète et dont on ne comprend pas bien l’issue. Il faut accepter avec ces histoires de se laisser guider par l’auteur sans vouloir tout comprendre. La fin plutôt abrupte n’aide pas à relativiser les longues suites de drames qu’on découvre et si j’ai trouvé l’idée astucieuse intellectuellement, cela m’a tout de même déçue.

Dans la deuxième nouvelle, justement appelée le poulet, le récit part dans un délire tel qu’il faut ou le suivre ou être perdu. Pour être honnête, je me suis sentie assez perdue et je n’ai pas tout compris à ce récit dont on sent un humour et une ironie qui sont restés hermétique pour moi.

La troisième nouvelle, au contraire, ressemble à un récit polar, une course poursuite dans laquelle je me suis plongée avec délice. On reste rivé au protagoniste pour savoir qui le poursuit, comment il va réussir à s’échapper et cette incertitude avec une ambiance presque réaliste mais teintée d’étrange permet de se laisser emporter par l’intrigue. Cette fois-ci, la fin reste très satisfaisante et d’une beauté incroyable.

La quatrième nouvelle, le croque-mitaine, la relation amoureuse du début commence à une vitesse très et même trop rapide, surtout compte tenu du début assez chaotique. Pourtant, on retrouve assez vite une des grandes qualités de l’auteur qui est de passer rapidement dans une ambiance fantastique et étrange sans transition ce qui rend le caractère étrange absolument jouissif. De plus, cette nouvelle offre une jolie morale sympathique.

La nouvelle suivante commence avec beaucoup d’humour puisqu’il s’agit d’une course poursuite avec un agresseur déguisé en lapin. La nouvelle arrive en rendre des événements drôles de manière la plus sérieuse possible pour maximiser leur impact. Cette nouvelle capitalise de plus en plus sur les éléments précédents. Même si les personnages sont pour certains désagréables, on commence à sentir une trame de fond qui se dégage et à comprendre les éléments de ce recueil. De plus, la star complètement folle garde tout de même un charme inimitable.

Les dernières nouvelles 6 et 7 sont les plus satisfaisantes puisque tous les éléments se mettent à prendre enfin du sens, comme si tout ce qu’on savait depuis le temps se rassemblait dans une histoire cohérente et c’est vraiment gratifiant.

Quant à la dernière nouvelle, on sent que l’auteur a définitivement amélioré son écriture et il nous offre une nouvelle horrifique absolument splendide que tout parent devrait lire…

Bref, si le début est chaotique et difficile à apprécier, les éléments s’assemblent petit à petit pour arriver à un recueil absolument génial. Je remercie donc l’auteur et la plateforme Simplement Pro pour ce service presse. Voici le lien pour vous le procurer!

Le cœur possesseur de Aude Réco

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Le narrateur, un homme banal au demeurant, retourne dans son village natal et retrouve son frère jumeau. Mais que cache donc ce village aux sombres secrets?

Tout d’abord, l’écriture est jolie, ce qui est d’autant plus important que l’ensemble du petit roman repose sur l’ambiance. On ressent le narrateur traqué, observé et le roman est parcouru d’un style nerveux. J’avoue que je n’ai pas réussi à sympathiser avec le narrateur qui se jette sexuellement sur son frère jumeau sans se remettre une seule fois en question. On sent le désir narcissique derrière avant même la résolution de l’intrigue. Cela ne m’a pas trop aidé puisque même si le narrateur va interroger plusieurs personnes, j’ai trouvé qu’il restait globalement passif en attendant la fin de l’intrigue.

En ce qui concerne la résolution de l’intrigue, je l’ai trouvé assez confuse, cela ne m’a pas totalement convaincue et j’ai dû relire plusieurs fois pour être sûre de n’avoir rien manqué.

En bref, ce roman possède une ambiance sombre à souhait, des personnages antipathiques et une résolution trop rapide à mon goût. Je remercie Aude Réco pour son cadeau de Noël qui donne une nouvelle saveur à cette neige de Noël qui vient enfin de tomber sur ma ville.

 

Voyage au pays de l’envie de Frédéric Marcou

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Avis

J’aurais adoré mettre une critique positive car il s’agit d’un auteur peu connu et j’avais téléchargé par hasard le livre sur Atramenta (très joli site d’auto édition). Pourtant, pour être honnête, il s’agit d’un recueil de nouvelles très lacunaire.

Chacune des nouvelles relate une idée sympathique, comme l’histoire de l’enfant qui est la réincarnation d’un auteur méconnu ou la nouvelle conception de l’Enfer. Malheureusement, l’idée est très mal ou peu exploitée dans la plupart des cas et la fin est très frustrante, soit parce que l’auteur aurait pu faire beaucoup mieux, soit parce que l’histoire se finit en queue de poisson.

Le recueil est assez court donc je ne m’éterniserais pas sur mon avis qui se terminera par: c’est dommage de n’avoir pas développé quelques bonnes idées.

Et juste une chose qui m’a choquée dans cette histoire de Néandertal: Non l’anthropologie n’est pas de la physique (je suis physicienne fichtre!) et non, les anthropologistes ne sont certainement pas des spécialistes de l’ADN et NON, un 50 m² n’est pas adapté à une femme célibataire à part si elle est vraiment très riche.

ChallengeMystère

 

Le soir Lilith de Philippe Pratx

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Avis

Il s’agit d’une biographie de Lilith, une star de cinéma décédée qu’on découvre à travers les yeux d’un proche amoureux d’elle.

La structure du roman est assez chaotique, elle ressemble un peu à Dracula dans le sens où des fragments de récit sont présentés dans le désordre et permettent petit à petit de cerner le personnage de l’actrice à travers des résumés de films, des petites anecdotes, des phrases dans ses carnets et tant d’autres moyens. C’est très artistiquement effectué et j’avoue que j’ai apprécié cette manière originale de présenter l’actrice.

Mon personnage préféré de l’histoire était la fausse journaliste que j’ai adoré dès le début. Il s’agit d’un personnage intriguant, qui vient voir le narrateur principal en prétendant vouloir écrire un article sur Lilith. Le masque de journalisme tombe assez vite mais j’étais passionnée par son histoire, par son caractère et j’attendais avec impatience les passages où elle apparaissait dans le récit.

Pour passer à des points plus négatifs, le personnage de Lilith m’a laissée de marbre, je n’ai pas bien compris la fascination de tous envers elle. J’ai trouvé les passages de résumés de films plutôt longs et peu intéressants, je n’ai pas compris quel apport ils apportaient. Même s’ils apportaient un reflet de la personnalité de Lilith, j’étais aussi très frustrée d’avoir de nombreux petits résumés que j’aurais aimé plus développés ou moins envahissants dans le roman. Le narrateur, loin de transmettre sa passion pour Lilith, apparaît comme un amoureux transi.

La fin (que je ne dévoilerais pas) est bien rythmée et donne son importance à mon personnage préféré donc j’étais à la fois ravie de ce regain d’action et un peu déçue des révélations sur Lilith, moins percutantes que je l’aurais voulues.

En bref, un roman avec une structure originale, quelques personnages fascinants et surtout plusieurs lectures conseillées pour bien comprendre tous les liens entre les passage.

Finalement, je voudrais remercier l’auteur du livre de m’avoir fait confiance et de m’avoir fourni une copie de ce roman pour le chroniquer.

 

Faiseur de rêves de Aude Réco

Résumé

Elle s’appelle Lou et vit dans la rue depuis le grand effondrement de l’économie mondiale. Lui n’a pas de nom, juste un matricule, car il n’existe pas vraiment. Il sort d’on ne sait où, d’ailleurs. Il est son petit homme des rêves et elle lui accorde une confiance aveugle sans comprendre pourquoi. Dans une ville coupée du monde par de gigantesques remparts, ils traquent le tueur en série au masque de porcelaine qui sévit à la nuit tombée : Mécanique Asylum. Mais des ombres tout droit sorties de 39-45 envahissent la Vieille ville et entraînent les deux jeunes gens bien plus loin que ce qu’ils pouvaient imaginer, à l’origine de toute vie.

Avis

Tout d’abord, j’aimerais remercier l’auteure de m’avoir fait confiance et de m’avoir envoyé un exemplaire de son roman.

Le roman commence en plein milieu de l’intrigue, on rencontre deux personnages qui, sans s’être fréquentés avant d’après leurs dires, se chamaillent dans une ville ravagée par la terreur. Même si j’ai apprécié les conversations assez rythmées entre les deux protagonistes, la jeune fille malade et l’homme mystérieux, j’étais un peu déçue que leur première vraie rencontre, qui est évoquée à certaines reprises, ne soit pas plus détaillée.

Le mystérieux agresseur de la ville se dévoile à la fin, avec une jolie petite histoire, tous les éléments qui m’ont troublée depuis le début comme la ville et ses remparts, l’homme étrange qui prétend tout faire et l’ambiance fantômatique reçoivent des réponses assez surprenantes que j’ai trouvées astucieuses et amusantes. L’histoire prend de plus en plus d’ampleur à mesure qu’elle se dévoile, on part de quelques indices pour arriver à une fin explosive.

(SPOILER: la fin m’a beaucoup surprise, je m’attendais à plus d’optimisme et j’étais surprise de la tournure dramatique prise à la fin, même si le récit s’y prête. J’ai adoré l’idée que les cauchemars prennent vie et qu’il faille les contenir, ça m’a presque donné envie de lire une histoire sur ce thème… )

En bref, un récit bien mystérieux qui prend de l’ampleur et ne déçoit pas, des personnages vivaces et sympathiques (surtout le faiseur de rêves).

Disparition programmée de Anthony Boulanger

(8 pages)

La critique va être assez rapide vu qu’il s’agit d’une petite nouvelle à propos d’un garçon invisible solitaire et qui rend tout invisible autour de lui.
Je ne dirais pas que les prémisses sont inintéressantes, il s’agit d’une autre approche par rapport à L’homme invisible de H.G. Wells et on peut s’attendre à des questionnements philosophiques passionnantes, peut-être même un rapprochement entre son état « physique » et son émotion vis à vis des autres et de la vie.
Il s’agit sûrement de mon côté écrivain frustré par une idée aussi mal exploitée puisque l’auteur ne va pas au-delà de son intrigue qu’il rend simpliste: un garçon invisible qui disparaît. Et c’est tout, on aura pas plus que cela, pas plus à part une vague tentative de rendre le garçon sympathique en parlant d’une vie difficile.

Bref, j’étais assez déçue du manque d’originalité étonnant par rapport à un sujet aussi ambitieux.