Bilan d’octobre

Au niveau blog:

  • 10 articles publiés
  • 136 vues dont 83 visiteurs (-12% par rapport au mois dernier)
  • 6 livres de lus

Au niveau lecture:

Mon gros coup de cœur fut Comment vivre en héros de Fabrice Humbert et j’ai découvert deux anthologies d’une superbe maison d’édition qui s’appelle Nutty Sheeep.

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Au niveau écriture:

  • J’ai très peu écrit ce mois-ci, préférant privilégier la correction.
  • J’ai deux annonces assez géniales à faire pour les prochains mois concernant mes publications mais je garde les annonces secrètes tant que tout n’est pas finalisé.
  • J’ai envoyé Le chien du voisin, une petite nouvelle humoristique aux éditions Alter Real, j’avais écrit cette nouvelle à l’occasion des 24h de la nouvelle.
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Comment vivre en héros de Fabrice Humbert

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J’ai reçu Comment vivre en héros ? de Fabrice Humbert dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire. (#MRL17).

Cela fut un des gros coups de cœur de cette année. Ce roman traite de sujets forts et sensibles comme la délinquance juvénile, les lycées à problème et la violence dans les banlieues. Il met en avant un thème crucial de l’existence humaine qui me touche particulièrement: et si j’avais réagi autrement?

Tristan, le protagoniste du roman, nous est présenté au début à travers un acte de lâcheté, il s’enfuit et laisse son entraîneur de boxe affronter des gaillards dans le métro. A travers tout le roman, des petits passages vont nous être présentés où le protagoniste aurait pu réagir différemment et la manière dont cela implique les différentes vies possibles. Cette idée des trente-huis secondes m’a beaucoup frappée comme étant non seulement une idée originale mais qui a fait écho à ma vie. En effet, l’auteur rend compte du fait que la vie peut prendre des tournants très différents à cause des choix et ces choix, loin d’être réfléchis et pensés, sont uniquement dus à des actions impulsives.

Le protagoniste n’est pas un saint, il est présenté comme un lâche pour qui l’héroïsme est un trait de caractère voulu et non une évidence. A travers sa relation avec sa femme et ses enfants, on se rend compte de son égoïsme puisqu’il n’écoute absolument pas sa femme qui veut déménager à tout prix et se lance dans une carrière politique tout à fait contraire aux ambitions de sa femme. Il se comporte à la fois comme un héros, un hypocrite et un lâche puisqu’il laisse l’éducation des enfants et le ménage à sa femme et n’arrivera même pas à écouter son fils dans un moment critique. Cependant, cette faiblesse le rend aussi humain et j’ai vibré avec ce personnage faible qui finalement nous représente tous d’une manière ou d’une autre.

Bref, une révélation, tout simplement.

La réelle hauteur des hommes de Jo Ann Von Haff

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J’ai des sentiments mitigés envers ce roman. J’adore le style de l’auteure, j’ai dévoré ce roman en quelques jours et il m’a amené en larmes dans quelques scènes. Cependant, il me manquait quelque chose pour vraiment apprécier.

Je n’ai pas réussi à m’identifier et à sympathiser avec les deux personnages que je trouvais trop extrêmes dans leur comportement avec d’un côté Mel, la femme très enjouée et Littlejohn, le personnage très sombre. Littlejohn reste très secret sur lui et refuse de se dévoiler pendant longtemps pour voir Mel puis par la suite et cela m’a un peu agacée. J’avais envie de le secouer pour qu’il arrête de gémir et de se plaindre. Quant à Mel, malgré l’optimisme sans faille qu’elle témoigne, reste toujours très en retrait et le final du roman confirme la tendance de Mel à se sous-estimer et à rester dans l’obscurité contrairement aux efforts de Littlejohn dans le sens inverse.

La romance est assez saccadée, on voit pour une fois une romance établie prendre place avec son lot de mésaventures et de conflits ce qui est assez original. Cependant, le couple reste dans les mêmes schémas avec Mel qui essaie de provoquer Littlejohn et ce dernier qui s’enfuit. Aussi crédible que cela puisse paraître, j’étais gênée car la romance demande aussi un peu d’espoir et de romantisme plus que de réalisme.

J’ai apprécié la romance mais je suis restée très éloignée des personnages donc une lecture en demi-teinte pour moi.

Le cercle félin T1 de Suzanne Roy

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Je voulais vraiment aimer ce roman, j’avais de grands a priori positifs dessus et j’adore en général la littérature de vampire (et autres créatures) jeunesse. Malheureusement, je n’ai pas réussi à adhérer à ce livre pour plusieurs raisons.

Tout d’abord,  le personnage d’Alex, celui qui est vu comme à la fois amoureux d’Isabelle et violent n’est absolument pas développé. Tout le monde avertit Isabelle à propos de ce personnage mais Alex lui-même reste un stéréotype de « mauvais garçon ». A aucun moment l’auteur ne cherche à approfondir ce personnage et à lui donner des qualités ou défauts autres que clichés. Bref, c’est le méchant de l’histoire.

Maintenant passons aux gentils. On se retrouve devant l’affrontement entre un clan méchant (où les femmes sont maltraités) et un clan de gentils où elles sont vues comme égales. Cependant, Isabelle est dévalorisée dans tout le roman, vue comme idiote et insultée par le camp des gentils qui, sans jamais rien lui dire de l’histoire principale, pense qu’elle se doit d’obéir au camp des gentils par principe, par obligation. Sans jamais se remettre en question. On a donc des gentils qui lui mentent, qui oublient des parties de l’histoire et la pauvre Isabelle se retrouve entre les deux camps complètement paumée ce qui est compréhensible. J’ai trouvé exagéré le côté « il faut respecter les femmes mais on peut traiter Isabelle en inférieur et lui exiger l’obéissance ».

Bref, je n’ai pas du tout été emballée par cette histoire, ce que je regrette beaucoup.

Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner

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J’ai un arrière goût amer de ce roman pour plusieurs raisons. Le roman traite d’une femme qui, après s’être mariée et avoir eu un enfant, décide de prendre sa vie en main seule et de s’émanciper.

Le livre est écrit à la deuxième personne ce qui éloigne le lecteur du personnage principal qui reste ambiguë et difficile à comprendre. De plus, le personnage est présenté comme une femme qui devient enfin libre et s’échappe du monde patriarcal oppressant dans lequel elle vit. Cependant, on nous présente une femme qui violente son enfant, s’échappe du domicile familial pour donner des leçons de vie aux autres et se montre d’une arrogance et d’une brutalité assez étonnante. J’avais cette impression dérangeante que sous un prétexte d’émancipation, l’autrice nous montrait finalement les ravages de ces « femmes libérées » qui ont oublié tout sens moral et qui se montre d’une cruauté assez ignoble. Bref, j’étais très mal à l’aise face au protagoniste et malgré un style assez rapide à lire, j’ai trouvé le roman trop cynique pour me projeter dedans. L’équivalence entre brutaliser son enfant et s’affirmer dans sa féminité m’a perturbée hautement.

Finalement, il s’agit d’un court roman très cynique et noir qu’il faut lire avec beaucoup de recul. Je remercie la plateforme Simplement Pro et les éditions Fayard pour cette découverte étonnante.

 

 

Le triangle d’incertitude de Pierre Brunet

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J’ai commencé à lire ce livre dans l’espoir d’en apprendre plus sur le génocide du Rwanda du côté français. Dans les témoignages des survivants que j’ai lu, on sent une rancœur envers la France que les Rwandais rendent responsables. Mais qu’en est-il des soldats français?

On suit l’histoire d’un soldat qui rentre dans sa famille après le génocide et qui doit réapprendre à vivre après avoir vu des horreurs. Certains passages qui évoquent ces événements sont très éprouvants émotionnellement. J’étais au bord des larmes lorsque l’auteur nous présente Étienne et ce qu’il a traversé au Rwanda. Devant tant de massacres, l’auteur nous montre l’inimaginable.

Cependant, contrairement à mes espérances, l’attention du roman ne se place pas vers les événements historiques au Rwanda mais plutôt la difficulté du soldat avec Isabelle, sa femme, et ses enfants. A ce niveau, j’ai eu du mal à sympathiser avec ce soldat qui trompe allégrement sa femme, sort le soir et semble assez indifférent au sort de ces enfants et à la souffrance d’Isabelle. Il ne montre aucun effort pour essayer de se réintégrer et j’étais plus sensible aux efforts de sa femme pour se réconcilier avec lui.

De plus, le vocabulaire maritime m’a refroidi complètement. Je n’ai pas vraiment compris et j’ai passé en diagonale tous les endroits qui utilisaient ce vocabulaire technique peu compréhensible pour les néophytes.

Bref, j’étais un peu déçue par ce roman en demi-teinte, incroyable dans ces descriptions historiques et finalement ennuyeux et machiste du côté de son retour. Je remercie tout de même la plateforme Simplement Pro et les éditions Calmann-Lévy pour ce roman.

Contact de Carl Sagan

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Pour aller assez vite, j’ai détesté ce livre. C’est l’histoire d’une astrophysicienne américaine qui, en cherchant un signal extraterrestre, trouve et décode avec l’aide d’autres pays, un message à propos d’une machine à construire. Le domaine de la « hard SF » rend le roman plus réaliste et d’un rythme assez lent. J’ai pris trois semaines à finir ce bouquin de plusieurs centaines de pages et il m’a semblé interminable.

Pour quelles raisons? Tout d’abord, le livre cherche à donner un côté scientifique aussi réaliste que possible (je suis moi-même scientifique de formation) donc on n’aura pas ni super-pouvoirs ni message en clair avec voyage à l’appui intersidéral. Pour cela, les héros devront décoder les nombres premiers et les signaux radios avec la technologie actuelle ce qui prend un grand nombre d’années. Cependant, cette recherche de réalisme scientifique va permettre à l’auteur de donner une bonne part au côté géopolitique et religieux du message.

En effet, les différents pays doivent s’accorder ensemble pour construire cette machine et étonnamment, l’auteur donne une belle image de paix puisque les pays vont tous travailler ensemble sans trop se bagarrer entre eux. De plus, on a une belle poignée de religieux éclairés qui vont discuter avec les scientifiques sur la provenance du message, l’importance ou non de l’origine du message (Dieu? le Diable?) et la création de la machine.

L’auteur ne lésine pas non plus sur la vie personnelle de son héroïne qui pour une fois dans le genre, est une femme. Elle doit à la fois faire face à sa vie amoureuse inexistante, au machisme de ses collègues et à sa vie familiale qu’elle néglige finalement dans une quête pour la science.

Bref, ce roman est à la fois bien écrit et intelligent à plusieurs niveaux. Pourquoi est-ce que je ne l’ai pas aimé? Tout simplement car les thèmes de la géopolitique et de la religion ne m’intéressent pas et l’excursion dans un genre m’a convaincue que je n’étais pas le public idéal. En somme, un excellent roman pour les fans de la hard SF, dont je ne fais pas partie.