Ring shout de P. Djèlí Clark

Je ne m’attendais à rien de particulier étant donné que je suis particulièrement nulle en histoire et que je connais très peu le contexte du Ku Klux Klan et du racisme aux États-Unis mais ce livre est très clairement assez marquant. Il s’agit d’un livre qui prend comme point de départ un contexte de racisme existant, des traditions noires également historiques et part dans une histoire de fantasy urbaine avec des guerrières noires qui vont se battre contre des monstres blancs qui se laissent détruire par du racisme. Et tout ça dans une histoire particulièrement intelligente où l’auteur va imposer ses héroïnes noires avec leurs défauts, leurs particularités et leur propre caractère.

On entre dans un monde parallèle, une histoire que je ne trouve nulle part dans mes histoires habituelles et cela étonne, provoque et trouble un lecteur occidental qui n’a pas l’habitude de ces traditions. Cependant, j’ai regretté d’être aussi peu informé sur le contexte américain qui ne me permettait pas d’apprécier l’ironie et les allusions à des événements réels et je me suis juste retrouvée devant une histoire complètement décalée qui m’a troublée et qui ne laisse pas indifférente.

Bref, je n’oserais pas dire que j’ai aimé ou détesté, je pense qu’il faut se faire sa propre opinion.

Titaÿna : L’aventurière des années folles de Heimermann

Je ne connaissais pas cette femme qui a fait le tour du monde avant l’heure en utilisant les avions avant même que cela ne devienne un moyen de transport comme un autre.

Si l’héroïne du livre est réellement une femme assez impressionnante dont on se demande comment elle a pu être oubliée de l’Histoire aussi facilement, j’ai également de grosses réserves sur ce livre. La première et principale étant le style de l’auteur qui est ennuyeux à souhait ainsi que la manière dont il raconte des événements aussi exceptionnels avec un enthousiasme si peu crédible. J’avais l’impression que tout est écrit dans un style terne qui ne rend que peu de justice à l’extravagance du personnage évoqué. Finalement, l’antisémitisme flagrant de Titaÿna et la manière dont il est évoqué avec certes de la réserve mais beaucoup trop de légèreté pour moi m’a définitivement rendue ce livre insupportable à lire.

Bref, ce livre partait d’une bonne intention mais restera une déception au final.

L’amie prodigieuse T3 et 4 de Elena Ferrante

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Le début du tome 3 commence très doucement avec le point de vue d’Elena qui fondamentalement est un personnage moins intéressant que Lila. Pourtant dès que Lila entre en scène, tous les personnages se mettent en mouvement. Je ne sais pas comment décrire les derniers romans et mon avis sur la fin car je me suis retrouvée happée dans ce tourbillon d’émotions, de sentiments et j’avais l’impression de vivre les événements en même temps qu’eux et qu’elles surtout. Entre les histoires d’amour peu intéressantes d’Elena qui s’enchaînent et quelques péripéties de Lila qui donnent à chaque fois un pincement au cœur tellement le contenu est sombre et déprimant, ce roman arrive à prendre son lecteur par les émotions pour ne plus jamais le lâcher jusqu’à la fin.

Pour être honnête, j’ai terminé le roman avec beaucoup de regrets à l’idée de ne plus jamais retrouver ce petit monde de personnages et même si l’intrigue de base ne m’intéressait pas particulièrement, la qualité d’écriture est tellement rare et d’une telle finesse qu’on ne peut que tomber sous le charme.

En conclusion, à lire de toute urgence.

Le nouveau nom de Elena Ferrante

Il m’aura fallu du temps mais me voici à nouveau plongé dans le deuxième tome de la saga de l’amie prodigieuse et c’est globalement un coup de cœur. On retrouve les deux amies après le mariage de Lila avec son mari qu’elle déteste et Elena qui étudie au lycée puis à l’université.

Si j’ai adoré de plus en plus le personnage d’Elena qui prend de l’ampleur et arrive à faire des choses intéressantes, j’étais beaucoup moins fan de Lila et je vois pas trop l’intérêt d’Elena pour Lila et leur amitié totalement toxique et malsaine. Ce deuxième livre est toujours rempli de violence verbale et physique et il faut arriver à passer outre mais le style d’écriture est absolument grandiose et j’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre.

Bref, un roman qui se dévore et reste à la hauteur du premier tome.

Le général dans son labyrinthe de Gabriel Garcia Marquez

En général, je n’aime pas du tout les romans historiques. J’ai tenté de passer outre cet a priori négatif pour me plonger dans l’histoire de l’Amérique Latine avec un auteur connu mondialement, en espérant en apprendre plus sur le général Bolivar de manière ludique et agréable.

Malheureusement, si le personnage du général est plutôt sympathique et a réussi à me motiver à finir ce livre, j’ai trouvé les péripéties historiques très complexes à comprendre. Tous les événements historiques sont amenés de manière très allusive au point que j’ai trouvé le roman très lent et j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans. Seule la personnalité atypique et forcenée du général a réussi à me provoquer un peu d’intérêt pour ce roman assez vite oubliable et oublié.

Suis-je trop réfractaire au genre historique pour apprécier? Probablement mais ce n’est pas ce roman qui va me faire changer d’avis en tout cas.

La fille de Montmartre de Julien Salamon

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Une jeune fille passionnée de Montmartre découvre qu’un inconnu la suit. Elle est loin de se douter que suivre l’inconnu l’amènera dans le Paris historique en compagnie de Proust et face à des dangers qu’elle ignore.

Il s’agit du deuxième livre que je lis de l’auteur et je dois avouer que le style est toujours aussi bon ainsi que son talent pour basculer d’une histoire intime, banale et ordinaire à des éléments fantastiques qui parcourent le texte. J’ai dévoré ce roman en une nuit, comme la plupart des livres que j’apprécie et il y a de nombreux éléments sympathiques dans ce roman. L’auteur a un talent appréciable pour décrire le Paris historique et j’ai adoré les passages avec Proust, un de mes romanciers préférés.

Les histoires de voyages temporels figurent parmi mes histoires préférées et même si l’auteur met en place un contexte appréciable et même novateur sur certains aspects, j’ai été déçue que cette partie-là reste finalement peu abordée. L’auteur reste sur le côté découverte historique et touche à peine à tous les dangers et les paradoxes possibles.

Un autre aspect qui m’a déçue est la romance qu’on effleure à peine et qui reste dans le non-dit et cela rend la fin peu crédible. J’aurais préféré que les deux héros aient plus de temps pour se connaître.

Ce roman a donc de nombreux aspects sympathiques et je pense qu’il est surtout trop court pour vraiment mettre en place tous les éléments. La fin arrive beaucoup trop vite et ne laisse pas assez de temps aux personnages.

En bref, une excursion historique sympathique qui mériterait un contexte plus travaillé. Je remercie l’auteur et la plateforme Simplement Pro pour ce roman.

Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud

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Ce livre traite de la guerre d’Algérie à travers un récit mi-autobiographique puisque Brigitte Giraud raconte l’histoire de son père qui a refusé de porter une arme lors de la guerre et sa mère, enceinte, qui a rejoint son mari en Algérie.

Même si j’ai pu assister à une rencontre avec l’autrice qui donnait envie de lire ce livre et donnait beaucoup d’éléments personnels pour le comprendre, j’ai détesté, à mon grand regret, le style du livre. Il s’agit d’un style très particulier, on dirait un résumé de roman, avec les faits bruts sans émotions. Chaque personnage est vu de l’extérieur de manière superficielle et si Oscar le malade et Antoine le père sont décrits avec une certaine épaisseur, la mère reste une figure fantôme, comme l’autrice n’était pas intéressée par la vie quotidienne de cette femme qui reste dans un pays d’hommes sans réussir à s’intégrer à l’histoire.

Bref, je n’ai ressenti aucune émotion pour ce livre froid et dur et j’étais très déçue par ce récit.

 

La femme de Beyrouth de Déborah Fotzé

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Ce roman traite d’un sujet peu abordé en France, l’histoire du Liban et en particulier la condition féminine dans ce pays.

Les personnages féminins sont assez forts et déterminés dans ce roman. On commence par suivre l’histoire de Siham, une jeune femme ambitieuse qui va s’élever dans la hiérarchie puis la suite avec ses enfants et sa famille. Siham est tout de suite assez sympathique. J’avoue avoir été choquée, surprise et même agréablement étonnée par l’autrice qui n’hésite à malmener ses personnages comme elle l’entend. Le choix de la narratrice dans ce contexte fonctionne et a réussi à me captiver pour connaître la suite de cette famille. J’ai adoré la fin et la manière dont cela permet de donner une conclusion au lecteur moins frustrante par rapport au début.

Je regrette cependant les longs développements historiques en parallèle du récit beaucoup plus dynamique de la famille de Siham. En effet, même si c’est intéressant de comprendre mieux le sujet de Liban à cette époque (à partir des années 40 environ), les textes sur l’histoire sont moins bien construits et moins agréables à lire. Il reste hélas quelques petites fautes qui gênent un peu.

Bref, des héroïnes captivantes dans un milieu de brutes, un lieu et une histoire méconnus qu’on aime à découvrir, c’est un livre sympathique. Je remercie beaucoup la plateforme Simplement Pro et Bookless éditions de m’avoir procuré ce livre.

Le triangle d’incertitude de Pierre Brunet

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J’ai commencé à lire ce livre dans l’espoir d’en apprendre plus sur le génocide du Rwanda du côté français. Dans les témoignages des survivants que j’ai lu, on sent une rancœur envers la France que les Rwandais rendent responsables. Mais qu’en est-il des soldats français?

On suit l’histoire d’un soldat qui rentre dans sa famille après le génocide et qui doit réapprendre à vivre après avoir vu des horreurs. Certains passages qui évoquent ces événements sont très éprouvants émotionnellement. J’étais au bord des larmes lorsque l’auteur nous présente Étienne et ce qu’il a traversé au Rwanda. Devant tant de massacres, l’auteur nous montre l’inimaginable.

Cependant, contrairement à mes espérances, l’attention du roman ne se place pas vers les événements historiques au Rwanda mais plutôt la difficulté du soldat avec Isabelle, sa femme, et ses enfants. A ce niveau, j’ai eu du mal à sympathiser avec ce soldat qui trompe allégrement sa femme, sort le soir et semble assez indifférent au sort de ces enfants et à la souffrance d’Isabelle. Il ne montre aucun effort pour essayer de se réintégrer et j’étais plus sensible aux efforts de sa femme pour se réconcilier avec lui.

De plus, le vocabulaire maritime m’a refroidi complètement. Je n’ai pas vraiment compris et j’ai passé en diagonale tous les endroits qui utilisaient ce vocabulaire technique peu compréhensible pour les néophytes.

Bref, j’étais un peu déçue par ce roman en demi-teinte, incroyable dans ces descriptions historiques et finalement ennuyeux et machiste du côté de son retour. Je remercie tout de même la plateforme Simplement Pro et les éditions Calmann-Lévy pour ce roman.

Les grands espions du XXe siècle de Patrick Pesnot

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Avis

Je ne suis ni calée en politique ni en histoire et pourtant, me voilà enchantée par ce roman d’espionnage de la vie réelle. On nous dit toujours que les vrais espions, loin de ressembler à des James Bond ou Alias, sont plutôt des administratifs cachés dans leurs bureaux. Ce livre dément et raconte la vie absolument fabuleuse des espions qui ont œuvré pour ou contre des dictatures et même les deux à la fois.

J’ai un petit coup de cœur pour la crise des missiles de Cuba, un passage historique qu’on apprend tous en cours d’histoire et qui, raconté par des espions, prend une toute autre dimension. Ce qu’on croyait une victoire de Kennedy et qui est en réalité une victoire des services secrets soviétiques qui ont réussi à faire croire à leur puissance militaire.

Bref, un livre à lire d’urgence, une perle rare qui donne le point de vue de l’espion, un point de vue souvent méconnu et ignoré et surtout, un livre sur la manipulation et la psychologie humaine. A méditer pour les écrivains d’espionnage, la vérité est parfois plus incroyable que la fiction!