La Perte de Suzanne Roy

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J’ai un avis mitigé à propos de ce livre alors je vais commencer par les aspects négatifs et les plus dérangeants de mon point de vue. Tout d’abord, la famille d’Alex arrive avec les meilleurs intentions du monde après la mort de ce dernier mais se permet d’être autoritaire envers la fiancée d’Alex. Ils veulent garder l’enfant de Charlotte et essaie de contrôler sa vie. Même si l’auteure essaie de montrer les bonnes intentions de cette famille, cela m’a mise très mal à l’aise.

De plus, le frère d’Alex, Carl, va parler dans un français exécrable pendant la majorité du livre « Toi good? », il n’arrête de dire des phrases mélangeant les deux langues et même s’il est anglais, ce pseudo-français haché avec de l’anglais m’a empêchée d’apprécier ce personnage. J’aurais préféré que Carl et Charlotte se parlent en anglais avec la traduction en français de leurs dialogues plutôt que ce mélange insupportable de langues.Cela rend la romance difficile à apprécier puisque j’avais plutôt envie de frapper Carl que de le trouver mignon.

Troisième problème, on a l’impression que la famille d’Alex trouve anormal que Charlotte travaille et essaie de maintenir son indépendance financière. Si Charlotte fait beaucoup d’efforts pour comprendre la famille d’Alex, la contrepartie n’est jamais vraie et le livre donne l’impression grinçante qu’une femme devrait préférer se faire entretenir si elle peut avoir ce choix. Probablement pas l’avis de l’auteure mais j’avoue avoir gardé un arrière goût amer des conclusions de cet ouvrage.

Finalement, le style reste incroyable et le livre se lit très rapidement (quelques heures la nuit sous la couette). Dès que j’ai commencé le livre, je n’ai pas pu m’empêcher de le finir le plus vite possible. Bref, si le sujet me dérange ainsi que les idées sous-jacentes, le livre se lit avec une vitesse incroyable et traite du deuil et de sujets rarement abordés en littérature sans spoiler bien sûr.

Revue Saint Ambroise n°36

La revue Saint Ambroise est consacrée à mettre en valeur des nouvelles depuis 1999. Le numéro 36 de la revue a comme thème L’Amérique et les nouvelles présentées viennent tous du continent américain en général (allant du Canada au Chili en passant par le Mexique).

Concernant les nouvelles présentées, il y en a pour tous les goûts avec une préférence pour le genre réaliste mais des passages vers le fantastique très réussie. Je vais présenter tout d’abord mes trois nouvelles préférées dans cette revue :

Les dimensions d’une ombre de Alice Munro (Canada)

Cette nouvelle traite l’histoire d’une romance entre une femme âgée et un jeune étudiant. Elle est douce, mélancolique et la fin rend l’histoire encore plus poignante. Il s’agit de mon coup de cœur dans la revue en même temps que la première nouvelle. C’est une nouvelle fantastique qui captive par un style élégant.

Sensini de Roberto Bolano (Chili)

Il n’est pas très courant de lire des auteurs d’Amérique latine, peu traduits pour la plupart à part les plus connus comme Isabel Allende. Cette nouvelle m’a touchée car me décrivant moi-même comme écrivain, je me suis identifiée au personnage principal qui participe à des concours de nouvelles. Il s’agit d’une amitié entre deux romanciers, d’une critique des concours de nouvelles (ironique quand on sait que cela paraît dans une revue) et d’une romance inavouée. Le narrateur est particulièrement émouvant avec sa fixation amoureuse.

L’amant de ma mère de Rafael Gumucio (Chili)

Voilà une nouvelle où j’ai adoré l’enfant, adoré l’intrigue et adoré la manière dont elle était tournée. Il s’agit au début d’une histoire banale d’une mère abandonnée par un homme et de son fils qui va chercher le coupable pour le ramener à sa mère. Et au lieu d’aller dans les clichés après un début aussi conventionnel, l’auteur a le courage de développer ses personnages et de rendre l’homme presque sympathique. La fin est parfaite et laisse une impression d’interrogation pour le lecteur qui doit réfléchir à une situation qui paraissait évidente au début.

En ce qui concerne les autres nouvelles, je voudrais saluer L’œil de la nuit de Karla Suarez (Cuba), une nouvelle à l’allure de Hitchcock avec une femme qui espionne à travers la fenêtre et par ce simple regard sur la vie d’un autre, arrive à remettre en question sa propre vie, une nouvelle à la fois simple et prenante puisqu’elle n’amène pas là où le lecteur voulait. Quant à Quelques jours à la plage de Ana Maria Shua (Argentine), cette nouvelle agréable sur des vieilles dames redonne le sourire.

J’ai trouvé quelques nouvelles un peu confuses (Dans le cimetière où Al Jolson était enterré, L’enfant), d’autres trop vulgaires à mon goût (Une espagnole quand ça embrasse, La dernière lettre d’Artaud).

Pour le reste, j’ai adoré découvrir des nouvelles d’une culture américaine trop souvent méconnue et trop souvent assimilée à la culture venant exclusivement des Etats Unis et je voudrais remercier la Revue Saint Ambroise pour m’avoir donné la chance de lire ce numéro.

Parce que c’est toi de Chloé Duval

Avis

Je souhaite d’abord remercier les éditions Milady et l’auteur Chloé Duval pour m’avoir donné ce livre comme service presse et pour m’avoir ainsi fait découvrir le Canada et le monde de l’auteur.

Il s’agit d’une romance assez légère, entre Claire et Théo. Les deux se rencontrent au cours d’une sorte de chasse au  trésor (géocaching), sous l’impulsion de leurs meilleurs amis communs. Tous les deux ont eu le cœur brisé et refusent de se laisser entraîner par l’amour de nouveau. Et les deux vivent sur deux continents différents. Pourtant, après un coup de foudre immédiat, que faire?

Pour la petite anecdote, mon prénom est Claire et je me suis tout de suite identifiée avec Claire. J’ai même admiré cette Claire, qui n’hésite pas une seule seconde à se battre pour son amour, qui fait de son mieux pour régler ses difficultés, et qui en amour, réagit de manière bien plus sensée et courageuse que je n’ai jamais fait dans ma vie. Une Claire qui serait presque mon modèle tant elle est sincère et honnête dans ce qu’elle ressent. Et on comprend facilement ce que Théo et Nicolas (le classique meilleur ami amoureux) lui trouvent.

J’ai dévoré ce roman dans le train durant les quelques heures de voyage, il respire la bonne humeur, la joie et la passion pour la photographie (pour Théo) et le Canada dans le cas de Claire. J’ai aussi laissé échapper quelques larmes devant la douleur non exprimée des deux personnages qui gardent leur dignité dans tous les moments, sans se morfondre ni rester de marbre.

En bref, une romance coup de cœur, qui donne envie de se plonger dans le tome 2 qui se prépare.

Shenzhen de Guy Delisle

Avis

Difficile de commenter ce livre, il s’agit d’un récit sur le voyage en Chine de l’auteur et pendant tout ce voyage, l’auteur insiste sur la monotonie de ses journées, sur le fait que que les chambres d’hôtels sont impersonnelles et sur son incompréhension permanente. Je lis assez rapidement les BDs en général et cette bande dessinée ne constitue pas une exception mais j’étais quand même bien frustrée. Je m’attendais à plus de tentatives de sa part de comprendre les coutumes chinoises et à plus de ressentis sur la différence entre les cultures et on passe trop de temps à le voir seul ou à le voir bien désœuvré à expliquer à quel point il s’ennuie. Et dans un sens, son ennui est plutôt bien transcrit puisque j’ai trouvé ce livre assez terne et longuet. Il ne raconte que peu de choses et même si son voyage à lui s’est passé sans événements à raconter, j’ai trouvé le récit pesant.

Bref, une déception et l’impression que l’auteur n’avait pas grand chose à dire.