Azadi de Saïdeh Pakravan

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Avis

On m’avait prêté ce roman en cours d’iranien en me disant qu’il s’agissait d’un livre très dur à lire et pas à mettre dans toutes les mains. Le début commence pourtant innocemment, on arrive après les élections iraniennes de 2009, dans un Iran politiquement agité, les manifestations grouillent dans la rue contre la victoire d’Ahmadinejad et on suit le destin d’une famille face à cette révolte.

Cela commence assez lentement puisqu’on a le temps de prendre connaissance de chacun des personnages de manière approfondie. L’auteure prend vraiment le temps d’introduire tous les personnages et au bout d’une centaine de pages, je voulais connaître le sort de cette famille.

Le personnage principal, Raha, est une femme courageuse, politiquement engagée, jeune et l’action principal se situe assez tard dans le roman, lorsqu’elle se retrouve violée par des gardiens de la prison après une manifestation. Après cette épreuve, elle se montre courageuse, elle se bat contre le système pour juger ces violeurs et réussit même à passer outre la rupture avec son fiancé, l’homme qui croit qu’elle est souillée.

J’ai adoré la structure du roman, qui place cette action principale assez tard après avoir bien expliqué la situation. J’ai trouvé admirable le courage de Raha et malgré le caractère terrible du livre, ce livre donne foi en la nature humaine. J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que ce roman n’est pas manichéen, on ne présente à aucun moment les Gardiens de la Révolution (dirigeants du régime en Iran) comme profondément maléfiques. Certains sont bons et raisonnables, d’autres effectivement méchants mais la plupart doivent comme les autres se positionner face à une situation compliquée.

Bref, un roman admirable, beau, un coup de cœur.

Bons baisers de Téhéran de Gina B. Nahai

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Avis

Il s’agit d’un livre sur les iraniens et plus particulièrement les juifs iraniens aux États-Unis. De part cette culture iranienne, ce livre m’intéressait. Cependant, je ne m’attendais pas pas à être subjuguée par ce roman. Il s’agit d’une histoire sur plusieurs génération. A partir d’un homme mort (ou disparu), l’auteure remonte à la source des différentes histoires intriquées et se concentre dans le détail sur chacun des personnages impliquées dans l’histoire. Bon ou mauvais, j’ai vécu pendant ma lecture la vie de tous les iraniens juifs qui ont survécu après la révolution islamique.

L’auteure prend le temps de détailler l’histoire et la mentalité de chacun des personnages, à tel point que ceux qui sont à la base considérés comme « méchants » vont être nuancés à mesure que l’histoire se déroule. On commence par un homme haï par tout le monde et en détaillant son passé sur deux générations, on se rend compte que les circonstances déterminent beaucoup la manière dont les gens sont perçus dans la société.

Et j’ai d’autant plus apprécié la manière dont l’histoire de chacun des personnages est entremêlée. La plume est entraînante, je me suis complètement plongée dedans.

Bref, je remercie énormément les éditions Préludes et NetGalley pour m’avoir fait découvrir une perle de la littérature.

En censurant un roman d’amour iranien de Shahriar Mandanipour

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Avis

L’idée de ce roman était très jolie et audacieuse: il s’agit de superposer l’histoire de l’auteur à l’histoire romantique que développe ce même auteur dans le livre. L’auteur explique tout en montrant avec cette histoire romantique les difficultés de publier une histoire d’amour dans un pays où les hommes et les femmes ne peuvent converser librement dans la rue et qui censure toute phrase un peu « osée ».

J’étais évidemment heureuse de lire des détails sur l’Iran et sur la vie en Iran, principal raison pour laquelle j’avais acheté ce roman à l’époque. Je ne nie pas que l’auteur abonde en petites anecdotes très intéressantes. Cependant, l’auteur tombe dans un piège difficile à contourner. Il écrit à propos d’un auteur qui écrit une histoire d’amour et cette histoire est modifiée au fur et à mesure de l’autocensure que l’auteur s’applique lui-même pour espérer publier en Iran. Sauf que si cette idée astucieuse m’a séduite au début, l’histoire romantique n’avance que très peu au fil des coupures.

Les personnages ne sont pas assez développés et ne sont que des figurines destinées à être utilisées pour exprimer d’autres idées. Et au bout d’une centaine de pages, cette histoire romantique devient vite lassante.

De même, l’idée d’un censeur qui accompagne l’auteur dans l’aventure était très intéressante et j’ai adoré le lien avec Dostoïevski, surtout en tant que fervente admiratrice de Crime et châtiment. Mais l’idée s’use très rapidement et le personnage de censeur, loin d’être développé d’une quelconque manière, devient une sorte de comique ridicule.

J’aurais aimé adorer ce roman mais dans l’ensemble, il s’agit de très bonnes idées gâchées par une exécution répétitive, peut-être un texte trop long qui ennuie la plupart du temps.

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Persepolis de Marjane Satrapi

   

Avis

Tout d’abord mon opinion est clairement biaisée pour plusieurs raisons importantes: je connais bien l’histoire de l’Iran donc je ne suis pas là pour en savoir plus, je n’apprécie pas les BDs en général et j’avais déjà vu le film inspiré de cette BD il y a quelques temps.

Pour toutes ces raisons, je dirais que mon avis restera mitigé au final. Les dessins sont jolis mais l’histoire en elle-même reste assez basique et j’ai trouvé que les personnages restaient assez stéréotypés et tout s’enchaîne de manière assez rapide. Il s’agit d’une petite fille qui grandit dans un régime de plus en plus menaçant et qui va partir plusieurs fois de son pays. Au début, l’histoire reste assez mignonne avec un côté un peu naïf exacerbé par l’âge du personnage et au fur et à mesure qu’elle avance en âge, j’étais très agacée par son côté suiveuse à Vienne où elle se laisse facilement entraîner par les autres camarades et j’ai éprouvé une sympathie pas très grande pour Marji.

Malgré tout, c’est une lecture agréable, facile et cela permet de montrer les iraniens au-delà de la théocratie actuelle en Iran.