Ring shout de P. Djèlí Clark

Je ne m’attendais à rien de particulier étant donné que je suis particulièrement nulle en histoire et que je connais très peu le contexte du Ku Klux Klan et du racisme aux États-Unis mais ce livre est très clairement assez marquant. Il s’agit d’un livre qui prend comme point de départ un contexte de racisme existant, des traditions noires également historiques et part dans une histoire de fantasy urbaine avec des guerrières noires qui vont se battre contre des monstres blancs qui se laissent détruire par du racisme. Et tout ça dans une histoire particulièrement intelligente où l’auteur va imposer ses héroïnes noires avec leurs défauts, leurs particularités et leur propre caractère.

On entre dans un monde parallèle, une histoire que je ne trouve nulle part dans mes histoires habituelles et cela étonne, provoque et trouble un lecteur occidental qui n’a pas l’habitude de ces traditions. Cependant, j’ai regretté d’être aussi peu informé sur le contexte américain qui ne me permettait pas d’apprécier l’ironie et les allusions à des événements réels et je me suis juste retrouvée devant une histoire complètement décalée qui m’a troublée et qui ne laisse pas indifférente.

Bref, je n’oserais pas dire que j’ai aimé ou détesté, je pense qu’il faut se faire sa propre opinion.

Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges

Le livre est très clairement ciblé pour des écoliers (il s’agit explicitement d’un livre écrit pour le nouveau bac) et enrichi pour pouvoir en faire un manuel scolaire. Par rapport au texte proprement dit de la déclaration, elle ne fait que 8 pages même si le postambule est un peu plus long.

Certes, il s’agit d’un texte fondamental et je n’ai même pas regardé la version numérique qui propose de nombreux suppléments et de nombreux mises en perspective. Cependant, n’étant pas dans un contexte scolaire stimulant qui aurait permis peut-être de mieux cerner l’approche historique, j’ai juste trouvé le texte très court et finalement assez proche de la déclaration des droits de l’homme et cela m’a laissée totalement de marbre.

Bref, pour une lecture aussi fondamentale, je suis un peu déçue d’avoir raté quelque chose, j’aurais probablement dû me tourner vers un livre moins académique (même s’il s’agissait d’un cadeau) pour apprécier ce type de textes et je ne le conseille absolument pas pour ceux qui ne sont pas dans un contexte de passage d’examens.

Derrière chaque grande femme se cache un chat de Lulu Mayo

Le livre a une couverture magnifique avec des bordures dorées et c’est un livre qu’on apprécie de garder dans sa bibliothèque. Les illustrations sont absolument sublimes et il y a également de nombreuses citations en plus des biographies et des illustrations.

Si les biographies sont très peu fournies, ce livre prend un point de vue inhabituel et reste très amusant même s’il faudra creuser avec d’autres livres pour les femmes évoquées, ce qui n’est pas pour me déplaire non plus. Je pense que le point fort se situe dans les images plutôt que dans le texte. J’aime également le fait que ces femmes viennent de nombreux pays et on ne se focalise pas uniquement sur des femmes blanches du monde occidental.

Bref, un livre à garder pour les magnifiques illustrations et pour la beauté de la couverture.

Le féminisme de Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu

Il s’agit d’un tout petit essai très rapide à lire concernant le féminisme. Il est avant tout destiné à des gens novices qui n’y connaissent absolument rien ou des jeunes enfants qui veulent découvrir et s’instruire. Si la lecture est fluide et agréable, je dois avouer que j’ai été un brin déçue car je n’ai rien appris de neuf sur ce sujet, étant donné que je suis déjà informée sur le sujet.

Bref, une petite déception de mon côté même si ça plaira au public concerné.

Le génie lesbien d’Alice Coffin

Alice Coffin, journaliste militante féministe, a écrit un essai sur le journalisme et l’activisme en France. Cet essai est super intéressant sur pas mal de plans. Elle fait un parallèle entre le journalisme aux États-Unis et celui en France et propose des réflexions intéressantes sur les raisons pour lesquelles les mouvements de type « Metoo » ont moins marqué la France que d’autres pays dans le monde.

J’ai beaucoup apprécié sa réflexion autour de l’activisme et de la représentation en politique et en journalisme ainsi que de l’importance de ces deux aspects. C’est un essai qui fait réfléchir et permet de relativiser l’approche classique française.

Bref, cet essai propose un point de vue différent et une étude sur les aspects spécifiques en France intéressants.

Chroniques altermondialistes de Starhawk

J’avais entendu parler de cette autrice par rapport à son lien avec l’écoféminisme. Ce livre raconte comment l’autrice et journaliste a vécu les différents mouvements auxquels elle a participé pour bloquer les grands sommets de type G8 et autres sommets économiques et politiques. Le livre traite de répression policière assez violente et de sa manière non violente de lutter pour rester aussi efficace que possible.

Si la journaliste a un courage assez inouïe et qu’elle n’hésite pas à se mêler à la foule même dans des contextes assez violents et agressifs, le livre laisse un goût amer car finalement, on reste assez impuissant devant tous ces enjeux planétaires économiques et politiques si on est pas prêts, comme la journaliste, à payer de notre personne pour se battre.

Bref, un bel hommage de lutte pacifiste qui inclut des réflexions sur la manière de gérer les luttes et leur impact réel mais je le trouve trop éloigné de la vie de beaucoup de gens pour avoir un impact sur les lecteurs.

Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner

35966106

J’ai un arrière goût amer de ce roman pour plusieurs raisons. Le roman traite d’une femme qui, après s’être mariée et avoir eu un enfant, décide de prendre sa vie en main seule et de s’émanciper.

Le livre est écrit à la deuxième personne ce qui éloigne le lecteur du personnage principal qui reste ambiguë et difficile à comprendre. De plus, le personnage est présenté comme une femme qui devient enfin libre et s’échappe du monde patriarcal oppressant dans lequel elle vit. Cependant, on nous présente une femme qui violente son enfant, s’échappe du domicile familial pour donner des leçons de vie aux autres et se montre d’une arrogance et d’une brutalité assez étonnante. J’avais cette impression dérangeante que sous un prétexte d’émancipation, l’autrice nous montrait finalement les ravages de ces « femmes libérées » qui ont oublié tout sens moral et qui se montre d’une cruauté assez ignoble. Bref, j’étais très mal à l’aise face au protagoniste et malgré un style assez rapide à lire, j’ai trouvé le roman trop cynique pour me projeter dedans. L’équivalence entre brutaliser son enfant et s’affirmer dans sa féminité m’a perturbée hautement.

Finalement, il s’agit d’un court roman très cynique et noir qu’il faut lire avec beaucoup de recul. Je remercie la plateforme Simplement Pro et les éditions Fayard pour cette découverte étonnante.

 

 

Femme! de Natalie Angier

97822210903501

Cet essai m’a été recommandé par mon copain et pour de bonnes raisons. Il s’agit d’un bouquin qui parle de tous les attributs sexuels féminins, comme les seins, le clitoris ou autres,  et de tout ce que les gens (surtout les femmes) ignorent ou croient.

J’avoue que j’ai beaucoup appris, et c’est rafraîchissant de mettre un terme à tous les clichés environnants et d’avoir un livre entier consacré à tout ce qui est, en général passé sous le tapis. Le livre est globalement écrit sous un point de vue biologiste et j’avoue que les spécificités ne m’ont pas toujours intéressés (la biologie n’étant pas mon point fort) mais le livre arrive à partir d’exemples précis et de questionnements sur les pseudos-évidences à construire une identité communautaire de femmes. Que même les hommes peuvent apprécier d’après témoignage personnel.

Bref, un joli essai qui donne des bases scientifiques sur des revendications féminines.

Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger

(The Devil wears Prada, 432p)

Avis

J’aime bien les romans de chick lit, cela permet de me détendre et d’apprécier un moment de relaxation avec des livres qui ne font pas trop réfléchir. J’apprécie Lauren Weisberger et surtout le bouquin Sexe, diamants et plus si affinités que j’avais lu et dont je me rappelle avec de bons souvenirs. Tout cela pour expliquer que j’aurais voulu apprécier ce roman, j’aurais voulu me plonger dans la vie d’Andy, la protagoniste, et souffrir avec elle, me dire que le monde de la mode est horrible, que sa boss est horrible, que personne ne comprend ce qu’elle vit et malheureusement, je n’y arrive pas.

Dès le début, la protagoniste m’a ennuyée, elle a une amie intelligente et amusante, un petit ami adorable et on a l’impression qu’elle est émerveillée et crédule devant tout. Je comprends qu’elle veuille trouver un job dès la fin de ses études mais nous répéter plusieurs fois comme une écervelée que ce qu’on lui propose est le boulot de ses rêves alors qu’elle ne connait pas du tout le journal dans lequel on lui propose de bosser… je trouve ça un peu léger de s’embarquer sans réfléchir.

Et même sans tenir compte de sa crédulité et de sa naïveté, même si je n’ai pas pu m’empêcher de sympathiser avec le fait qu’elle perd le sens de ce qui est important, j’ai eu plus de mal à cacher mon agacement sur le fait qu’elle trompe allègrement son copain avec le nouvel écrivain trop mignon qu’elle rencontre. Avec la fin du roman, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’elle avait bien mérité ce qui lui arrivait avec son égoïsme et son côté totalement détaché des autres. Forcément, quand on ne pense qu’à soi, on se prend les autres dans la figure.

Sinon, de manière plus positive, il n’y a pas à réfléchir et cela permet de déconnecter son esprit et de le laisser reposer dans les abimes donc c’est quand même utile.