Le bonheur d’Anna T1 de William Alcyon

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Il s’agit d’un roman bouleversant. L’histoire commence fort, avec Anna qui perd son compagnon à la suite des attentats de Nice de 2016 et qui reste en vie de manière miraculeuse. Son deuil est traité avec beaucoup d’humilité et de réalisme, cela lui prend plus d’un an avant de songer à vivre à nouveau et c’est un personnage que j’ai pris en sympathie très rapidement.

Par la suite, les différents points de vue dynamisent énormément ce roman qui devient très addictive. J’avais du mal à m’arrêter de le lire pour dormir. Ce livre place une sorte de gourou à un moment, William, mais désamorce assez rapidement ce chemin, comme si Anna doit trouver par elle-même le chemin du bonheur. J’ai par ailleurs adoré la confrontation entre ce qu’on nous présente comme un pseudo-gourou et Anna.

J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que même si on nous présente un possible nouvel amoureux d’Anna, cela n’est pas précipité et le livre nous laisse du temps pour laisser place à une nouvelle romance. Le point fort de ce roman est la rencontre de Jacques Vaillant, le vieil homme encore capable d’apprécier la vie et la jeune femme Anna, qui a du mal à surmonter sa dépression. Leur cheminement est extrêmement bien décrit, émouvant et on a pas souvent l’occasion de laisser autant de place dans les romans à des hommes plus âgés de cette manière aussi touchante.

Bref, j’ai adoré ce roman et j’ai hâte de lire la suite ! Je remercie l’auteur et la plateforme Simplement Pro pour ce beau roman.

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L’auteure et autres nouvelles de Brigitte Lécuyer

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Un recueil de nouvelles inégales mais avec un joli style, j’ai adoré certaines nouvelles et j’ai trouvé que d’autres se finissaient avec moins de panache que prévu. Je vais détailler mon avis pour chaque nouvelle.

La nouvelle qui donne le titre du recueil fait partie de celle que j’ai le moins aimé, il manque une bonne fin car l’ensemble de la nouvelle laisse à espérer une chute incroyable avec cette écrivaine et on s’attend à tout sauf à cette fin en demi-teinte. Ismaël fait aussi partie des nouvelles que j’ai le moins aimées mais pour des raisons plus personnelles, elle est très dure et même trop pour moi.

La soupe aux orties est une nouvelle drôle, agréable, avec une certaine joie de vivre. J’ai adoré L’enterrement de Jerry, surtout pour ce personnage de Jerry très sympathique. La nouvelle Le voyage éclair de la virgule est drôle, absurde, et amusante. Mon coup de cœur restera La nuit de mon anniversaire, avec une noirceur maîtrisée et une nouvelle avec une chute exemplaire. Je me suis identifiée à ce pauvre Bastien l’apprenti poète qui perd toutes ses illusions dans sa carrière littéraire. Toutes ces nouvelles jouent avec une ambiance familiale et ont un ton à la fois drôle et surprenant.

En bref, j’ai adoré toutes les nouvelles « familiales » qui avaient un ton juste et drôle et même noir pour certaines, j’ai moins aimé les deux premières. Je remercie les éditions Bookless et la plateforme Simplement Pro pour ces jolies nouvelles.

 

 

 

Géant de Lucie de Kervignac

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Ce roman raconte l’histoire de Millie, une femme brisée par la vie et la mort de son compagnon suite à un accident de voiture, qui retrouve l’amour une deuxième fois. J’ai déjà adoré le fait d’avoir une femme au bord de la ménopause qui vit une histoire d’amour dans le roman, c’est tellement rare d’avoir une romance avec une protagoniste âgée de plus de 20-25 ans que cela faisait plaisir à lire.

Millie est un personnage bien construit, auquel il est facile de s’identifier et j’ai adoré son cheminement imperceptible vers la joie de vivre. J’ai également beaucoup aimé le fait qu’elle maîtrise ses enfants, qu’elle soit compétente dans son métier et qu’elle choisisse de commencer une histoire d’amour parce que cela lui fait du bien. Le personnage de Fabien est plus insaisissable, plus difficile à cerner et à apprécier et j’avoue qu’avec son « secret » dévoilé, je ne voyais pas bien ce que Millie lui trouvait.

Les chapitres sont rapides à lire et prenants et j’ai juste apprécié le fait de passer du temps avec Millie dans son existence quotidienne. Le rythme traîne un peu vers la fin. J’ai regretté tout de même qu’on n’aie pas une scène de rencontre entre les enfants et Fabien dans le roman parce que cela aurait eu plus de sens dans le contexte.

Bref, une histoire d’espoir et d’amour après la ménopause qui fait plaisir à lire. Je remercie l’autrice et la plateforme Simplement Pro pour ce sympathique roman.

 

Victoire de Bridget Page

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Je ne pensais pas aimer ce livre à ce point. Il traite d’une histoire d’amour entre une femme de 18 ans malade depuis toute sa vie et un neurochirurgien plus vieux. Je ne suis absolument pas calée en médecine et je n’ai absolument aucune idée du réalisme de ce côté donc je me contenterais de discuter du côté littéraire.

L’idée de désigner une tumeur par un petit nom et de discuter avec elle m’a paru original et presque sympathique, il s’agit finalement d’une métaphore à peine voilée. Le neurochirurgien partait pour être un « bad boy » avec la moto et le sentiment de supériorité et pourtant, cette impression est finalement assez vite désamorcée par Victoire, le personnage féminin qui n’hésite pas un seul instant à remettre ce neurochirurgien à sa place. On a également une trace de « ils se détestent donc ils s’aiment » au début qui est assez vite replacée dans son contexte, c’est-à-dire le contexte d’une femme affaiblie qui a peur de faire confiance aux autres et surtout à un médecin. Bref, beaucoup de clichés sont à peine effleurés et vite écartés pour proposer une romance vraie, authentique et finalement très différente de celle à laquelle on pourrait s’attendre.

Le roman présente une romance entre une femme qui est présentée comme mourante et un neurochirurgien désabusé et pourtant, l’histoire n’est pas larmoyante, l’héroïne est tellement pleine de vie et de passion qu’on se prend à être bercé par sa force et son courage.

Bref, une jolie romance, au-delà des préjugés, une lecture assez vite entamée et terminée, une leçon de vie sur la nécessité de vivre au-delà de la maladie, un coup de cœur en gros! je remercie l’autrice pour ce beau roman et la plateforme Simplement Pro pour ce service presse.

Le message des loups de Nathalie D.

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Ce livre est un guide de développement personnel, comme le sous-titre l’indique. Il développe l’idée que nous avons tous deux loups en nous: un loup blanc et un loup noir. Ces deux loups nous représentent et c’est à nous de choisir lequel entretenir à tour de rôle. Il donne aussi l’idée de l’égo et du fait que notre âme n’est pas la somme de tous ces éléments mais doit s’affranchir des loups et de l’égo pour atteindre sa paix intérieure. Différents outils sont données et si cela permet d’obtenir rapidement les informations au même endroit, les outils sont assez classiques comme les pierres, les fleurs de Bach, les exercices de respiration et les mantras.

Si ce livre ne m’a pas réellement parlé comme je l’aurais voulu, c’est une variation intéressante sur le thème du développement personnel dans un style très différent que d’habitude. En effet, il développe une histoire et une mythologie propres à lui.

Je tiens cependant à préciser que pour ceux qui auraient la version ebook du livre (epub), les illustrations dans chaque chapitre alourdissent énormément le livre et le ralentissent inutilement.

Bref, je remercie les éditions Publishroom et la plateforme Simplement Pro pour cette nouvelle version améliorée du chamanisme et la manière originale d’aborder le sujet avec les différents loups.

L’Habit ne fait pas le moineau de Zoé Brisby

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J’ai sérieusement, totalement, complètement adoré le titre. J’ai dû le répéter dix fois à mon copain pour qu’il comprenne la blague. Deux personnages se rencontrent: une vieille dame qui veut être euthanasiée (Maxine) et un dépressif (Alex). Ce qui devait être une simple balade de la maison de retraite à la Belgique devient une course-poursuite entre la police et la voiture d’Alex et ce pauvre Alex en voit de toutes les couleurs.

J’ai adoré dès le début les deux personnages et surtout la vieille dame pour qui je me suis prise d’une affection immédiate. Elle est drôle, sympathique, amusante et c’est tellement rare de voir des vieux dans les romans qu’elle apparait comme une bouffée d’air frais. Le personnage d’Alex est plus classique et même si j’ai esquissé quelques sourires devant ses malheurs, Maxine remporte la palme du personnage le plus incroyable entre les deux. Elle est celle qui vivifie le roman et qui permet de garder le sourire.

Bref, il faut lire ce roman qui est drôle, et donne envie de regarder la vie d’un œil moins désespéré. Je remercie l’autrice et la plateforme Simplement Pro pour ce magnifique roman.

Méandres de la vie de Philippe Pointereau

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Ce livre est un recueil de textes très divers sur les rencontres et les voyages de l’auteur et de sa femme. Il s’agit de textes très courts, trop même pour certains. L’auteur réussit assez rapidement à décrire des caractères et des personnages de manière frappante. Il décrit également des scènes de la France « campagnarde » avec de nombreuses références à l’Église et à la religion en général, de manière irrévérencieuse pour la plupart. Les textes poétiques sont finalement peu nombreux et situés à la fin, ce que j’ai trouvé un peu dommage, j’aurais préféré les avoir un peu plus en valeur.

Le principal reproche est finalement la taille de ce recueil qui est trop court, chaque texte regorge d’anecdotes sympathiques qu’on aimerait voir développer avec beaucoup plus de détails. J’ai beaucoup aimé cependant l’histoire où une famille est sauvée d’un tueur en série par sa gentillesse, ce qui illustre finalement le ton du récit, bienveillant dans l’ensemble.

Bref, un récit très court mais des anecdotes qui donnent du plaisir à lire. Je remercie la plateforme Simplement Pro et les éditions Bookless pour ce recueil.

Le carnet de l’amoureux éconduit de Laurent Hunziker

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On aborde un sujet assez rare en littérature, le thème de la romance vu d’un point de vue masculin et plus précisément du rejet amoureux. Cela ressemble au roman de Goethe Les souffrances du jeune Werther avec une grosse différence, je me suis tout de suite identifiée au héros que j’ai trouvé sympathique et mignon contrairement au héros de Goethe pathétique et pitoyable. L’auteur réussit par un tour de force à intéresser le lecteur sur des considérations sentimentales sans donner une impression de pitié. Bref, j’ai vibré pour ce héros qui croit à sa flamme envers et contre tout.

La deuxième partie produit un renversement total du récit qui passe d’un récit de garçon amoureux à un roman complètement différent avec une intrigue tout aussi intéressante. Les mécanismes qu’utilise l’auteur sont fascinants et sans vouloir spoiler une partie de l’intrigue, j’étais agréablement surpris par la tournure de l’histoire. Malheureusement, j’ai trouvé que cette partie s’éternise un peu et la fin est un peu décevante par rapport à ce retournement de situation. De plus, même si le futur de l’histoire est bien construit, on reste un peu sur notre faim.

Bref, une écriture splendide, une représentation magnifique de l’amour masculin, un bouleversement de milieu assez incroyable qui malheureusement ne tient pas ses promesses. J’ai adoré les personnages et la manière dont l’auteur nous décrit l’amitié centrale. Je remercie l’auteur pour ce service presse.

La vie t’amène là où tu dois aller de Romain Bruno

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Ce livre se rapproche des livres de développement personnel de type Grimaldi, l’idée est de mettre le personnage dans une position où il pourra s’améliorer.

La protagoniste commence son voyage spirituel en perdant son petit-ami et son travail, après le décès de son père et elle va commencer un long voyage initiatique pour retrouver son père et le sens à sa vie. Cette protagoniste est tout de suite sympathique et agréable. Le livre met la protagoniste dans des lieux exotiques, décrits de manière agréable comme le Sri Lanka.

Dans les points négatifs, le style est à améliorer, le rythme est beaucoup trop rapide. Sinon, j’ai trouvé le contraste entre le voyage touristique de l’héroïne et les aventures qui l’attendent très important et même si les péripéties sont uniques et angoissantes, il manquait pour moi un petit élément pour m’y plonger encore plus.

Bref, un avis mitigé, très positif sur le sujet, le voyage et la protagoniste, un peu moins sur le style en général et le rythme. Un grand merci à la plateforme Simplement Pro pour m’avoir permis de découvrir ce guide et je tiens à dire que l’auteur, loin d’écrire un livre de développement personnel au hasard, possède un site Heliotropis dans lequel il propose des séances en tant que coach de vie.

L’Indé Panda 6

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Soyons honnête, je n’avais aucune attente particulière par rapport à ce magazine. J’ai été tout simplement bluffée, chaque nouvelle était meilleure que la précédente et je crois que j’ai adoré presque toutes les nouvelles qui composent ce magazine. Je m’attendais à avoir une ou deux dans mes préférés, mais je ne suis pas capable de faire un ordre tellement elles étaient toutes magistrales. Je vais donc me contenter de faire un petit commentaire pour chacune.

Le procès participatif de Bouffanges: cette nouvelle a un joli principe avec son idée de démocratie participative et de jurys comme réseaux sociaux. Je n’ai pas autant adhéré que prévu car j’ai trouvé le résultat trop convenu mais j’ai bien aimé la réflexion sur l’importance des téléphones portables dans notre vie. Avec le début qui commençait comme le Procès de Kafka, j’ai aussi trouvé ça dommage que l’auteur n’aille pas jusqu’au bout de l’idée et garde une affaire criminelle sérieuse pour incriminer le personnage principal.

Dan de Catherine Loiseau: Le roman policier revisité avec des robots et un huis-clos particulièrement savoureux. J’ai bien aimé la construction des logs, la pensée du robot et la manière dont il essaie de comprendre les émotions. C’est léger et amusant comme Asimov et on en redemande.

Un caveau sans vitrail de Laurent B: On se prend dès le début à sympathiser avec la petite fille kidnappée qui garde des ressources impressionnantes et reste calme jusqu’à la fin. J’ajouterais juste que la parade finale ne marche pas trop sur une liseuse en noir et blanc et a un côté un peu invraisemblable malgré tout mais j’étais prise dans l’intrigue. Pauvre chaton!

Maïa et l’homme blanc de Céline Saint-Charle: Cette nouvelle est juste mignonne et agréable, elle donne un peu de douceur et de joie de vivre dans l’ensemble des nouvelles. On se prend à rêver d’un monde comme celui de Maïa et cela fait du bien. C’est simple et beau.

L’étrangère qui vit chez moi de Khalista Farall: j’ai trouvé cette nouvelle un cran en-dessous des autres. Même si l’ambiance est assez noire et retranscrit bien l’idée, j’aurais préféré plus de mise en situation.

Maman est une espionne de Nicolas Chevolleau: j’ai un sentiment ambigü par rapport à cette nouvelle, elle est amusante et donne un point de vue de petite fille qui n’a pas compris grand chose à la vie des « grands » mais j’avoue que j’aurais préféré avoir tout le mode d’emploi pour mieux comprendre l’ironie de la situation. En tout cas,  joliment trouvé comme idée!

Tout compte fait de Nathalie Bagadey: cette nouvelle rayonne de bonheur et elle est très agréable à lire. Elle donne un éclairage différent sur les contes de fées qu’on avait tous plus ou moins dédaigné à un moment. Ma petite critique serait le ton excessivement joyeux et précipité qui garde un petit côté maladroit sur l’ensemble.

Dans l’impasse du chat de Marie Havard: voici un de mes coups de cœur si ce n’est la meilleure nouvelle de tout le recueil. L’autrice réussit à donner une existence à un chat qui va vivre de grandes aventures. La fin conclut avec brio cette histoire féline incroyable avec le héros félin bien mal récompensé de ses actions.

Le dernier chant de Cindy de Vincent Ferrique: pour être honnête, même si la nouvelle est bien écrite, l’intrigue est beaucoup trop noire et horrible pour que je l’apprécie. Elle m’a mise mal à l’aise et j’ai trouvé le rythme un peu trop mou. J’aurais aussi préféré que le « don » de Cindy soit mieux décrit, elle écoute, parle et ça marche?

Le numismate de Patrice Dumas: La chute est grandiose et le reste est digne d’un grand écrivain, on croirait du Balzac et on y croit jusqu’au bout aux pouvoirs magiques.

La dernière danse de Valéry Bonneau: l’idée est grandiose de faire quelqu’un qui est allergique au toucher et ne peut toucher aucun être humain. Malheureusement, je trouve qu’elle n’a pas été exploitée jusqu’au bout et je suis restée sur ma faim.

Bal du 14 juillet de Zia Odet: cette nouvelle est très noire, très dure et j’avoue qu’elle l’est beaucoup trop pour ma sensibilité, j’étais plutôt choquée mais elle est remarquablement bien écrite.

Donc comme vous voyez, on a une sacrée collection de nouvelles toutes plus géniales les unes que les autres. Si je devais prendre mes trois préférées dans tout ça, je dirais Maïa et l’homme blanc de Céline Saint-Charle, Dans l’impasse du chat de Marie Havard et Le numismate de Patrice Dumas.