Vies et morts de Aude Reco

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Ce recueil de nouvelles est très inégale, j’ai adoré la grosse majorité des nouvelles, avec un style remarquable et la dernière nouvelle m’a laissée indifférente.

J’avais déjà lu et commenté Le cœur possesseur (dont je vous invite à relire l’avis ici).

Seps Muralis, la première nouvelle du recueil commence très fort, avec de l’horreur et une intrigue qui fait froid dans le dos. Je me suis très vite attachée à la pauvre héroïne qui subit beaucoup et la montée en puissance des événements ainsi que la manière dont on nous présente le fantastique sont particulièrement maitrisées.

Fœtus m’a semblé un cran en-dessous. Évidemment, l’idée sous-jacente de cette nouvelle est intéressante (et si les hommes devenaient enceints?) mais la nouvelle reste trop gentille et ne va pas assez loin dans son idée. Cependant, j’ai tout de suite sympathisé avec le personnage de Mathieu et cette nouvelle reste très agréable à lire.

L’odeur du temps qui passe est une de mes nouvelles préférées de ce recueil. Le début est un peu brouillon et j’ai eu du mal à rentrer dans l’intrigue mais dès que je me suis plongée dedans, l’histoire sur la statue m’a hypnotisée. On ne sait jamais qui est vivant, qui est devenu vivant et le jeu sur l’art est absolument fascinant.

Quant aux Hommes-Brouillards, je considère que c’est le chef-d’œuvre de ce recueil. Je suis rentrée dans l’ambiance et je ne pouvais plus quitter le livre. Le suspense va croissant avec des pics d’angoisse, la cité de Petis met très mal à l’aise et on s’attend jusqu’au bout à sursauter lorsque les protagonistes traversent la ville. Une très belle nouvelle!

Les dieux meurent aussi est une toute petite nouvelle dont je n’ai pas compris la fin. J’ai bien aimé jusque-là mais j’avais l’impression de passer à côté du sens profond.

Pour la dernière nouvelle, comme je le disais au tout début, je n’ai pas du tout adhéré et c’est regrettable car j’aime beaucoup les nouvelles de voyage dans le temps. J’ai trouvé la nouvelle confuse et l’écriture brouillonne par rapport aux autres nouvelles.

Bref, quelques nouvelles splendides, d’autres moins bonnes, en somme un recueil globalement sympathique. Je remercie Aude Reco et la plateforme Simplement Pro pour ce sympathique recueil.

 

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Nutty Halloween et Nutty Valentine’s

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Je me suis enfin décidée à jeter un coup d’œil à cette maison d’édition visuellement très sympathique et j’ai bien fait. J’ai trouvé des perles incroyables dans les nouvelles et une qualité d’écriture assez constante. Je vais donc commenter les nouvelles:

Nutty Halloween:

  • Jack O’Lantern: une petite nouvelle bien croustillante avec une belle fin, dommage qu’une autre nouvelle Nuit de terreur lui ressemble beaucoup trop. Les deux nouvelles sont bien écrites dans des thèmes similaires.
  • Riorim: une nouvelle qui se lit bien mais je l’ai trouvé trop classique dans son traitement
  • Le rituel: une des meilleurs nouvelles, un sadisme jouissif et cela donne une teinte macabre à toute nuit d’Halloween
  • Soir de liberté: de la poésie, une beauté stylistique, c’est agréable et doux.
  • La visite: cette nouvelle fait froid dans le dos et j’avoue avoir été un peu dégoûté par la fin brutale
  • Halloween 6.24-348 D: une des moins bonnes du recueil, complètement déconnectée des autres et avec un intérêt que j’ai trouvé limité

Nutty Valentine’s: ce recueil ne fait pas l’apologie de la romance au contraire. Il présente des histoires sombres, même macabres.

  • Le saule: cette nouvelle poétique est une des plus lumineuses du recueil. Dommage qu’elle développe si peu la romance.
  • Une dernière nuit avec elle et Hara Kiri: deux nouvelles qui sont sur le même thème de l’infidélité et de la souffrance, assez courte pour la deuxième et un peu trop longue pour la première, la mise en place est bonne
  • Blanc: cette nouvelle donnera des frissons dans le dos aux gens angoissés par les vols, une montée grandiose
  • Le mariage d’outre tombe: j’ai trouvé la nouvelle difficile à comprendre au niveau de l’intrigue et assez confuse
  • Honorine de Brabant: cette nouvelle monte en rythme et avec un style incroyablement sympathique, une très jolie nouvelle
  • Par amour: j’adore cette nouvelle, le cynisme qui s’en dégage et l’impression de cruauté et d’amour mélangé
  • Retrouvailles: jolie mise en scène, on ne s’y attend presque pas, belle manière de présenter les choses
  • Désiré: je vais être honnête, j’étais très déçue par cette nouvelle car je n’ai pas la culture nécessaire pour comprendre la dernière phrase et elle est tombée complètement à plat de mon côté
  • Pierre, feuille, ciseaux: je dois être horrible mais j’avoue avoir apprécié le personnage de la femme qui s’assume complètement et qui sait ce qu’elle veut quitte à faire souffrir le monde entier
  • Cèdre: le ton est très angoissant, bien maîtrisé et glace le sang
  • La belle: cette nouvelle est trop courte, la fin ne la sauve pas et je l’ai trouvée très convenue finalement

Sauvons les éditions Voy’el

Je suis enfin de retour après avoir dévoré de nombreux romans et nouvelles pendant mes vacances. J’ai soutenu l’opération sur Ulule pour aider les éditions Voy’el à sortir de la faillite, opération qui s’est soldée par une réussite avec plus de seize mille euros récoltés sur les quinze mille prévus.

En contrepartie, j’ai pu recevoir quinze nouvelles au format numérique que j’ai choisi parmi une sélection conséquente. Je vais donc pouvoir réunir mes commentaires sur les nouvelles lues avec un système de notation inhabituel sur mon blog de * (une étoile pour le moins bien) à *** (trois étoiles pour le meilleur).

Danse avec moi de Gaëlle K. Kempeneers (*): cette nouvelle est étonnante, mystérieuse mais je n’ai pas compris ni l’histoire ni où l’auteur voulait nous amener.

Interface de Lydie Blaizot (***): une de mes nouvelles préférées. Le cœur de l’intrigue passionne, le monde est remarquablement décrit et j’ai beaucoup aimé le postulat de l’interface. Un petit bémol pour la fin bâclée qui méritait un meilleur traitement.

Papillon de nuit de Sébastien Tissandier (**): une nouvelle poétique mais dans laquelle on reste un peu sur sa faim. Bien écrit cependant.

Au clair de la lune de Célia Flaux (*): je n’ai pas adhéré à cette nouvelle alambiquée à la première personne où on découvre dans le noir le peu d’intrigue que l’auteur daigne nous fournir.

Où es-tu Véronique? de Patrice Verry (**): je suis partagée avec cette nouvelle. Le rythme ne faiblit pas à un seul moment, je voulais à tout prix savoir la suite de l’histoire mais malgré cela, je suis restée réticente au style de l’auteur.

Les sept miroirs de Célia Flaux (***): une nouvelle chouchou qui m’a rappelé mes lectures de mon enfance. J’ai adoré le côté chevalier médiéval avec une femme courageuse et intrépide qui se bat contre les monstres. Un bijou !

Erwan et Isobel de Aodez S. Bora (**): sympathique, un peu de romance, d’érotique, d’histoire, il y en a pour tous les goûts!

Effet de masse de Frédéric Vasseur (*): je n’ai pas du tout aimé ce récit chaotique qui mêle les différents points de vue

Le tueur de dragons de Gaëlle K. Kempeneers (**): on retourne à nouveau dans un histoire chevaleresque sur les dragons, la fin est prévisible et l’histoire n’a pas des rebondissements grandioses mais le tout est bien maîtrisé et se laisse lire avec plaisir

Le résurrecteur de Céline Foucart (***): une de mes nouvelles préférées avec un potentiel incroyable, j’adore l’idée de base et malgré la fin abrupte, j’ai succombé sous le charme

Archéogenèse de Patrice Verry (**): on a une histoire de retour dans le passé et manipulation du temps et des gênes, cette histoire aurait mérité beaucoup plus de pages et de contenu pour donner tout son potentiel, elle a l’air inachevé en l’état

La malédiction de Lydie Blaizot (***): une très belle nouvelle avec une énième interprétation de Barbe-Bleue mais comme toujours, cette légende reste vivace et malgré les nombreuses variations

Âme de feu de Aodez S. Bora (*): j’ai pas aimé cette nouvelle pour une simple raison, on est plongé dans un monde très élaboré, un peu confus, pour peu de pages et cette nouvelle gagnerait à être écrite en roman

Le tableau de Adam Joffrain (***): cette nouvelle détonne dans le tas, on a une nouvelle fantastique sur l’idée très classique de « et si les personnages peints étaient réels ». Même si je n’adhère pas à ce genre de sujet, j’avoue que j’ai adoré tout dans ce récit qui a un rythme parfait, un fin classique mais hautement satisfaisante et un beau style

Viviane de Alix Carmin (*): malheureusement, étant une grande passionnée de la mythologie celtique, j’étais un peu déçue du traitement de Viviane qui est vue comme une fille jalouse et insupportable

 

Variations amoureuses de Selen Itoka

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Avis

Il s’agit d’un recueil de nouvelles qui explore le thème de la sexualité et du désir sous tous ses aspects. Je ne m’attendais pas à plonger aussi facilement dans ce recueil d’une beauté enivrante. Le style est délicieux, les nouvelles se lisent avec plaisir et se finissent trop rapidement et on sent l’art de la chute maitrisé avec perfection. Notamment, j’aime beaucoup ce portrait de femmes entreprenantes, avec un désir insatiable et une conviction sans faille.

Je vais commenter les nouvelles qui m’ont le plus enthousiasmée : La première nouvelle (10 jours et 20 centimes) place le contexte de manière immédiat avec une femme qui décide de coucher avec les hommes après 10 jours. Ce qui aurait pu se révéler une attente ennuyeuse devient une frustration délicieuse dans laquelle le désir monte. Quant à La panne, j’ai adoré la fin avec une pointe de machiavélisme et une histoire dans laquelle toute femme peut se retrouver. La question  inattendue ramène à une relation sexuelle, assumée et voulue jusque bout, dont chaque détail est touchant. Pour La vie d’une nuit, j’ai adoré la manière dont l’auteur montre que le sexe peut servir de communication au-delà des langues, comme la musique. Il s’agit d’un langage universel entre l’espère humaine. Le fantasme du docteur est exploité avec une splendeur impressionnante dans Le rêve et la réalité. Ma nouvelle préférée est celle sur la panne je pense, avec une belle chute et une belle description de la sexualité féminine.

J’émettrais juste un bémol. Le désir homosexuel est pratiquement toujours relié à un couple hétérosexuel existant avec de l’infidélité ce que j’ai trouvé très dommage surtout en considérant à quel point c’était bien écrit par ailleurs.

Bref, je ne m’attendais pas à tomber amoureuse de ce recueil de nouvelles et je remercie chaleureusement Selen Itoka de m’avoir envoyé ce livre.  C’est un véritable coup de cœur.

Prologue à Mon cousin l’avait prédit de Léonard Aigoin

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Avis

Il s’agit d’un recueil de nouvelles principalement fondées sur les rêves et en se focalisant sur le côté absurde, étonnant et répétitif du monde des songes. J’ai eu du mal à trouver un lien entre les différentes nouvelles à part justement cette ambiance onirique très particulière.

Dans la première nouvelle, un petit garçon voit son père mourir à plusieurs reprises devant ses yeux. Si le début est très prenant, je me suis lassée assez rapidement de cette histoire qui se répète et dont on ne comprend pas bien l’issue. Il faut accepter avec ces histoires de se laisser guider par l’auteur sans vouloir tout comprendre. La fin plutôt abrupte n’aide pas à relativiser les longues suites de drames qu’on découvre et si j’ai trouvé l’idée astucieuse intellectuellement, cela m’a tout de même déçue.

Dans la deuxième nouvelle, justement appelée le poulet, le récit part dans un délire tel qu’il faut ou le suivre ou être perdu. Pour être honnête, je me suis sentie assez perdue et je n’ai pas tout compris à ce récit dont on sent un humour et une ironie qui sont restés hermétique pour moi.

La troisième nouvelle, au contraire, ressemble à un récit polar, une course poursuite dans laquelle je me suis plongée avec délice. On reste rivé au protagoniste pour savoir qui le poursuit, comment il va réussir à s’échapper et cette incertitude avec une ambiance presque réaliste mais teintée d’étrange permet de se laisser emporter par l’intrigue. Cette fois-ci, la fin reste très satisfaisante et d’une beauté incroyable.

La quatrième nouvelle, le croque-mitaine, la relation amoureuse du début commence à une vitesse très et même trop rapide, surtout compte tenu du début assez chaotique. Pourtant, on retrouve assez vite une des grandes qualités de l’auteur qui est de passer rapidement dans une ambiance fantastique et étrange sans transition ce qui rend le caractère étrange absolument jouissif. De plus, cette nouvelle offre une jolie morale sympathique.

La nouvelle suivante commence avec beaucoup d’humour puisqu’il s’agit d’une course poursuite avec un agresseur déguisé en lapin. La nouvelle arrive en rendre des événements drôles de manière la plus sérieuse possible pour maximiser leur impact. Cette nouvelle capitalise de plus en plus sur les éléments précédents. Même si les personnages sont pour certains désagréables, on commence à sentir une trame de fond qui se dégage et à comprendre les éléments de ce recueil. De plus, la star complètement folle garde tout de même un charme inimitable.

Les dernières nouvelles 6 et 7 sont les plus satisfaisantes puisque tous les éléments se mettent à prendre enfin du sens, comme si tout ce qu’on savait depuis le temps se rassemblait dans une histoire cohérente et c’est vraiment gratifiant.

Quant à la dernière nouvelle, on sent que l’auteur a définitivement amélioré son écriture et il nous offre une nouvelle horrifique absolument splendide que tout parent devrait lire…

Bref, si le début est chaotique et difficile à apprécier, les éléments s’assemblent petit à petit pour arriver à un recueil absolument génial. Je remercie donc l’auteur et la plateforme Simplement Pro pour ce service presse. Voici le lien pour vous le procurer!

L’un ou l’autre de Ludivine Lanoy

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Avis

Il s’agit d’une histoire assez dure qui traite de harcèlement moral et physique sur un collégien, Baptiste qui perd tout à cause d’un déménagement. La nouvelle aboutit de manière assez sombre sur une fin noire mais compréhensible par rapport au reste de l’histoire. Le style est fluide, cela se lit bien même si le personnage principal mériterait à être plus développé.

La nouvelle est très courte et intense, sans suspense particulier mais avec un enchaînement implacable qui fait froid dans le dos et qui amène à une violence de plus en plus importante.

Bref, une nouvelle froide et implacable, un personnage qui mériterait un traitement plus développé, un style qui donne envie de lire la suite et une fin émotionnellement terrible.

Je remercie bien sûr les éditions Bookless et la plateforme Simplement Pro pour ce service presse.

 

Les survivants d’Aglot de Delphine Biaussat

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Avis

Les morts se relèvent, les zombies détruisent tout sur leur passage dans un petit village et c’est à un groupe d’humains réunis de les vaincre!

Je n’avais jamais lu de romans de zombies jusque-là et cette longue nouvelle m’a convaincue sur de nombreux points. J’ai tout de suite adoré Emily, qui se retrouve en prison malgré elle et dont on apprend l’histoire longtemps après ainsi qu’Anthony, le gardien de prison. L’histoire sous le point de vue d’Emily (et d’Anthony) donne une compréhension des personnages beaucoup plus importantes et je me suis sentie plus concernée par leur survie. Le rythme est plutôt agréable, les péripéties s’enchaînent assez vite, j’ai tourné les pages très rapidement et j’ai apprécié la fin qui est presque romantique.

J’aurais toutefois plusieurs objections à faire. Tout d’abord, ce récit est beaucoup trop court et la longueur de la nouvelle empêche de rendre les histoires d’amour qui se forment crédibles. Les personnages n’ont pas le temps d’être suffisamment approfondies et à aucun moment je n’ai senti le groupe d’humains rassemblés autour d’Emily et Anthony en danger. On ne ressent pas la peur, l’angoisse, le danger tant les événements se déroulent vite. Finalement, j’aurais aimé plus de zombies (même s’il y en a beaucoup), plus de terreurs, et plus de dangers.

Je remercie Delphine Biaussat de m’avoir offert un bon moment de lecture que je recommande.

 

Pour une chance avec toi, anthologie LGB

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Avis

Cette anthologie regroupe quatre nouvelles dont trois nouvelles de romances entre hommes et une entre femmes.

La première nouvelle, Chimères, Gangsters et Informatique de Amélie Voyard-Venant, est absolument géniale. Elle est drôle, attachante, et dès les premières paroles d’Oliver à la première personne, j’adorais déjà entrer dans la vie de ce gangster. Certes, le format court n’autorise pas à approfondir comme il faut l’univers. On a une histoire de romance et une histoire de malfaiteurs en parallèle. Comme les éléments sont très nombreux, je me suis retrouvée frustrée à la fin, à la fois car l’histoire de gangster sur les statues n’est pas aboutie, la relation passe très vite d’une relation courtoise à une relation de couple sans donner du temps aux deux tourtereaux. Mais finalement, je retiendrais de cette nouvelle l’humour contagieux d’Oliver, l’impression de bonne humeur qui se dégage et c’est inoubliablement amusant.

La deuxième nouvelle Le correspondant inattendu de Viviane Faure est une histoire entre un étudiant et un jeune correspondant allemand qui se rencontre dans une soirée. Elle m’a laissée plus dubitative. J’étais gênée au début par l’âge des protagonistes. Les thématiques de fugues, d’homophobie sont mentionnées si peu approfondies que cela m’a rendue perplexes. De plus, le correspondant commence au début à vouloir donner des « récompenses sexuelles » ce qui rend le protagoniste pas forcément appréciable non plus. Bref, au-delà de mes premières impressions, je me suis tout de même laissée charmer par la romance qui se tisse au fur et à mesure. Et j’ai eu une petite larme au départ du correspondant allemand.

En ce qui concerne les deux dernières nouvelles que j’avais chroniquées antérieurement, je renvoie aux critiques: Un week-end sur deux de Magena Suret, La Princesse et le Dragon de Ivy Clark.

Et je remercie tout particulièrement les éditions Laska de m’avoir procuré ce service presse ainsi qu’aux auteurs pour ces moments de lecture!

Voyage au pays de l’envie de Frédéric Marcou

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Avis

J’aurais adoré mettre une critique positive car il s’agit d’un auteur peu connu et j’avais téléchargé par hasard le livre sur Atramenta (très joli site d’auto édition). Pourtant, pour être honnête, il s’agit d’un recueil de nouvelles très lacunaire.

Chacune des nouvelles relate une idée sympathique, comme l’histoire de l’enfant qui est la réincarnation d’un auteur méconnu ou la nouvelle conception de l’Enfer. Malheureusement, l’idée est très mal ou peu exploitée dans la plupart des cas et la fin est très frustrante, soit parce que l’auteur aurait pu faire beaucoup mieux, soit parce que l’histoire se finit en queue de poisson.

Le recueil est assez court donc je ne m’éterniserais pas sur mon avis qui se terminera par: c’est dommage de n’avoir pas développé quelques bonnes idées.

Et juste une chose qui m’a choquée dans cette histoire de Néandertal: Non l’anthropologie n’est pas de la physique (je suis physicienne fichtre!) et non, les anthropologistes ne sont certainement pas des spécialistes de l’ADN et NON, un 50 m² n’est pas adapté à une femme célibataire à part si elle est vraiment très riche.

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Revue Saint Ambroise n°36

La revue Saint Ambroise est consacrée à mettre en valeur des nouvelles depuis 1999. Le numéro 36 de la revue a comme thème L’Amérique et les nouvelles présentées viennent tous du continent américain en général (allant du Canada au Chili en passant par le Mexique).

Concernant les nouvelles présentées, il y en a pour tous les goûts avec une préférence pour le genre réaliste mais des passages vers le fantastique très réussie. Je vais présenter tout d’abord mes trois nouvelles préférées dans cette revue :

Les dimensions d’une ombre de Alice Munro (Canada)

Cette nouvelle traite l’histoire d’une romance entre une femme âgée et un jeune étudiant. Elle est douce, mélancolique et la fin rend l’histoire encore plus poignante. Il s’agit de mon coup de cœur dans la revue en même temps que la première nouvelle. C’est une nouvelle fantastique qui captive par un style élégant.

Sensini de Roberto Bolano (Chili)

Il n’est pas très courant de lire des auteurs d’Amérique latine, peu traduits pour la plupart à part les plus connus comme Isabel Allende. Cette nouvelle m’a touchée car me décrivant moi-même comme écrivain, je me suis identifiée au personnage principal qui participe à des concours de nouvelles. Il s’agit d’une amitié entre deux romanciers, d’une critique des concours de nouvelles (ironique quand on sait que cela paraît dans une revue) et d’une romance inavouée. Le narrateur est particulièrement émouvant avec sa fixation amoureuse.

L’amant de ma mère de Rafael Gumucio (Chili)

Voilà une nouvelle où j’ai adoré l’enfant, adoré l’intrigue et adoré la manière dont elle était tournée. Il s’agit au début d’une histoire banale d’une mère abandonnée par un homme et de son fils qui va chercher le coupable pour le ramener à sa mère. Et au lieu d’aller dans les clichés après un début aussi conventionnel, l’auteur a le courage de développer ses personnages et de rendre l’homme presque sympathique. La fin est parfaite et laisse une impression d’interrogation pour le lecteur qui doit réfléchir à une situation qui paraissait évidente au début.

En ce qui concerne les autres nouvelles, je voudrais saluer L’œil de la nuit de Karla Suarez (Cuba), une nouvelle à l’allure de Hitchcock avec une femme qui espionne à travers la fenêtre et par ce simple regard sur la vie d’un autre, arrive à remettre en question sa propre vie, une nouvelle à la fois simple et prenante puisqu’elle n’amène pas là où le lecteur voulait. Quant à Quelques jours à la plage de Ana Maria Shua (Argentine), cette nouvelle agréable sur des vieilles dames redonne le sourire.

J’ai trouvé quelques nouvelles un peu confuses (Dans le cimetière où Al Jolson était enterré, L’enfant), d’autres trop vulgaires à mon goût (Une espagnole quand ça embrasse, La dernière lettre d’Artaud).

Pour le reste, j’ai adoré découvrir des nouvelles d’une culture américaine trop souvent méconnue et trop souvent assimilée à la culture venant exclusivement des Etats Unis et je voudrais remercier la Revue Saint Ambroise pour m’avoir donné la chance de lire ce numéro.