La revanche des petits seins de e.l.n.z

34658659

Avis

Tout d’abord, j’étais très surprise par la longueur du texte, je m’attendais à lire un roman et il s’agit en fait d’une nouvelle sur des sujets variés et passionnants: la transsexualité, la grossesse à partir des embryons d’un défunt aimé et le fait de ne pas vouloir d’enfants.

J’ai adoré le regard neuf porté sur un quotidien souvent difficile et surtout le regard sans changement.  La fin permet de relier les trois histoires différentes et les trois personnes ce qui donne un goût d’achevé en refermant cette nouvelle.

Bref, une jolie nouvelle, bien que trop courte et très agréable sur l’acceptation des différences en société. C’est un antidote contre la fermeture d’esprit dont on a bien besoin.

Je souhaiterais tout de même ajouter une précision, une des protagonistes pratique la fécondation in vitro avec des spermes de son mari décédé. J’ai vérifié que c’était toujours interdit en France et cela m’a turlupiné pendant le récit. Après, je ne trouve pas sa démarche choquante du tout.

Cycle Auschwitz et autres atrocités (4)

Pour conclure avec ce cycle (qui reste ouvert dans le cas où je lirais d’autres livres sur le sujet), je finis avec trois livres de Charlotte Delbo sur son expérience de la déportation et le livre Petit Pays de Gaël Faye, un émouvant témoignage du génocide du Rwanda mais cette fois-ci sous le point de vue d’un petit garçon au Burundi.

 

 

Le premier livre, Aucun de nous ne reviendra, relate l’expérience de la déportation par Charlotte Delbo, sous un point de vue collectif. Elle rend hommage aux différentes femmes qui n’ont pas survécu et à celles qui n’ont pas hésité une seconde à aider les autres au péril de leur vie. Les passages poétiques se succèdent aux passages plus impersonnelles de vie de camp et des différents événements. J’avoue que j’ai préféré les passages poétiques qui sont d’une beauté à donner les larmes aux yeux. Je ne résiste pas à l’envie d’en mettre un passage. Quant aux événements racontés, contrairement à Primo Levi qui donne le sentiment d’une unité et d’un souvenir réorganisé pour lui donner une cohérence, Charlotte Delbo offre une fragmentation qui permet de percevoir l’état de confusion des détenus.

Vous qui avez pleuré deux mille ans
un qui a agonisé trois jours et trois nuits

quelles larmes aurez-vous
pour ceux qui ont agonisé
beaucoup plus de trois cents nuits et beaucoup
plus de trois cents journées

combien pleurerez-vous
ceux-là qui ont agonisé tant d’agonies
et ils étaient innombrables

Ils ne croyaient pas à résurrection dans l’éternité
Et ils savaient que vous ne pleureriez pas.

Le deuxième tome raconte la fin de l’expérience des camps et Charlotte Delbo se livre plus personnellement en racontant son amour pour son mari tué et ses propres émotions à l’issue des événements. Cette sincérité rend le livre plus poignant et j’étais au bord des larmes à chaque phrase.

Encore une fois, même si je voudrais remettre ici toute la beauté de la fin du texte, je vais en mettre l’extrait le plus émouvant:

Et je suis revenue
Ainsi vous ne saviez pas,
vous,

qu’on revient de là-bas

On revient de là-bas
et même de plus loin […]

Je suis revenue d’entre les morts
et j’ai cru
que cela me donnait le droit
de parler aux autres
et quand je me suis retrouvée en face d’eux
je n’ai rien eu à leur dire
parce que
j’avais appris
là-bas
qu’on ne peut pas parler aux autres.

Dans le troisième tome, Charlotte Delbo donne la parole explicitement aux autres femmes qui sont revenues des camps et qui ont essayé de refaire leurs vies malgré tout. Certaines avaient perdu toute leur famille, d’autres devaient continuer à travailler même après tous les efforts pour gagner leur nourriture.  Charlotte Delbo montre que, même après cette expérience traumatisante des camps de concentration, la réalité après la délivrance n’est pas toujours joyeuse. Cela donne aussi à réfléchir à la suite, aux conséquences pour les rescapés et surtout au fait, comme le martelait Primo Levi, qu’il y a des choses dans l’Histoire qu’il ne vaut mieux pas oublier.

33798435

Je reviens également sur le génocide du Rwanda avec le témoignage d’un petit garçon, Gabriel, qui a vécu au Burundi d’une mère tutsie et d’un père français. Il faut s’accrocher au début puisque, comme la plupart des autobiographies d’enfants (je pense surtout et principalement à The Catcher in The Rye de JD Salinger) Gabriel nous montre une enfance de gangs, de violence entre enfants presque gentille par rapport à la suite de l’histoire. Bref, le début permet de se plonger dans un quotidien pour me se laisser surprendre par la montée progressive de la violence par la suite dans le pays.

Les brèves récits de la mère sur la violence au Rwanda sont bouleversants et depuis le début de l’autobiographie jusqu’à la fin, les membres de la famille sont presque tous tués pour la plupart et quant aux rares qui restent, personne n’est épargné. Gabriel, le protagoniste est particulièrement touchant et j’ai complètement craqué sur lui lorsqu’il raconte son amour pour une jeune fille française avec laquelle il correspond.

Bref, le changement de point de vue du Rwanda au Burundi est intéressant pour se rendre compte de tous les aspects du problème et on se rend compte que même sans avoir vécu directement le génocide, les politiques au Rwanda et au Burundi ont affecté les deux populations. De plus, je pense qu’en tant que française pour ma part, ce cycle sur le génocide rwandais m’a beaucoup plus appris sur les souffrances dans ce pays que les médias français.

C’est lundi que lisez-vous? 77

Ce rendez-vous hebdomadaire a été initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books et repris par Galleane. On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu’ai-je lu cette semaine?

J’ai lu deux pièces de théâtre très différentes sur le thème de la Révolution Française, les deux se lisent vite et sont bien écrites mais j’ai une préférence pour Büchner qui arrive à nous remettre dans l’ambiance de la Révolution. Quant à la nouvelle de Conrad, elle est sympathique sans plus.

435223 837718 2179336

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

687985

3. Que vais-je lire ensuite?

651216

C’est lundi que lisez-vous? 76

Ce rendez-vous hebdomadaire a été initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading ? by One Person’s Journey Through a World of Books et repris par Galleane. On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu’ai-je lu cette semaine?

Deux lectures éprouvantes mais par lesquels j’ai beaucoup appris sur des situations historiques que je ne connaissais pas. Quant à la pièce de Peter Weiss, elle a beau traiter de la politique française durant la Révolution, j’avais l’impression de patauger dans ma lecture tellement l’ensemble est confus.

763269 13497873 13540636

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

435223

3. Que vais-je lire ensuite?

837718

 

 

Bilan mensuel de novembre

Activités du blog:

  • 6 articles publiés
  • 75 visiteurs et 115 vues
  • 6 livres lus dont une saga en 5 tomes

Mon livre préféré sera:

30648311 Un roman contemporain/historique absolument génial, drôle et décalé sur le principe: et si les personnages historiques revenaient nous voir?

En ce qui concerne le point écriture:

  • J’ai continué timidement à écrire sur mon roman La destructrice de couples, je suis actuellement à 18 040 mots avec +500 mots ce mois-ci.
  • J’ai écrit deux petits textes, un de 290 mots pour l’appel à texte érotique du blog Stellatanagra avec des mots imposés et un maximum de 300 mots (dernier délai: 12 décembre 2016), et un autre également de 290 mots (1 665 sec) pour l’appel à texte de l’Académie de l’Imaginaire, qui imposait un texte de maximum 2 mille signes pour le 20 décembre.

Bilan des lectures de licence

Avec la deuxième année de licence de lettres qui débute en trombe, j’ai dû lire un grand nombre de livres assez rapidement et je vais tous les regrouper pour un bilan rapide.

1423513 (Cours: littérature du XVIIIe siècle)

Voici un roman révolutionnaire! J’adore la manière dont Diderot, des siècles avant nous, avait déjà des idées d’égalité des sexes. Ce que je trouve encore plus impressionnant, c’est le fait que ce roman présente des idées que même notre société qui se prétend moderne aurait du mal à accepter. Sur le principe que les gens (hommes et femmes) sont malheureux en amour dans notre société, Diderot va imaginer une autre société en se servant du « nouveau monde des indiens ». Une société où chacun est libre d’avoir des relations sexuelles, de se marier sans contraintes, où les enfants ne sont pas vus comme une difficulté pour les mères mais comme de la main d’œuvre pour tous.

Certes, toutes les idées ne sont pas forcément acceptables, comme celle selon laquelle les gens stériles n’ont pas le droit d’avoir des relations sexuelles mais Diderot a le bon goût d’interroger les certitudes de tous et de nous obliger à nous remettre en question.

18248685 (Cours: Mythes et littérature)

Ce recueil est composé de plusieurs nouvelles. Comme il s’agit du cours sur les sirènes et le titre évoque une sirène, je m’attendais à trouver une sirène dans le livre. Que nenni, elle se trouve dans la dernière nouvelle et quant aux autres nouvelles, on a beaucoup de descriptions (le Balzac italien!), un récit très précis sur les coutumes et les gens de l’époque et des types de personnages. On se retrouve comme en terrain connu avec une plume remarquable mais des fois des descriptions fleuves, des personnages fascinants et quand la sirène arrive enfin, j’avoue que je l’avais bien mérité. Il s’agit de la meilleure nouvelle du recueil.

817077 (Cours: littérature du XVIIIe siècle)

J’avais déjà lu ce petit roman et je le relisais pour me rappeler des détails. Je n’avais pas particulièrement aimé ce livre et même si c’était un plaisir de le relire, je me rappelle ce qui m’avait gênée. On se retrouve à l’époque du XVIIIe siècle, avec le mythe du bon sauvage chez Rousseau et on sent que l’auteur a puisé son inspiration chez Rousseau.

On a une idéalisation de la vie naturelle, de l’amitié et amour fraternel et l’histoire est très simple, il s’agit juste de personnes qui se découvrent et qui s’amusent dans un cadre très limité. J’avoue que malgré l’écriture agréable, je ne suis pas forcément d’accord avec l’idée que rester vivre dans la nature soit la meilleure des choses (c’est sans doute mon côté parisienne qui s’exprime) et leur vie m’a semblé plus ennuyeuse qu’idyllique donc je suis restée partagée devant sa vision du bonheur.

cover (Cours: Mythes et littérature)

J’avais un a priori négatif sur HG Wells, je n’avais pas aimé d’autres de ses romans comme La guerre des mondes ou L’homme invisible et là, je dois dire que je me suis prise une grosse claque. Il s’agit d’un roman drôle, ironique, amusant et qui attaque bien les « familles bien pensantes ». La sirène agit dans ce roman comme un catalyseur, même si Miss Bunting essaie d’intégrer la sirène dans la bonne société de manière très anodine. Elle permet de donner une autre vision du monde, la vision de la mort comme un espoir et un salut devant cette société renfermée et « bien comme il faut ». Et HG Wells s’attaque de manière insidieuse à cette société qui essaie de minimiser les aspirations des gens et finalement, deux personnes seront ébranlées dans leur conviction par cette sirène et l’un d’eux la rejoindra dans le néant de la mer, le bon fils qui allait faire une carrière politique et se marier avec une bonne fille ne va pas supporter l’idée qu’il existe un monde meilleur, un monde où on peut avoir des rêves et des illusions. Bref, j’ai eu un énorme coup de cœur pour ce petit roman grinçant auquel je ne m’attendais pas.

 

 

Azami de Aki Shimazaki

23607898

Avis

Voici un petit livre qui me rend perplexe. J’ai apprécié le style très sobre et entraînant ainsi que la manière dont l’auteure construit ses personnages. J’ai détesté tout le poids du machisme ambiant. Le personnage principal, Mitsuo, travaille dans une entreprise et a une famille dont une femme avec qui il n’a plus aucune relation sexuelle. Il se sent DONC obligé d’avoir voir des prostituées ailleurs (déjà cela me répugnait et ne me donnait pas envie d’apprécier ce personnage). De plus, il va entreprendre une liaison adultère avec une femme qu’il a aimée autrefois. Cette femme est devenue mère célibataire et vit d’un travail de serveuse et de prostituée, car évidemment, quelle autre boulot pourrait effectuer une mère seule? Finalement, sa femme qui apprend la liaison décide de rompre mais change d’avis en cours de route car Mitsuo se rend compte de ses erreurs. Entre temps, sa femme n’a pas cessé de s’occuper de ses enfants tout en faisant fructifier une entreprise et on se demande même si Mitsuo se rend compte qu’il a des enfants. En tout cas, on n’entend peu parler de l’éducation que lui-même devrait donner à ses enfants.

Bref, je n’ai pas aimé le protagoniste ni l’image que j’avais de la société japonaise et des pressions exercées sur les femmes pour s’occuper des enfants et pour être dépendante financièrement. Je suis complètement passée à côté de ce roman, trop occupée à ruminer sur les injustices sociales vis-à-vis des femmes.

Bilan des premières semaines d’août

Durant les deux premières semaines d’août, je suis partie dans le sud de la France, dans un endroit sans wifi, et j’en ai profité pour lire un maximum de livres. Je vais donc faire une critique rapide de chacun de ses livres.

bm_33921_1593665 22389101

J’ai pu dévorer deux livres sur l’histoire de l’Iran. Le premier concernait une histoire très ancienne à propos de Avicenne, un médecin célèbre dans le monde entier. J’ai adoré la personnalité du personnage, la manière dont, tout en étant croyant et musulman, il aime boire et coucher avec des femmes. Il est amusant, intelligent et dès que j’ai refermé ce livre, j’avais envie d’en savoir plus sur le personnage et de lire les livres qu’il avait écrit.

Le deuxième livre concerne une femme contemporaine qui vit à Paris et qui a vécu la Révolution Islamique de 1979 en Iran. J’ai apprécié le regard de cette petite fille sur les changements sociaux mais j’ai surtout apprécié la manière dont elle combat les attaques contre les femmes et la discrimination y compris en France. J’ai aimé le parallèle sur ce qu’elle a vu en France et la manière dont elle relie sa manière de penser aux livres qu’elle a lus. Sa lecture de Sade est absolument passionnante,  j’avais presque envie de lire Sade après avoir lu ce livre.

J’ai commencé la série des Veufs noirs d’Asimov, dont j’avais entendu beaucoup de bien. Il s’agit de petites énigmes, policières ou de la vie de tous les jours, et un groupe d’hommes qui se réunissent pour discuter et trouver des solutions à ces énigmes. J’ai dévoré les trois bouquins et je pense que s’il y avait d’autres bouquins de cette série dans la bibliothèque, je les aurais dévoré aussi. C’est un recueil de nouvelles où chaque énigme prend une nouvelle et Asimov joue sur ses points forts: les formats courts, les intrigues intelligentes et des personnages peu développés. Bref, je suis tombée complètement folle amoureuse de cette série de livres.

837724

Je ne m’attendais pas du tout à une pièce politique sur des personnes politiques qui ont vraiment existé. Je pensais qu’il s’agissait de Becket, le dramaturge du XXe siècle. Je déteste la politique et Anouilh n’est à la base pas un dramaturge que j’apprécie donc la conclusion est évidente, je me suis bien ennuyée à lire ce récit sur des personnages politiques.

5167syypbtl-_uy250_

Ce livre, écrit du point de vue d’un des agents secrets, raconte l’envers de l’affaire du Rainbow Warrior. De plus, Dominique Prieur nous raconte comment elle est devenue la première femme dans les services secrets et l’envers du décor. Il s’agit d’un petit roman énergique, qui raconte des secrets qu’on ne voit pas tous les jours et j’ai adoré son récit et son discours sur ce qu’elle a ressenti.