Ring shout de P. Djèlí Clark

Je ne m’attendais à rien de particulier étant donné que je suis particulièrement nulle en histoire et que je connais très peu le contexte du Ku Klux Klan et du racisme aux États-Unis mais ce livre est très clairement assez marquant. Il s’agit d’un livre qui prend comme point de départ un contexte de racisme existant, des traditions noires également historiques et part dans une histoire de fantasy urbaine avec des guerrières noires qui vont se battre contre des monstres blancs qui se laissent détruire par du racisme. Et tout ça dans une histoire particulièrement intelligente où l’auteur va imposer ses héroïnes noires avec leurs défauts, leurs particularités et leur propre caractère.

On entre dans un monde parallèle, une histoire que je ne trouve nulle part dans mes histoires habituelles et cela étonne, provoque et trouble un lecteur occidental qui n’a pas l’habitude de ces traditions. Cependant, j’ai regretté d’être aussi peu informé sur le contexte américain qui ne me permettait pas d’apprécier l’ironie et les allusions à des événements réels et je me suis juste retrouvée devant une histoire complètement décalée qui m’a troublée et qui ne laisse pas indifférente.

Bref, je n’oserais pas dire que j’ai aimé ou détesté, je pense qu’il faut se faire sa propre opinion.

Les trépidantes mésaventures d’un américain en France de Sébastian Marx

J’avais déjà vu son spectacle et je connaissais globalement son humour qui m’avait fait beaucoup rire à l’époque. Au début, j’étais un peu déçue de me retrouver devant les mêmes blagues, les mêmes clichés et finalement une redite de tous ses spectacles. Pourtant, vers le milieu du livre, je dois avouer que le format lui permet de mieux élaborer sur sa vie et sur ses différentes mésaventures dans l’univers français.

Si les passages sur l’administration française m’ont fait mourir de rire, je suis restée globalement de marbre sur d’autres sujets comme le judaïsme ou la parentalité en général. L’auteur n’hésite pas à se dévoiler et à se mettre en difficultés sur de nombreux sujets et j’avoue qu’au final, cela m’a touchée même si je n’ai pas été réceptive totalement à son humour un peu potache.

Bref, un livre à lire quand on n’a pas le moral car il y a de l’humour pour tous les goûts dedans.

Femme! de Natalie Angier

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Cet essai m’a été recommandé par mon copain et pour de bonnes raisons. Il s’agit d’un bouquin qui parle de tous les attributs sexuels féminins, comme les seins, le clitoris ou autres,  et de tout ce que les gens (surtout les femmes) ignorent ou croient.

J’avoue que j’ai beaucoup appris, et c’est rafraîchissant de mettre un terme à tous les clichés environnants et d’avoir un livre entier consacré à tout ce qui est, en général passé sous le tapis. Le livre est globalement écrit sous un point de vue biologiste et j’avoue que les spécificités ne m’ont pas toujours intéressés (la biologie n’étant pas mon point fort) mais le livre arrive à partir d’exemples précis et de questionnements sur les pseudos-évidences à construire une identité communautaire de femmes. Que même les hommes peuvent apprécier d’après témoignage personnel.

Bref, un joli essai qui donne des bases scientifiques sur des revendications féminines.

Colocataires de Danielle Steel

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(312 pages)

Avis

J’ai commencé ce livre en pensant que c’était une romance et en cherchant le couple d’amoureux. Contrairement à ce que la couverture bien rouge laisse présumer, le roman commence par une séparation et Francesca qui loue à des étrangers la maison qu’elle partageait avec son compagnon. Le style de Danielle Steel, comme toujours, est agréable et simple. Le livre se lit de manière fluide mais les situations restent très clichés. On a la colocataire qui aime les rencontres en ligne et comme par hasard, elle se retrouve dans des relations abusives. A part Eileeen qui finit mal, les autres colocataires vont tous se retrouver heureux et en couple à la fin du roman.

J’avais l’impression que les personnages n’étaient pas assez creusés, il s’agit surtout d’un roman qui se lit vite et s’oublie assez vite. J’ai apprécié le livre mais sans plus. La partie avec la femme de Chris est un peu répétitive, j’ai trouve le livre trop superficiel en général.

Seul sur Mars de Andy Weir

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Avis

Voici un roman que j’ai trouvé très difficile à lire et qui m’a pris beaucoup de temps. Au demeurant, l’histoire a l’air sympathique. Un homme se retrouve coincé sur Mars et doit survivre plusieurs mois. Pour être honnête, je ne suis pas fan des histoires type Robinson Crusoé mais j’étais prête à me laisser convaincre. La conclusion est que j’ai vraiment du mal à adhérer à ce genre d’histoires. Les parties les plus prenantes étaient les alternances entre le point de vue de Mark, le cosmonaute perdu et les discussions entre les différents employés de la NASA. Dès que d’autres personnages se sont manifestés, j’ai pris plus de plaisir à voir les employés cherchaient à sauver Mark, se battre contre l’administration politique, contre les journalistes, contre les susceptibilités de chacun pour se mettre ensemble et essayer de trouver une solution.

Mark n’est pas forcément antipathique, l’auteur a essayé de le rendre drôle à sa manière mais devoir passer autant de jours sur Mars avec lui n’est pas facile. Le style d’écriture est très technique et devient très vite horripilant, alors que Mark essaie des fois de faire des blagues pas drôles. J’ai eu l’impression que le personnage principal n’avait pas d’émotions et qu’il était difficile d’éprouver de l’empathie pour lui. Au bout d’une centaine de pages, sa survie me laissait complètement indifférente et il aurait pu vivre ou mourir que ça ne m’aurait pas dérangée. A ce niveau là, je trouve que, en dehors de ce cosmonaute de l’extrême, les autres personnages en dehors, qu’on voit bien moins souvent, ont des réactions plus réalistes et provoquent une émotion plus crédible.

Bref, un long roman  qui m’a laissée perplexe.

Allô, Dr Laura de Nicole J. Georges

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Avis

C’est l’histoire d’une jeune fille lesbienne qui raconte son histoire d’amour avec Radar, son groupe de musique et la relation ratée qu’elle a avec sa mère. Je partais sans aucun a priori, j’avais même oublié le sujet de la BD et j’étais prête à m’embarquer dans l’aventure sans repères. J’ai commencé à lire cette BD après minuit et je l’ai fini en une traite, en à peine une demi-heure.

Je me suis plongée dans l’histoire et j’ai eu un gros coup de cœur. L’héroïne est drôle, amusante et toujours de bonne humeur. Les relations amoureuses sont traitées avec beaucoup de sensibilité et cette BD rappelle une certaine nostalgie et une ambiance de la jeunesse. Elle m’a ramenée quinze ans en arrière et j’ai apprécié le côté très dynamique des flashbacks. L’auteure choisit de raconter des périodes courtes qui racontent chacun une partie de la vie de l’héroïne ce qui rend la BD très rapide à lire et très agréable.

En conclusion, j’ai adoré le sujet, j’ai adoré l’héroïne et son caractère, j’ai adoré la mise en page donc c’est une réussite totale.

Convoitise (Anges déchus T1)

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(545 pages, Covet)

Avis

Je n’avais aucun a priori avant de commencer ce roman, je ne connaissais pas du tout l’auteure et je n’avais lu aucun de ses romans. Le début était un peu confus avec les histoires d’anges et de démons expliquées très rapidement, les points de vue des personnages alternant rapidement sans nous laisser la possibilité de discerner réellement chacun des personnages. Et puis petit à petit, à mesure que l’histoire se met en place et que j’ai commencé à apprécier les différents personnages, je me suis laissée happer par l’histoire. J’ai dévoré le bouquin en quelques jours, voulant absolument connaître la fin de l’intrigue.

J’ai aussi apprécié le soin apporté à l’intrigue sur les anges et démons. Même si l’auteure ne nous dévoile pas tout, on a l’impression qu’elle maîtrise son sujet et que le dévoilement viendra en temps voulu. J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que chaque tome se lise séparément et qu’on ait pas un cliffhanger artificiel à la fin.

Il s’agit d’une lecture divertissante, une lecture qu’on commence à 20 heures et qu’on finit tard dans la nuit, d’une lecture sans prise de tête. Une bouffée d’air frais dans ma vie. Même si j’oublierais vite ce roman, j’ai passé un bon moment à ses côtés.

Une bouffée de mort de Asimov

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(221 pages, A wiff of death)

Avis

Un meurtre dans un laboratoire de chimie, voilà une intrigue intéressante! En tant que doctorante dans une salle blanche c’est-à-dire manipulant tout un tas de produits chimiques dangereux et en tant que scientifique me lançant sur une voie de recherche, l’histoire m’a tout de suite enthousiasmée. Ce n’est pas courant de lire des histoires avec des gens de mon entourage comme héros et encore moins de la part de personnes se connaissant dans le domaine.

J’ai eu le plaisir de voir Isaac Asimov décrire le quotidien des chercheurs et des enseignants chercheurs, j’ai même eu le plaisir d’apprendre les différences de statut entre les États-Unis et la France dans ce domaine. Ainsi que les nombreuses similarités comme le fait que c’est difficile d’obtenir un poste de CDI, les salaires bas et autres joyeusetés du même genre.

En ce qui concerne l’intrigue en elle-même, j’avoue que les personnages m’ont un peu déçue mais comme toujours dans les romans d’Asimov. Je trouve que les psychologies des personnages sont pas toujours convaincante surtout en ce qui concerne l’aspect féminin. La femme du chercheur Brade est très inconsistante dans son portrait au fil de l’histoire, elle commence par mettre énormément de pression sur son mari pour finalement arrêter de lui en vouloir au moment même où son mari est près de perdre son boulot. Le revirement de son comportement n’est pas vraiment expliqué. Le personnage de la copine du mort ne m’a pas non plus convaincue. Quant à l’intrigue elle-même, le dénouement m’a laissée un peu froide.

Je retiens surtout de ce roman l’idée de base, la formation scientifique très appréciable qui se ressent dans le roman et le milieu de la recherche qu’on ne voit pas souvent dans la littérature.

 

Fashionably dead de Robyn Peterman

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Avis

Je suis très partagée par ce roman. Il commence comme un roman classique de vampires où l’héroïne se retrouve un jour transformée en vampire sans son consentement et même sans souvenir de l’événement. Elle va rencontrer des anges, des fées, des démons, et tout un attirail de créatures fantastiques. Il s’agit d’une héroïne amusante, dynamique, et le roman est écrit avec un style humoristique délicieux. J’ai adoré le début avec une saveur absolument incroyable. J’étais conquise assez rapidement et prête à tout dévorer en un jour.

Mais… lorsque notre audacieuse vampire avec des pouvoirs incroyables rencontre l’homme de sa vie, le fameux Prince Eric, on assiste à une régression totale du roman. On passe d’une héroïne drôle, amusante, sexy, puissante, destinée à conquérir et sauver le monde à une potiche qui reste à la maison parce que c’est trop dangereux de sortir seule, qui accepte de se laisser guider et trouve normal qu’Eric ne lui laisse aucune liberté, et finalement dont l’accomplissement le plus incroyable est d’enfanter un bébé. On revient dans les années de la femme faible et fragile prête à se laisser sauver par un homme. Et la fin énervante montre cette héroïne surpuissante dont l’atout fragile, le bébé, l’empêche de triompher. J’ajoute que je déteste les fins ouvertes qui obligent et manipulent pour acheter le tome suivant.

Au bout du compte, je suis partagée entre un début absolument génial, un style très réussi et très drôle, une héroïne qu’on aime dès le début, un monde très imaginatif peuplé par des créatures diverses, et une fin qui laisse penser que la place de la femme reste à la maison à faire des bébés.

En bref, un avis mitigé sur un roman à la fois génial et qui a réussi à m’énerver sur certains points.

Wait for you de Lynn

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******SPOILER ALERT *****

Avis

J’ai détesté ce roman, il représente tous les clichés existants sur le thème de la romance à l’université: on a la jeune femme vierge qui n’a aucune expérience ET qui s’est faite violée (n’oublions pas qu’elle est vierge quand même, c’est important d’avoir une héroïne pure…), le meilleur ami gay qui veut se taper tout ce qui bouge, la fille hystérique rivale qui a juste envie de piquer le mec de l’héroïne, bref, un cocktail explosif.

En réalité, j’étais très énervée contre ce roman pour une bonne raison: au début, l’héroïne déclare n’avoir aucun intérêt amoureux ou sexuel à un garçon et ce garçon non seulement ne respecte pas ce choix mais va jusqu’à la harceler pendant des mois avant qu’elle accepte de sortir avec lui. Il vient chez elle tous les samedis matins et j’espère n’avoir pas été la seule à trouver ce comportement franchement inacceptable. Tu ne harcèles pas une fille pour qu’elle te donne un rendez-vous si tu la respectes un minimum. Pire, ce prétendu canon n’arrête pas d’expliquer à quel point il est merveilleux et si son comportement est prétendument normal pour tous les protagonistes, j’étais à deux doigts de frapper ce Cameron si parfait qu’il est capable de suivre une fille à la trace, et de faire pression sur elle pour qu’elle sorte avec lui ce qui est inadmissible.

Quant au viol, il a été traité de manière vraiment cavalière, on insiste bien sur le fait que la protagoniste est restée vierge parce que sinon, ce serait vraiment terrible pour une jeune fille dans la vingtaine de ne plus avoir sa virginité. Pire que ça, Cameron peut coucher avec des filles sans problèmes, il s’agit d’un gentleman et c’est normal pour un homme alors que Steph, qui est intéressée sexuellement à son égard, est une horrible personne qui devrait avoir honte. Sinon, toutes les filles du roman sont soit violées soit frappées par leur copain et les mecs sont les bagarreurs. Classique misogynie et j’avoue que j’étais très gênée par les discours sans doute pas intentionnels dans le roman.

J’ai aussi un autre problème avec ce roman: Avery se montre assez dure et méchante avec Cameron et la patience de Cameron (ainsi que son insistance à vouloir sortir avec elle) est montrée comme une vertu qui fait de lui l’homme idéal. NON, s’il veut juste coucher avec elle (ce qui n’est pas le cas dans la suite), cela n’est pas charmant et sinon, Avery a clairement un problème et son attitude est assez moche. Je ne comprends même pas comment ils arrivent à se rapprocher alors qu’Avery fait tout pour le repousser et ne se donne même pas la peine d’être polie.

En bref, un roman qui m’a énervée et que je n’ai pas apprécié.

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