Titaÿna : L’aventurière des années folles de Heimermann

Je ne connaissais pas cette femme qui a fait le tour du monde avant l’heure en utilisant les avions avant même que cela ne devienne un moyen de transport comme un autre.

Si l’héroïne du livre est réellement une femme assez impressionnante dont on se demande comment elle a pu être oubliée de l’Histoire aussi facilement, j’ai également de grosses réserves sur ce livre. La première et principale étant le style de l’auteur qui est ennuyeux à souhait ainsi que la manière dont il raconte des événements aussi exceptionnels avec un enthousiasme si peu crédible. J’avais l’impression que tout est écrit dans un style terne qui ne rend que peu de justice à l’extravagance du personnage évoqué. Finalement, l’antisémitisme flagrant de Titaÿna et la manière dont il est évoqué avec certes de la réserve mais beaucoup trop de légèreté pour moi m’a définitivement rendue ce livre insupportable à lire.

Bref, ce livre partait d’une bonne intention mais restera une déception au final.

Soie de Baricco

Mon professeur d’italien me l’avait conseillé et j’avais entendu beaucoup de bonnes critiques sur ce roman donc j’avais des attentes sans doute irréalistes. Toujours est-il que je j’étais plutôt déçue devant ce livre.

Il est court, trop court et se lit sans aucun doute assez rapidement. Il s’agit de l’histoire d’amour entre un homme français et une femme mystérieuse avec qui il ne parlera jamais. J’ai toujours eu du mal à trouver crédible ce genre d’histoires coup de foudre et littéralement, il ne se passe strictement rien entre eux. Cependant, le contexte historique est plutôt bien réfléchi et j’ai apprécié de découvrir l’histoire de la soie sous la forme d’un petit livre. Je ne m’attendais pas du tout à trouver cette histoire aussi passionnante et ça m’a donné envie d’en savoir plus.

Bref, une histoire d’amour survendue mais un contexte historique fascinant.

Le général dans son labyrinthe de Gabriel Garcia Marquez

En général, je n’aime pas du tout les romans historiques. J’ai tenté de passer outre cet a priori négatif pour me plonger dans l’histoire de l’Amérique Latine avec un auteur connu mondialement, en espérant en apprendre plus sur le général Bolivar de manière ludique et agréable.

Malheureusement, si le personnage du général est plutôt sympathique et a réussi à me motiver à finir ce livre, j’ai trouvé les péripéties historiques très complexes à comprendre. Tous les événements historiques sont amenés de manière très allusive au point que j’ai trouvé le roman très lent et j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans. Seule la personnalité atypique et forcenée du général a réussi à me provoquer un peu d’intérêt pour ce roman assez vite oubliable et oublié.

Suis-je trop réfractaire au genre historique pour apprécier? Probablement mais ce n’est pas ce roman qui va me faire changer d’avis en tout cas.

L’amie prodigieuse de Elena Ferrante

Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de cette série en bien, on me l’avait recommandée à de nombreuses reprises. J’ai enfin succombé à la mode et j’ai fini de lire le premier tome. Verdict ?

Mon avis est un peu complexe. L’histoire est assez intrigante, il est difficile de s’arrêter une fois commencée et l’intrigue retrace avec une belle écriture une ville de Naples pauvre et empreint de violence. Il n’y a pas de doute sur le fait qu’il s’agit d’un très beau roman. Cependant, il est également très dur à lire car il parle d’adolescents livrés à eux-mêmes, de sujets extrêmement durs de manière très frontale. Il ne faut pas le lire pour se distraire de la dure réalité.

Bref, un livre historique, des personnages saisissants, un paysage fort et une intrigue prenante.

Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud

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Ce livre traite de la guerre d’Algérie à travers un récit mi-autobiographique puisque Brigitte Giraud raconte l’histoire de son père qui a refusé de porter une arme lors de la guerre et sa mère, enceinte, qui a rejoint son mari en Algérie.

Même si j’ai pu assister à une rencontre avec l’autrice qui donnait envie de lire ce livre et donnait beaucoup d’éléments personnels pour le comprendre, j’ai détesté, à mon grand regret, le style du livre. Il s’agit d’un style très particulier, on dirait un résumé de roman, avec les faits bruts sans émotions. Chaque personnage est vu de l’extérieur de manière superficielle et si Oscar le malade et Antoine le père sont décrits avec une certaine épaisseur, la mère reste une figure fantôme, comme l’autrice n’était pas intéressée par la vie quotidienne de cette femme qui reste dans un pays d’hommes sans réussir à s’intégrer à l’histoire.

Bref, je n’ai ressenti aucune émotion pour ce livre froid et dur et j’étais très déçue par ce récit.

 

La femme de Beyrouth de Déborah Fotzé

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Ce roman traite d’un sujet peu abordé en France, l’histoire du Liban et en particulier la condition féminine dans ce pays.

Les personnages féminins sont assez forts et déterminés dans ce roman. On commence par suivre l’histoire de Siham, une jeune femme ambitieuse qui va s’élever dans la hiérarchie puis la suite avec ses enfants et sa famille. Siham est tout de suite assez sympathique. J’avoue avoir été choquée, surprise et même agréablement étonnée par l’autrice qui n’hésite à malmener ses personnages comme elle l’entend. Le choix de la narratrice dans ce contexte fonctionne et a réussi à me captiver pour connaître la suite de cette famille. J’ai adoré la fin et la manière dont cela permet de donner une conclusion au lecteur moins frustrante par rapport au début.

Je regrette cependant les longs développements historiques en parallèle du récit beaucoup plus dynamique de la famille de Siham. En effet, même si c’est intéressant de comprendre mieux le sujet de Liban à cette époque (à partir des années 40 environ), les textes sur l’histoire sont moins bien construits et moins agréables à lire. Il reste hélas quelques petites fautes qui gênent un peu.

Bref, des héroïnes captivantes dans un milieu de brutes, un lieu et une histoire méconnus qu’on aime à découvrir, c’est un livre sympathique. Je remercie beaucoup la plateforme Simplement Pro et Bookless éditions de m’avoir procuré ce livre.

Le triangle d’incertitude de Pierre Brunet

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J’ai commencé à lire ce livre dans l’espoir d’en apprendre plus sur le génocide du Rwanda du côté français. Dans les témoignages des survivants que j’ai lu, on sent une rancœur envers la France que les Rwandais rendent responsables. Mais qu’en est-il des soldats français?

On suit l’histoire d’un soldat qui rentre dans sa famille après le génocide et qui doit réapprendre à vivre après avoir vu des horreurs. Certains passages qui évoquent ces événements sont très éprouvants émotionnellement. J’étais au bord des larmes lorsque l’auteur nous présente Étienne et ce qu’il a traversé au Rwanda. Devant tant de massacres, l’auteur nous montre l’inimaginable.

Cependant, contrairement à mes espérances, l’attention du roman ne se place pas vers les événements historiques au Rwanda mais plutôt la difficulté du soldat avec Isabelle, sa femme, et ses enfants. A ce niveau, j’ai eu du mal à sympathiser avec ce soldat qui trompe allégrement sa femme, sort le soir et semble assez indifférent au sort de ces enfants et à la souffrance d’Isabelle. Il ne montre aucun effort pour essayer de se réintégrer et j’étais plus sensible aux efforts de sa femme pour se réconcilier avec lui.

De plus, le vocabulaire maritime m’a refroidi complètement. Je n’ai pas vraiment compris et j’ai passé en diagonale tous les endroits qui utilisaient ce vocabulaire technique peu compréhensible pour les néophytes.

Bref, j’étais un peu déçue par ce roman en demi-teinte, incroyable dans ces descriptions historiques et finalement ennuyeux et machiste du côté de son retour. Je remercie tout de même la plateforme Simplement Pro et les éditions Calmann-Lévy pour ce roman.

Renaissance de Pauline Cosson

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Et si les ancêtres historiques célèbres venaient hanter nos esprits? Et s’il existait une Charte des personnalités historiques qui s’étaient réincarnées?

Sur cette idée à la fois géniale et frissonnante, Pauline Cosson va proposer un livre qui montre comment les grands de l’époque comme Louis XIV, Napoléon, Marie Curie vont réagir à notre époque des réseaux sociaux et d’Internet. En tant qu’historienne peu convaincue et qui n’apprécie pas trop l’histoire, j’ai apprécié le fait que l’histoire reste fantasmée et que le roman ne passe pas trop de temps à disséquer la vie historique de ces personnalités. On sent la maîtrise historique sans avoir la biographie complète ce qui reste assez appréciable.

J’ai surtout adoré Hadrien, personnage complètement décalé de chanteur rock qui partage son esprit avec le roi Soleil et les deux forment une alliance à la fois improbable et amusante. La manière dont les événements se succèdent implacablement est addictive et j’ai fini assez rapidement le livre. La fin est jouissive par rapport au reste de l’intrigue, je trouve que l’enchaînement depuis la révélation de Louis XIV au peuple, sans trop spoiler l’intrigue, rend les événements d’autant plus excitants et fascinants, étonnamment réalistes par rapport à notre époque.

Je mettrais juste un petit bémol et un amusement: en tant qu’iranienne, j’ai apprécié le personnage d’Aliyeh, sa fascination pour Zarathustra et son personnage dynamique et intelligente. J’aurais cependant préféré la voir parler en iranien des fois (on voit de l’anglais dans le roman alors pourquoi pas de l’iranien pour des mots simples?). Et une autre plainte mineure, farsi signifie bien persan/iranien en iranien mais on ne dit pas en English, ou en español alors pourquoi dire farsi quand on veut dire persan?

Bref, malgré ces plaintes, je trouve qu’Aliyeh est une bouffée d’air frais dans tous ces personnages historiques.

Non seulement je remercie Pauline Cosson pour la dédicace, pour m’avoir envoyé son roman et je lui souhaite une grande carrière d’écrivaine avec le style incroyable qu’elle possède.

 

Les mots entre mes mains

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Ce livre nous raconte l’histoire d’une jeune servante, Helena, qui va rencontrer le philosophe Descartes aux Pays-Bas et l’histoire qui va se développer entre eux.

Dès le début, Helena m’a conquise, il s’agit d’une femme courageuse, érudite et instruite au-delà de sa condition de femme à l’époque. C’est un roman très frustrant, le personnage d’Helena est touchant et j’avais envie tout au long du roman qu’elle puisse vivre son amour avec Descartes et devenir une femme respectée qui puisse vivre sa passion pour les lettres.

Malheureusement, on n’est pas dans la bonne époque, cette femme se retrouve dans l’opprobre du fait d’avoir eu un enfant avec Descartes sans être marié et pendant tout le roman, elle se comportera comme une servante avec ce philosophe qui ne se préoccupe jamais de ce qu’elle ressent et de ses aspirations tant que le ménage est fait et tant qu’il peut la cacher aux yeux du reste du monde. Malgré toutes les protestations d’Helena sur le fait qu’elle mérite d’être respectée et qu’elle ne veut pas être traitée comme une boniche, je n’ai pas eu l’impression qu’aucun des personnages ne la traite autrement qu’une mère ou qu’une femme sale. C’est elle qui doit se cacher, elle qu’on renie en premier (y compris par sa propre mère), ce livre montre que quand on s’écarte du bon droit dans la société, on en subit de plein fouet les remontrances. Même le valet de Descartes est considéré avec plus d’égard et peut s’occuper des affaires importantes tandis que Helena reste considérée comme une servante pendant tout le reste du livre.

Ce livre possède une écriture charmante, l’époque semble authentique, en tout cas pour une inculte comme moi en histoire et je maintiens une opinion assez faible de Descartes qui, même s’il fournit de l’argent à Helena, reste assez froid et peu respectueux du fait qu’il ait lui-même exprimé le souhait de coucher avec elle au début.

En bref, ce livre est à la fois frustrant au niveau historique et charmant au niveau écriture.

Je remercie Priceminister d’avoir organisé les matchs de la Rentrée Littéraire et de m’avoir permis de lire ce joli livre.

 

 

L’Homme de la sierra de Pauline Libersart

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J’avoue que je ne suis pas une grande passionnée de l’histoire en général et des romans historiques. Nous sommes aux États Unis, à l’époque de la guerre civile et Amélie, une riche héritière du Sud, a tout perdu en raison de la guerre et s’apprête, dans un dangereux périple, à rejoindre son oncle et sa tante. Elle rencontre en chemin un homme qui se propose de la protéger en échange de bons services.

Malheureusement, trois choses m’ont empêchée de croire en cette romance. Tout d’abord, j’étais vraiment gênée que le héros demande à Amélie des faveurs sexuelles en échange d’une protection. Cela me mettait mal à l’aise de lire l’héroïne en train de se forcer par obligation d’avoir des rapports sexuels avec un homme. Avec une relation qui commence sous d’aussi mauvaises augures, c’est difficile d’imaginer une suite positive et cela ne m’a permis d’apprécier le cow boy. Deuxièmement, ce cow boy est très silencieux et peu communicatif comme personnage et cela le rend difficilement appréciable. Il prend énormément de temps à se dévoiler et j’avoue que cela m’a beaucoup frustrée. Troisièmement, l’idée de forcer une femme à rester à cause de son enfant est assez horrible et je n’ai pas vraiment apprécié ce côté là du cow boy.

En résumé, j’ai apprécié l’héroïne que j’ai trouvé très courageuse et très dynamique contrairement au cow boy qui change très peu au fil de l’histoire et qui m’a moins convaincue. J’aurais préféré de vrais moments de conversation entre les deux personnages même si on a effectivement des passages où ils se rapprochent.

En conclusion, l’héroïne est sympathique, le décor est très bien mis en place, le seul bémol reste son compagnon peu loquace et qui commet des actes très discutables au début du roman. Je tiens à remercier les éditions Laska pour ce roman.