Miracle morning de Hal Elrod

Il s’agit d’un livre très connu en développement personnel qui se résume assez bien par : en se réveillant une heure plus tôt par jour, on peut changer drastiquement sa vie.

Le ton est résolument irritant, il passe son temps à expliquer que la majorité des gens font partie des médiocres et que seuls les gens qui vont suivre ses conseils vont réussir à être parmi les 1% les meilleurs. De plus, on sent toute l’individualité de l’homme puisque, même s’il prétend qu’on peut grâce à sa technique aider les autres, il ne donne que des exemples de succès personnels et de gens qui ne pensent qu’à réussir professionnellement et à gagner un maximum d’argent. De plus, pour quelqu’un qui a une famille et qui se lève à 5h du matin tous les jours, il n’est pas écrit s’il inclut sa femme dans le réveil à 5h et si ce n’est pas le cas, comment fait-il pour se réveiller sans réveiller les autres gens de son appartement.

Sur le principe, se réveiller plus tôt pour commencer dès le matin ce qui nous intéresse n’est pas forcément une mauvaise idée mais le style de l’auteur est hautement détestable et cela rend sa méthode dure à prendre au sérieux. Cependant, il ne dit pas autre chose que la plupart des livres de psychologie sur l’importance de la méditation, du sport, de l’écriture journalière et de préférer faire les choses le matin plus tôt au lieu de traîner tard le soir. Il faut juste supporter le ton méprisant de quelqu’un qui se sent supérieur aux autres et explique comment devenir soi-même supérieur aux autres.

Bref, un livre avec des méthodes intéressantes mais une forme détestable.

Biotanistes de Anne-Sophie Devriese

Ce livre traite d’une dystopie dans laquelle les humains vivent après une catastrophe environnementale et une maladie dévastatrice qui a crée un nouvel ordre où les femmes dominent et ont le pouvoir de voyager à travers les époques pendant que les hommes sont les esclaves. On suit la vie d’une jeune femme qui va apprendre à connaître ses pouvoirs et comprendre que le monde est rempli de mensonges et que le clan secret et puissant dans lequel elle vit est pas si innocent qu’elle peut le penser.

L’autrice commence dès le début à décrire un monde absolument passionnant et des personnages assez vite attachants pendant la majeure partie de l’histoire jusqu’au moment où la protagoniste commence à recevoir des révélations et à comprendre ce qui se cache derrière toute cette mascarade. A partir de ce moment, j’ai trouvé le livre très brouillon et j’ai eu beaucoup de mal à tout comprendre. On a des passages mouvementés suivis de passages assez lents avec finalement une alternance pas assez maîtrisée. De plus, j’ai trouvé la violence gratuite envers les personnages masculins assez étonnante. En ce qui concerne le pouvoir de passer à travers les époques, je trouve qu’il n’est pas vraiment très exploité et si le passage par la violence policière de Calais est super bien écrite, on se demande ce que ça vient faire dans ce roman et on a l’impression également d’une certaine violence gratuite. Je n’ai absolument pas tout compris de la fin brutale et qui essaie de tout boucler trop rapidement malgré le roman d’une taille suffisamment importante pour mieux gérer le rythme.

Bref, un début très sympathique mais la suite est moins agréable qu’elle n’aurait pu l’être.

Histoire secrète de la DGSE de Jean Guisnel

Ce livre raconte une histoire de la DGSE, très approfondie dans beaucoup de détails techniques. Certes, le livre fait la part belle aux séries comme Le Bureau des Légendes pour expliquer le lien entre la fiction et la réalité et notamment comment la DGSE s’est servie de cette série pour recruter plus de monde.

Cependant, il ne faut surtout pas commencer ce livre en pensant lire des histoires de grands espions ou pire, des secrets dévoilés dont personne n’aurait jamais entendu parler. En effet, ce livre est extrêmement technique et n’hésite à aller dans des spécificités légales et administratives sur la gestion des services secrets ou leur direction. On a à la fois des séquences très sympathiques qui replacent Le Bureau des Légendes dans son contexte mais également un livre destiné à des initiés du milieu sur des choses qui resteront un peu trop technique pour la majorité des gens. Un point positif de ce livre est également la quantité de documentation qu’il place à la fin ce qui permet de prolonger la lecture d’autres livres dans cet univers particulier.

Bref, loin du sensationnalisme habituel des espions, ce livre plonge complètement dans les aspects administratifs et techniques souvent négligés par ailleurs mais au risque de rendre le livre difficile à appréhender.

A la recherche du livre perdu de Magali Lefebvre

Une bibliothèque magique et des bibliothécaires avec tous des pouvoirs liés à la lecture, voici les ingrédients d’un de mes coups de cœur de cet été. L’autrice nous amène dans la vie de Bérénice, une humaine a priori normale qui va diriger l’enquête pour trouver qui a volé un livre dans la bibliothèque.

Pour des fans de littérature et des gens qui aiment lire en général, ce livre est un trésor dans lequel figure la bibliothèque dont on a tous rêvé, celle qui possède tous les livres de tous les temps du monde entier. Les personnages sont tous drôles et fascinants, entre le dieu qui fait office de chef absent et le collègue spectre expérimenté. La pauvre Bérénice se montre solide, et réussit à gérer tout ce petit monde tout en essayant de comprendre pourquoi elle se retrouve bibliothécaire de cet endroit aussi magique. Le début de romance entre Bérénice et Nils donne une touche de légèreté agréable et globalement, ce livre se dévore agréablement. La fin est parfaitement bien dosée avec une résolution des fils importants de l’intrigue mais tout en donnant envie de se précipiter sur la suite. J’ai lu ce livre d’une traite pendant une soirée et je me suis couchée assez tard à cause de ça.

Bref, une pépite à lire absolument.

Dix jours avant la fin du monde de Manon Fargetton

Plus que dix jours avant la fin du monde et le dernier jour va se dérouler en Bretagne. Si les lignes destructrices sont peu crédibles et que la raison de cette fin du monde en elle-même n’est qu’un prétexte à dérouler l’intrigue, j’ai dévoré ce roman du début jusqu’à la fin. Les personnages sont tous intéressants et bien développés, on a envie jusqu’au bout de savoir ce qui va leur arriver. J’ai moins adhéré à l’histoire de l’écrivain. On a l’impression que l’autrice avait une bonne idée avec ces extraits de roman qui ressemblent à l’histoire personnelle de l’écrivain mais que cette idée n’aboutit finalement pas à grand chose. Et malheureusement, j’ai été déçue par la fin qui n’est pas hyper crédible et détruit un peu les attentes tout au long de l’intrigue.

En bref, un roman percutant qui se lit très vite et qu’on apprécie jusqu’à la toute fin mais les dernières pages sont décevantes.

Passeport diplomatique de Gérard Araud

Ce livre raconte l’expérience d’un haut fonctionnaire sur le métier de diplomate dans les quarante dernières années entre Israël et les États-Unis. N’ayant que peu de connaissances sur ce sujet et en politique en général, j’ai trouvé ce livre fascinant.

L’auteur nous montre tout le paradoxe du diplomate qui est de défendre la politique d’un pays quel que soient ses propres convictions et tout cela même lorsque cette politique change du jour au lendemain. On a également des portraits de pas mal de personnalités célèbres comme de Villepin ou Bruno le Maire par exemple. Le livre est plutôt bien écrit et j’ai lu assez rapidement malgré mes lacunes complètes à ce sujet. Le seul bémol que je mets serait plus au sujet de l’auteur lui-même. A travers son écriture et ses différentes réflexions, on a le sentiment que l’auteur ne possède finalement pas tant de convictions politiques et on se demande même si cela sert à quelque chose pour un diplomate et de mon point de vue, cela donne une vision assez sombre de la diplomatie en politique.

Bref, un livre fascinant sur la géopolitique et sur les relations de la France avec d’autres pays dont principalement Israël et les États-Unis.

Le serpent majuscule de Pierre Lemaître

L’histoire est originale, on a pour une fois une vieille dame avec des troubles de mémoire qui est tueuse en série et dont l’activité commence à décliner en raison de ses difficultés à se rappeler quelle cible abattre ou comment les abattre. Je ne connaissais pas l’auteur donc commencer par un livre polar de jeunesse dont il admet lui-même les défauts n’était pas une bonne idée.

On reconnaît sans difficultés la qualité de l’écriture et la manière dont l’auteur caractérise à merveille ses personnages pour les rendre aussi attachants que possible malgré leur profession pour certains. Cependant, je n’ai pas du tout apprécié ni adhéré à son humour noir. J’ai trouvé le livre pénible à lire et comme j’ai généralement beaucoup de mal avec les protagonistes du côté du mal, l’enchaînement des scènes avec les péripéties m’a vraiment dégoûtée. Je ne peux pas en dire plus pour éviter de spoiler mais il faut accepter de se placer dans le point de vue du méchant tueur en série pour arriver à apprécier le livre.

En bref, malgré la qualité du livre, il n’est pas pour moi.

Et ces êtres sans pénis ! de Chahdortt Djavann

L’autrice choisit un titre choc pour exprimer sa frustration sur l’inégalité homme/femme en Iran et centre son récit sur différentes histoires de femmes qui ont vécu l’injustice en Iran. Avec son regard en tant que personne vivant en France depuis des dizaines d’années mais avec un attachement fort à son pays d’origine, elle raconte également ses propres histoires.

L’autrice a un style efficace, elle réussit à embarquer le lecteur assez facilement dans son univers et loin d’aligner des phrases chocs, elle raconte une véritable trame de toutes ses femmes qui tentent de vivre à leur manière dans un régime trop souvent oppressif pour elles. De plus, l’autrice arrive à créer une véritable cohérence thématique de tous ces fragments de vie.

Bref, un récit souvent difficile à lire par la cruauté de ce qui est évoqué mais avec un style entraînant.

Comment cuire un ours de Mikael Niemi

Il s’agit d’un roman policier qui suit l’histoire d’un pasteur et de son servant lapon à la recherche des meurtriers de jeunes filles. Ce livre est très clairement dépaysant, il décrit en détail l’ambiance d’un petit village suédois avec la manière dont le christianisme s’implante dans les régions.

Personnellement, j’ai trouvé le rythme du livre très lent, l’auteur préfère s’étendre sur les différents personnages et expliquer comment vivent ces personnages et l’intrigue apparaît des fois comme secondaire. Je n’ai malheureusement pas adhéré au livre à cause du récit très chrétien dû au personnage principal (le pasteur) et cela m’a détourné globalement de l’intrigue. De plus, j’ai trouvé le livre souvent d’une violence gratuite presque insupportable.

Bref, un roman avec une ambiance unique mais qui ne m’a pas touchée particulièrement.

Eclosia de Nathalie Bagadey

Ce livre est une merveille à lire et un de mes coups de coeur de cette année. Après avoir dévoré des livres avec des sujets assez durs, je voulais me reposer et apprécier un livre joyeux et qui permet de me dépayser hors des sujets de société. J’ai fait le bon choix puisque ce roman m’a permis de voyager en Ecosse en compagnie de Clorinde et de découvrir ou d’approfondir de nombreuses légendes.

Si l’histoire n’est finalement qu’un prétexte à la découverte de jolis paysages, j’ai adoré la fin pleine d’espoirs et de poésie que nous propose Nathalie Bagadey. Cette lecture est résolument optimiste, positive et pleine de bonne humeur et je l’ai lu trop vite avec bonheur.

Bref, un intermède de bien-être dans ce monde de brutes qui fait plaisir et donne envie de rester plus longtemps dans l’univers de cette autrice.