Les proies du temps de Sébastien Fillion

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Je n’avais pas d’avis préconçus avant de commencer ce roman et j’ai été agréablement surprise par le début. L’histoire commence assez rapidement et je me suis tout de suite intégrée dans l’histoire de ces deux amies qui apprennent qu’elles n’ont que 12 jours à vivre. A partir de là, tout pouvait arriver et le style de l’auteur ne déçoit pas.

Il nous amène dans une île paradisiaque où tous les milliardaires vont dépenser leurs fortunes et ces deux amies vont à la fois profiter de ce lieu et en subir les conséquences. J’ai adoré la présentation de l’île et le côté à la fois « trop beau pour être vrai ».

Au début de l’intrigue, les deux amies ont des buts très différents: la couture pour l’une, prête à tout pour faire admettre son talent, et la séduction pour l’autre. Bref, chaque femme va se découvrir au cours de l’intrigue et j’étais complètement charmée jusqu’à la scène de choc qui leur arrive vers la fin.

A partir du moment où ces deux sont réunies dans l’intrigue, j’avoue avoir baillé devant les longues réflexions politiques, avoir finalement moins apprécié car je commençais à confondre les deux héroïnes. Finalement, la fin de l’intrigue traînait un peu en longueur malgré le talent de l’auteur qui me donnait tout de même envie d’aller jusqu’au bout pour comprendre l’énigme des 12 jours.

Bref, j’étais choquée, surprise et étonnée d’une telle fin qui concluait d’une belle manière le roman. Je remercie l’auteur de m’avoir procuré ce beau roman qui, malgré quelques longueurs vers la fin, réussit à plonger dans une belle ambiance et à nous faire découvrir une île particulière.

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Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner

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J’ai un arrière goût amer de ce roman pour plusieurs raisons. Le roman traite d’une femme qui, après s’être mariée et avoir eu un enfant, décide de prendre sa vie en main seule et de s’émanciper.

Le livre est écrit à la deuxième personne ce qui éloigne le lecteur du personnage principal qui reste ambiguë et difficile à comprendre. De plus, le personnage est présenté comme une femme qui devient enfin libre et s’échappe du monde patriarcal oppressant dans lequel elle vit. Cependant, on nous présente une femme qui violente son enfant, s’échappe du domicile familial pour donner des leçons de vie aux autres et se montre d’une arrogance et d’une brutalité assez étonnante. J’avais cette impression dérangeante que sous un prétexte d’émancipation, l’autrice nous montrait finalement les ravages de ces « femmes libérées » qui ont oublié tout sens moral et qui se montre d’une cruauté assez ignoble. Bref, j’étais très mal à l’aise face au protagoniste et malgré un style assez rapide à lire, j’ai trouvé le roman trop cynique pour me projeter dedans. L’équivalence entre brutaliser son enfant et s’affirmer dans sa féminité m’a perturbée hautement.

Finalement, il s’agit d’un court roman très cynique et noir qu’il faut lire avec beaucoup de recul. Je remercie la plateforme Simplement Pro et les éditions Fayard pour cette découverte étonnante.

 

 

Le triangle d’incertitude de Pierre Brunet

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J’ai commencé à lire ce livre dans l’espoir d’en apprendre plus sur le génocide du Rwanda du côté français. Dans les témoignages des survivants que j’ai lu, on sent une rancœur envers la France que les Rwandais rendent responsables. Mais qu’en est-il des soldats français?

On suit l’histoire d’un soldat qui rentre dans sa famille après le génocide et qui doit réapprendre à vivre après avoir vu des horreurs. Certains passages qui évoquent ces événements sont très éprouvants émotionnellement. J’étais au bord des larmes lorsque l’auteur nous présente Étienne et ce qu’il a traversé au Rwanda. Devant tant de massacres, l’auteur nous montre l’inimaginable.

Cependant, contrairement à mes espérances, l’attention du roman ne se place pas vers les événements historiques au Rwanda mais plutôt la difficulté du soldat avec Isabelle, sa femme, et ses enfants. A ce niveau, j’ai eu du mal à sympathiser avec ce soldat qui trompe allégrement sa femme, sort le soir et semble assez indifférent au sort de ces enfants et à la souffrance d’Isabelle. Il ne montre aucun effort pour essayer de se réintégrer et j’étais plus sensible aux efforts de sa femme pour se réconcilier avec lui.

De plus, le vocabulaire maritime m’a refroidi complètement. Je n’ai pas vraiment compris et j’ai passé en diagonale tous les endroits qui utilisaient ce vocabulaire technique peu compréhensible pour les néophytes.

Bref, j’étais un peu déçue par ce roman en demi-teinte, incroyable dans ces descriptions historiques et finalement ennuyeux et machiste du côté de son retour. Je remercie tout de même la plateforme Simplement Pro et les éditions Calmann-Lévy pour ce roman.

Aliénor, l’origine de toutes les haines de Aurélien Grall

Avis

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Je ressors avec un avis mitigé de ce livre, entre le début prenant et la fin qui part dans tous les sens.

Tout d’abord, au début, on commence par suivre le destin de trois filles dans un internat un peu particulier. Même si au début, les filles semblent interchangeables, elles prennent rapidement une personnalité propre à chacun et les aventures sont telles que dans la violence de l’intrigue, j’avais envie d’en savoir plus sur les mystères autour de l’internat. Bref, pour la première partie de l’histoire, j’étais bien engagée dans l’univers que je trouvais passionnant.

En ce qui concerne la deuxième partie lorsque les filles sont engagées dans l’action, j’étais moins convaincue car je trouvais que l’intrigue partait un peu dans tous les sens et je me détachais progressivement de ces filles. Bref, je trouvais que les fils d’intrigue étaient plus difficiles à suivre et plus violents.

Finalement, j’ai apprécié l’univers de l’internat, j’ai également apprécié l’intrigue mais j’ai trouvé moins convainquant le chaos de la fin. Je remercie donc l’auteur pour ce sympathique livre ainsi que la plateforme Simplement Pro.

Auto-édition, en avant! de Aude Réco

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Avis

Depuis quelques temps, l’idée me trotte à l’esprit de commencer à auto-éditer certaines de mes nouvelles pour tester mon public et professionnaliser ma carrière d’écriture. Ce livre tombait à pic dans cette démarche.

J’avoue que ce qui me faisait le plus peur dans cette démarche d’auto-édition, c’est avant tout la partie fiscale et surtout comment déclarer ses revenus. La partie fiscale de ce livre est assez minimale mais le plus important à savoir est qu’on peut tout mettre dans la case BNC.

Sinon, pour le reste, ce guide est très complet dans le sens où il effleure beaucoup de domaines très différents et montre bien que l’auto-édition n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Tous les aspects sont évoqués: la correction, l’illustration, la promotion et la vente. Cela permet d’avoir un aperçu très large assez rapidement pour avoir une idée de l’ampleur de l’entreprise et des difficultés potentielles.

Je regrette juste que ce guide se contente d’évoquer et de mentionner les différents aspects sans aller réellement dans les détails. Il s’agit d’un premier aperçu surtout.

En bref, un guide complet et évocateur sur l’auto-édition pour ceux qui veulent se lancer sans connaître tous les tenants et aboutissements.

 

La revanche des petits seins de e.l.n.z

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Avis

Tout d’abord, j’étais très surprise par la longueur du texte, je m’attendais à lire un roman et il s’agit en fait d’une nouvelle sur des sujets variés et passionnants: la transsexualité, la grossesse à partir des embryons d’un défunt aimé et le fait de ne pas vouloir d’enfants.

J’ai adoré le regard neuf porté sur un quotidien souvent difficile et surtout le regard sans changement.  La fin permet de relier les trois histoires différentes et les trois personnes ce qui donne un goût d’achevé en refermant cette nouvelle.

Bref, une jolie nouvelle, bien que trop courte et très agréable sur l’acceptation des différences en société. C’est un antidote contre la fermeture d’esprit dont on a bien besoin.

Je souhaiterais tout de même ajouter une précision, une des protagonistes pratique la fécondation in vitro avec des spermes de son mari décédé. J’ai vérifié que c’était toujours interdit en France et cela m’a turlupiné pendant le récit. Après, je ne trouve pas sa démarche choquante du tout.