L’auteure et autres nouvelles de Brigitte Lécuyer

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Un recueil de nouvelles inégales mais avec un joli style, j’ai adoré certaines nouvelles et j’ai trouvé que d’autres se finissaient avec moins de panache que prévu. Je vais détailler mon avis pour chaque nouvelle.

La nouvelle qui donne le titre du recueil fait partie de celle que j’ai le moins aimé, il manque une bonne fin car l’ensemble de la nouvelle laisse à espérer une chute incroyable avec cette écrivaine et on s’attend à tout sauf à cette fin en demi-teinte. Ismaël fait aussi partie des nouvelles que j’ai le moins aimées mais pour des raisons plus personnelles, elle est très dure et même trop pour moi.

La soupe aux orties est une nouvelle drôle, agréable, avec une certaine joie de vivre. J’ai adoré L’enterrement de Jerry, surtout pour ce personnage de Jerry très sympathique. La nouvelle Le voyage éclair de la virgule est drôle, absurde, et amusante. Mon coup de cœur restera La nuit de mon anniversaire, avec une noirceur maîtrisée et une nouvelle avec une chute exemplaire. Je me suis identifiée à ce pauvre Bastien l’apprenti poète qui perd toutes ses illusions dans sa carrière littéraire. Toutes ces nouvelles jouent avec une ambiance familiale et ont un ton à la fois drôle et surprenant.

En bref, j’ai adoré toutes les nouvelles « familiales » qui avaient un ton juste et drôle et même noir pour certaines, j’ai moins aimé les deux premières. Je remercie les éditions Bookless et la plateforme Simplement Pro pour ces jolies nouvelles.

 

 

 

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L’Indé Panda 6

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Soyons honnête, je n’avais aucune attente particulière par rapport à ce magazine. J’ai été tout simplement bluffée, chaque nouvelle était meilleure que la précédente et je crois que j’ai adoré presque toutes les nouvelles qui composent ce magazine. Je m’attendais à avoir une ou deux dans mes préférés, mais je ne suis pas capable de faire un ordre tellement elles étaient toutes magistrales. Je vais donc me contenter de faire un petit commentaire pour chacune.

Le procès participatif de Bouffanges: cette nouvelle a un joli principe avec son idée de démocratie participative et de jurys comme réseaux sociaux. Je n’ai pas autant adhéré que prévu car j’ai trouvé le résultat trop convenu mais j’ai bien aimé la réflexion sur l’importance des téléphones portables dans notre vie. Avec le début qui commençait comme le Procès de Kafka, j’ai aussi trouvé ça dommage que l’auteur n’aille pas jusqu’au bout de l’idée et garde une affaire criminelle sérieuse pour incriminer le personnage principal.

Dan de Catherine Loiseau: Le roman policier revisité avec des robots et un huis-clos particulièrement savoureux. J’ai bien aimé la construction des logs, la pensée du robot et la manière dont il essaie de comprendre les émotions. C’est léger et amusant comme Asimov et on en redemande.

Un caveau sans vitrail de Laurent B: On se prend dès le début à sympathiser avec la petite fille kidnappée qui garde des ressources impressionnantes et reste calme jusqu’à la fin. J’ajouterais juste que la parade finale ne marche pas trop sur une liseuse en noir et blanc et a un côté un peu invraisemblable malgré tout mais j’étais prise dans l’intrigue. Pauvre chaton!

Maïa et l’homme blanc de Céline Saint-Charle: Cette nouvelle est juste mignonne et agréable, elle donne un peu de douceur et de joie de vivre dans l’ensemble des nouvelles. On se prend à rêver d’un monde comme celui de Maïa et cela fait du bien. C’est simple et beau.

L’étrangère qui vit chez moi de Khalista Farall: j’ai trouvé cette nouvelle un cran en-dessous des autres. Même si l’ambiance est assez noire et retranscrit bien l’idée, j’aurais préféré plus de mise en situation.

Maman est une espionne de Nicolas Chevolleau: j’ai un sentiment ambigü par rapport à cette nouvelle, elle est amusante et donne un point de vue de petite fille qui n’a pas compris grand chose à la vie des « grands » mais j’avoue que j’aurais préféré avoir tout le mode d’emploi pour mieux comprendre l’ironie de la situation. En tout cas,  joliment trouvé comme idée!

Tout compte fait de Nathalie Bagadey: cette nouvelle rayonne de bonheur et elle est très agréable à lire. Elle donne un éclairage différent sur les contes de fées qu’on avait tous plus ou moins dédaigné à un moment. Ma petite critique serait le ton excessivement joyeux et précipité qui garde un petit côté maladroit sur l’ensemble.

Dans l’impasse du chat de Marie Havard: voici un de mes coups de cœur si ce n’est la meilleure nouvelle de tout le recueil. L’autrice réussit à donner une existence à un chat qui va vivre de grandes aventures. La fin conclut avec brio cette histoire féline incroyable avec le héros félin bien mal récompensé de ses actions.

Le dernier chant de Cindy de Vincent Ferrique: pour être honnête, même si la nouvelle est bien écrite, l’intrigue est beaucoup trop noire et horrible pour que je l’apprécie. Elle m’a mise mal à l’aise et j’ai trouvé le rythme un peu trop mou. J’aurais aussi préféré que le « don » de Cindy soit mieux décrit, elle écoute, parle et ça marche?

Le numismate de Patrice Dumas: La chute est grandiose et le reste est digne d’un grand écrivain, on croirait du Balzac et on y croit jusqu’au bout aux pouvoirs magiques.

La dernière danse de Valéry Bonneau: l’idée est grandiose de faire quelqu’un qui est allergique au toucher et ne peut toucher aucun être humain. Malheureusement, je trouve qu’elle n’a pas été exploitée jusqu’au bout et je suis restée sur ma faim.

Bal du 14 juillet de Zia Odet: cette nouvelle est très noire, très dure et j’avoue qu’elle l’est beaucoup trop pour ma sensibilité, j’étais plutôt choquée mais elle est remarquablement bien écrite.

Donc comme vous voyez, on a une sacrée collection de nouvelles toutes plus géniales les unes que les autres. Si je devais prendre mes trois préférées dans tout ça, je dirais Maïa et l’homme blanc de Céline Saint-Charle, Dans l’impasse du chat de Marie Havard et Le numismate de Patrice Dumas.

 

 

 

The Avenue in the Rain de Arnauld Pontier

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Ce livre est un recueil de plusieurs nouvelles, quelques-une absolument géniales et d’autres moins intéressantes. Je vais détailler tout de suite.

La première nouvelle éponyme SF traite du dernier homme sur Terre dans un style noir et jouissif. L’auteur rajoute quelques bonnes inventions et on ressent tout de suite la misère du personnage principal dans un décor parfaitement décrit de manière poignante. Je dois dire que c ‘est la meilleure nouvelle du recueil à mon avis.

Le cœur à nu est pour moi la deuxième meilleure nouvelle. L’aspect étrange et fantastique apparaît avec justesse petit à petit et j’ai tout de suite sympathisé avec cette femme qui subit un étrange destin. La fin est à la fois dure et extrêmement bien imaginée, c’est court et intense.

Quant aux deux dernières, j’étais moins convaincue par La photographie que je n’ai pas bien compris, et par Syrtes qui malgré le style, est moins une nouvelle qu’une évocation de l’auteur.

Bref, un recueil à lire pour les deux principales nouvelles, noires, fortes en émotions, et avec un style remarquable.

 

 

Bowling de Jude Castel

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Tout d’abord, cette nouvelle est courte, beaucoup trop courte mais elle permet de dépeindre une période, une certaine nostalgie prégnante. Le protagoniste se retrouve avec deux amis dans la piste de bowling, et il se rend compte que le temps a passé bien vite et qu’il est toujours et encore célibataire et traînant avec les mêmes personnes.

Les hommes décrits ne sont pas les plus intelligents. Au contraire, la nouvelle décrit des hommes bien ordinaires qui regrettent leur jeunesse. En même temps, cette nouvelle célèbre l’amitié intemporelle puisque seule l’amitié a survécu au passage du temps.

Le style est agréable et reflète le temps qui se passe sans événements extraordinaires et surtout le fait de s’en rendre compte tard. En bref, une nouvelle agréable à lire dont on regrette le fait qu’elle se termine trop vite.

Je remercie Bookless éditions et la plateforme Simplement Pro pour ce service presse.

Comment j’ai tué ma mère de Ludivine Lanoy

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Voici un recueil de nouvelles qui m’a bouleversée bien au-delà de ce que je m’y attendais. Les nouvelles sont dures, noires, sombres mais elles révèlent une obscurité qui se dévoilent de manière cassante et même ironique de temps en temps. Pour mes critiques sur chaque nouvelle:

Mon fils ma promesse: celle-ci est la plus douce et la plus mignonne, le fils veut protéger son père et cela donne une tendresse assez agréable.

Comment j’ai tué ma mère: on en arrive à la nouvelle qui donne le titre du recueil et qui est la plus magistrale. J’ai beaucoup aimé le ton acide et la montée en violence est assez assourdissante. Sans en rajouter, cette nouvelle réussit à donner de l’empathie pour la petite fille.

Ne pas le décevoir: j’aime beaucoup le ton naïf et enjoué de la nouvelle qui contraste à la perfection avec le thème très dur de l’asservissement à quelqu’un

Canary Bay: sans doute une des nouvelles qui aurait mérité un développement beaucoup plus ample, j’aime bien le début de contexte de l’intrigue mais je le trouve grandement sous-exploité

Dans la fleur de l’âge: cette nouvelle met un peu mal à l’aise, elle touche à un sujet délicat en l’effleurant et avec élégance.

L’un ou l’autre: j’avais déjà chroniqué auparavant cette nouvelle

Pensées soudaines: je n’ai hélas pas adhéré à cette nouvelle qui relève plus de la poésie et que j’ai trouvé étonnant et pas forcément adapté dans ce recueil.

Bref, je remercie la plateforme Simplement Pro et l’éditeur Bookless pour ce joli recueil.

Hasard de Sofia Perez

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Cette nouvelle raconte l’histoire d’amour entre deux femmes, toutes les deux en couple, une histoire adultère et passionnée. Elle est écrite du point de vue d’une des deux femmes et je me suis assez vite identifiée à la protagoniste. J’aurais peut-être préféré une description plus importante de la vie de famille de la protagoniste (elle expédie rapidement le fait qu’elle ait un enfant avec une autre femme) mais dans l’ensemble, j’ai parcouru cette nouvelle avec beaucoup d’intérêt et de curiosité.

J’étais tout de même déçue par la fin qui contraste violemment avec le reste de l’histoire sur une diatribe assez violente et étrange.

Bref, je remercie l’éditeur et la plateforme Simplement Pro pour cette nouvelle très enflammée qui m’a transportée ailleurs pendant un bref moment.

Vies et morts de Aude Reco

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Ce recueil de nouvelles est très inégale, j’ai adoré la grosse majorité des nouvelles, avec un style remarquable et la dernière nouvelle m’a laissée indifférente.

J’avais déjà lu et commenté Le cœur possesseur (dont je vous invite à relire l’avis ici).

Seps Muralis, la première nouvelle du recueil commence très fort, avec de l’horreur et une intrigue qui fait froid dans le dos. Je me suis très vite attachée à la pauvre héroïne qui subit beaucoup et la montée en puissance des événements ainsi que la manière dont on nous présente le fantastique sont particulièrement maitrisées.

Fœtus m’a semblé un cran en-dessous. Évidemment, l’idée sous-jacente de cette nouvelle est intéressante (et si les hommes devenaient enceints?) mais la nouvelle reste trop gentille et ne va pas assez loin dans son idée. Cependant, j’ai tout de suite sympathisé avec le personnage de Mathieu et cette nouvelle reste très agréable à lire.

L’odeur du temps qui passe est une de mes nouvelles préférées de ce recueil. Le début est un peu brouillon et j’ai eu du mal à rentrer dans l’intrigue mais dès que je me suis plongée dedans, l’histoire sur la statue m’a hypnotisée. On ne sait jamais qui est vivant, qui est devenu vivant et le jeu sur l’art est absolument fascinant.

Quant aux Hommes-Brouillards, je considère que c’est le chef-d’œuvre de ce recueil. Je suis rentrée dans l’ambiance et je ne pouvais plus quitter le livre. Le suspense va croissant avec des pics d’angoisse, la cité de Petis met très mal à l’aise et on s’attend jusqu’au bout à sursauter lorsque les protagonistes traversent la ville. Une très belle nouvelle!

Les dieux meurent aussi est une toute petite nouvelle dont je n’ai pas compris la fin. J’ai bien aimé jusque-là mais j’avais l’impression de passer à côté du sens profond.

Pour la dernière nouvelle, comme je le disais au tout début, je n’ai pas du tout adhéré et c’est regrettable car j’aime beaucoup les nouvelles de voyage dans le temps. J’ai trouvé la nouvelle confuse et l’écriture brouillonne par rapport aux autres nouvelles.

Bref, quelques nouvelles splendides, d’autres moins bonnes, en somme un recueil globalement sympathique. Je remercie Aude Reco et la plateforme Simplement Pro pour ce sympathique recueil.

 

Nutty Halloween et Nutty Valentine’s

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Je me suis enfin décidée à jeter un coup d’œil à cette maison d’édition visuellement très sympathique et j’ai bien fait. J’ai trouvé des perles incroyables dans les nouvelles et une qualité d’écriture assez constante. Je vais donc commenter les nouvelles:

Nutty Halloween:

  • Jack O’Lantern: une petite nouvelle bien croustillante avec une belle fin, dommage qu’une autre nouvelle Nuit de terreur lui ressemble beaucoup trop. Les deux nouvelles sont bien écrites dans des thèmes similaires.
  • Riorim: une nouvelle qui se lit bien mais je l’ai trouvé trop classique dans son traitement
  • Le rituel: une des meilleurs nouvelles, un sadisme jouissif et cela donne une teinte macabre à toute nuit d’Halloween
  • Soir de liberté: de la poésie, une beauté stylistique, c’est agréable et doux.
  • La visite: cette nouvelle fait froid dans le dos et j’avoue avoir été un peu dégoûté par la fin brutale
  • Halloween 6.24-348 D: une des moins bonnes du recueil, complètement déconnectée des autres et avec un intérêt que j’ai trouvé limité

Nutty Valentine’s: ce recueil ne fait pas l’apologie de la romance au contraire. Il présente des histoires sombres, même macabres.

  • Le saule: cette nouvelle poétique est une des plus lumineuses du recueil. Dommage qu’elle développe si peu la romance.
  • Une dernière nuit avec elle et Hara Kiri: deux nouvelles qui sont sur le même thème de l’infidélité et de la souffrance, assez courte pour la deuxième et un peu trop longue pour la première, la mise en place est bonne
  • Blanc: cette nouvelle donnera des frissons dans le dos aux gens angoissés par les vols, une montée grandiose
  • Le mariage d’outre tombe: j’ai trouvé la nouvelle difficile à comprendre au niveau de l’intrigue et assez confuse
  • Honorine de Brabant: cette nouvelle monte en rythme et avec un style incroyablement sympathique, une très jolie nouvelle
  • Par amour: j’adore cette nouvelle, le cynisme qui s’en dégage et l’impression de cruauté et d’amour mélangé
  • Retrouvailles: jolie mise en scène, on ne s’y attend presque pas, belle manière de présenter les choses
  • Désiré: je vais être honnête, j’étais très déçue par cette nouvelle car je n’ai pas la culture nécessaire pour comprendre la dernière phrase et elle est tombée complètement à plat de mon côté
  • Pierre, feuille, ciseaux: je dois être horrible mais j’avoue avoir apprécié le personnage de la femme qui s’assume complètement et qui sait ce qu’elle veut quitte à faire souffrir le monde entier
  • Cèdre: le ton est très angoissant, bien maîtrisé et glace le sang
  • La belle: cette nouvelle est trop courte, la fin ne la sauve pas et je l’ai trouvée très convenue finalement

Sauvons les éditions Voy’el

Je suis enfin de retour après avoir dévoré de nombreux romans et nouvelles pendant mes vacances. J’ai soutenu l’opération sur Ulule pour aider les éditions Voy’el à sortir de la faillite, opération qui s’est soldée par une réussite avec plus de seize mille euros récoltés sur les quinze mille prévus.

En contrepartie, j’ai pu recevoir quinze nouvelles au format numérique que j’ai choisi parmi une sélection conséquente. Je vais donc pouvoir réunir mes commentaires sur les nouvelles lues avec un système de notation inhabituel sur mon blog de * (une étoile pour le moins bien) à *** (trois étoiles pour le meilleur).

Danse avec moi de Gaëlle K. Kempeneers (*): cette nouvelle est étonnante, mystérieuse mais je n’ai pas compris ni l’histoire ni où l’auteur voulait nous amener.

Interface de Lydie Blaizot (***): une de mes nouvelles préférées. Le cœur de l’intrigue passionne, le monde est remarquablement décrit et j’ai beaucoup aimé le postulat de l’interface. Un petit bémol pour la fin bâclée qui méritait un meilleur traitement.

Papillon de nuit de Sébastien Tissandier (**): une nouvelle poétique mais dans laquelle on reste un peu sur sa faim. Bien écrit cependant.

Au clair de la lune de Célia Flaux (*): je n’ai pas adhéré à cette nouvelle alambiquée à la première personne où on découvre dans le noir le peu d’intrigue que l’auteur daigne nous fournir.

Où es-tu Véronique? de Patrice Verry (**): je suis partagée avec cette nouvelle. Le rythme ne faiblit pas à un seul moment, je voulais à tout prix savoir la suite de l’histoire mais malgré cela, je suis restée réticente au style de l’auteur.

Les sept miroirs de Célia Flaux (***): une nouvelle chouchou qui m’a rappelé mes lectures de mon enfance. J’ai adoré le côté chevalier médiéval avec une femme courageuse et intrépide qui se bat contre les monstres. Un bijou !

Erwan et Isobel de Aodez S. Bora (**): sympathique, un peu de romance, d’érotique, d’histoire, il y en a pour tous les goûts!

Effet de masse de Frédéric Vasseur (*): je n’ai pas du tout aimé ce récit chaotique qui mêle les différents points de vue

Le tueur de dragons de Gaëlle K. Kempeneers (**): on retourne à nouveau dans un histoire chevaleresque sur les dragons, la fin est prévisible et l’histoire n’a pas des rebondissements grandioses mais le tout est bien maîtrisé et se laisse lire avec plaisir

Le résurrecteur de Céline Foucart (***): une de mes nouvelles préférées avec un potentiel incroyable, j’adore l’idée de base et malgré la fin abrupte, j’ai succombé sous le charme

Archéogenèse de Patrice Verry (**): on a une histoire de retour dans le passé et manipulation du temps et des gênes, cette histoire aurait mérité beaucoup plus de pages et de contenu pour donner tout son potentiel, elle a l’air inachevé en l’état

La malédiction de Lydie Blaizot (***): une très belle nouvelle avec une énième interprétation de Barbe-Bleue mais comme toujours, cette légende reste vivace et malgré les nombreuses variations

Âme de feu de Aodez S. Bora (*): j’ai pas aimé cette nouvelle pour une simple raison, on est plongé dans un monde très élaboré, un peu confus, pour peu de pages et cette nouvelle gagnerait à être écrite en roman

Le tableau de Adam Joffrain (***): cette nouvelle détonne dans le tas, on a une nouvelle fantastique sur l’idée très classique de « et si les personnages peints étaient réels ». Même si je n’adhère pas à ce genre de sujet, j’avoue que j’ai adoré tout dans ce récit qui a un rythme parfait, un fin classique mais hautement satisfaisante et un beau style

Viviane de Alix Carmin (*): malheureusement, étant une grande passionnée de la mythologie celtique, j’étais un peu déçue du traitement de Viviane qui est vue comme une fille jalouse et insupportable

 

Variations amoureuses de Selen Itoka

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Avis

Il s’agit d’un recueil de nouvelles qui explore le thème de la sexualité et du désir sous tous ses aspects. Je ne m’attendais pas à plonger aussi facilement dans ce recueil d’une beauté enivrante. Le style est délicieux, les nouvelles se lisent avec plaisir et se finissent trop rapidement et on sent l’art de la chute maitrisé avec perfection. Notamment, j’aime beaucoup ce portrait de femmes entreprenantes, avec un désir insatiable et une conviction sans faille.

Je vais commenter les nouvelles qui m’ont le plus enthousiasmée : La première nouvelle (10 jours et 20 centimes) place le contexte de manière immédiat avec une femme qui décide de coucher avec les hommes après 10 jours. Ce qui aurait pu se révéler une attente ennuyeuse devient une frustration délicieuse dans laquelle le désir monte. Quant à La panne, j’ai adoré la fin avec une pointe de machiavélisme et une histoire dans laquelle toute femme peut se retrouver. La question  inattendue ramène à une relation sexuelle, assumée et voulue jusque bout, dont chaque détail est touchant. Pour La vie d’une nuit, j’ai adoré la manière dont l’auteur montre que le sexe peut servir de communication au-delà des langues, comme la musique. Il s’agit d’un langage universel entre l’espère humaine. Le fantasme du docteur est exploité avec une splendeur impressionnante dans Le rêve et la réalité. Ma nouvelle préférée est celle sur la panne je pense, avec une belle chute et une belle description de la sexualité féminine.

J’émettrais juste un bémol. Le désir homosexuel est pratiquement toujours relié à un couple hétérosexuel existant avec de l’infidélité ce que j’ai trouvé très dommage surtout en considérant à quel point c’était bien écrit par ailleurs.

Bref, je ne m’attendais pas à tomber amoureuse de ce recueil de nouvelles et je remercie chaleureusement Selen Itoka de m’avoir envoyé ce livre.  C’est un véritable coup de cœur.